‹ Traité des maladies de l'enfanceChapitre 293 sur 342 · LICHEN SCROFULOSORUIVI (tuberculides · texte numérisé non relu

LICHEN SCROFULOSORUIVI (tuberculides

Le lichen des scrofuleux (Hebra) est constitué par une éruption papuleuse chronique qui s'observe surtout chez les tuberculeux latents.

Étiologie. — Cette maladie se rencontre dans la seconde enfance et coïncide souvent avec les adénopathies, les ostéites, les abcès froids, les lupus tuber culeux. Dans quelques cas, les papules de lichen se groupent autour de la cicatrice d'un ancien foyer bacillaire (gomme ou ostéite).

On a vu l'éruption de lichen scrofulosorum succéder à la rougeole ; du Castel, Haushalter, Comby, Gaucher et Druelle en ont fourni des exemples (lichen des scrofuleux, tuberculides, Arch. de Méd. des Enfanls., 1904, page 193). L. Brocq {ArcJi. de Méd. des Enfants, nov. 1917) a vu une éruption de tuberculides, type lichen scrofulosorum, se montrer sur l'avant-bras d'une fJle de 13 ans 1 /2 à la suite d'une intra-dermo-réaction à la tuberculine.

D'après ces travaux, il semble démontré que l'ancien lichen scrojulnsoriim de Hebra, tuberculides cutanées de Darier, soit une tuberculose miliaire de la peau ou un lupus miliaire aigu (Dubreuilh).

Les enfants atteints sont tuberculeux depuis un temps plus ou moins long ; sous l'influence de la rougeole, de la coqueluche ou de toute autre maladie déprimante, les bacilles de Koch enfermés dans quelque foyer caséeux (ganglions bronchiques) envahissent la circulation et vont coloniser à la surface de la peau. En elle-même, cette lésion cutanée n'est rien ; mais elle a une signification grave, elle dénonce objectivement une tuberculose profonde et latente.

Symptômes. — La papule est petite (tôte d'épingle, grain de chénevis, lentille), rouge pâle ou vif, plane ou conique, surmontée d'une squame, d'un cône corné ou d'une croûte. Elle siège à l'orifice d'un folhcule et se trouve centrée par un poil plus ou moins apparent. L'éruption est disséminée ou groupée en plaques, en cercles de quelques centimètres de diamètre. Elle prédomine sur le tronc et respecte habituellement la face. Démangeaisons rares. Elle peut être aiguë ou se compléter en quelques semaines, pour persister des mois et des années, et disparaître ensuite. Quelquefois il subsiste de petites cicatrices pigmentées. Récidives fréquentes, surtout si l'hygiène est mauvaise.

Diagnostic. — La kératose pilaire se montre aux membres du côté de l'extension, sans groupement, ni pustulation, avec poils enroulés dans les squames. La syphilide miliaire évolue plus rapidement et coïncide avec d'autrer manifestations ; elle ne se voit d'ailleurs que chez les adultes.

Anatomie pathologique. — La papule de lichen siège autour du follicule : elle a la structure des nodules tuberculeux (Darier, Hallopeau) : cellules géantes près de l'orifice folliculaire, superficielles, sous-épidermiques, entourées de cellules épithélioïdes et de cellules lymphoïdes. L'épiderme infiltré forme un bouchon corné qui remplit l'orifice dilaté du follicule. En général, on ne trouve pas de bacilles, et l'inoculation aux cobayes est négative. Ce-

pendant Haushalter (1896) aurait réussi dans un cas à tuberculiser un cobaye (Voy. les notes de Haushalter, Du Castel, à la Soc. de Dermatologie, IS9S, et la Thèse de Lefebvre, Nancy, 1898). Kaposi en fait une éruption cachectique. Jacobi y voit une tuberculose cutanée. Hallopeau pense que l'éruption est causée par les toxines tuberculeuses produites dans les ganglions tuberculeux ou les gommes. La clinique montre bien des relations étroites avec la tuberculose, mais l'histologie et la pathologie expérimentale ne permettent pas toujours d'affirmer d'une façon absolue la nature tuberculeuse du lichen scrofwosorum.

Traitement. — Localement, on essaiera de modifier l'éruption avec une pommade au turbith ou à l'ichtyol (1 p. 10). Le traitement généraLne sera pas négligé : huile de foie de morue, sirop iodotannique, séjour à la campagne, bains salés, bains de mer, bonne nourriture.

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