KYSTES CONGÉNITAUX
à la langue, au thorax, à l'abdomen, à l'ovaire, à la région sacro-périnéale. Leur volume est très variable ; les plus petits sont uniloculaires ; les gros, multiloculaires. Leur contenu plâtreux, caséeux, est mêlé de cheveux, de dents, de fragments osseux. La paroi offre la structure de la peau : derme, cellules pavimenteu?es stratifiées ; tous les tissus peuvent être représentés (nerveux, osseux, lymphatique, cartilagineux, musculaire, adipeux). Ces kystes sont toujours d'origine congénitale. Ils s'expliquent par la théorie de Venclavement d'une portion du tégument de l'embryon (Lannelongue). Il n'y a pas d'autre traitement que l'extirpation. Outre les kystes, il existe des tumeurs dermoïdes non kystiques (dermoïdes oculaires^ buccaux).
Kystes mucoïdes. — Ici, on trouve la structure d'une muqueuse et non de la peau, comme précédemment ; mais les kystes mucoïdes sont construits sur le môme type que les kystes dermoïdes. Il y a d'ailleurs des tumeurs mixtes, des kystes branchiaux à parois moitié dermoïde et moitié mucoïde. La pathogénie est la même que pour les kystes dermoïdes, la localisation seule diffère.
Kystes séreux. — Le contenu des loges est une sérosité plus ou moins pure ; on distingue de« kystes séreux simples ou uniloculaires, et des kystes composés ou multiloculaires. C^^s kystes sont congénitaux ; on les a rencontrés même chez des fœtus de quatre et cinq mois. Ils peuvent être associés à d'autres tumeurs, aux angiomes. Leur siège habituel est le cou, et on les appelle souvent ki/sle< branchiaux. Leur volume est parfois énorme ; ils descendent jusqu'au ventre, envoient des prolongements sous les muscles, dans le thorax, adhèrent aux vaisseaux, aux nerfs. Recouverts par une trame conjonctive lâche et discontinue, ils forment une masse divisée en lobes par des brides aponévrotiques, des muscle? ou des tendons. La coupe donne l'aspect d'une éponge ; le contenu est citrin clair, parfois roussâtre, teinté de sang ou de pus. Les cavités sont tapissées par un endothélium analogue à celui des séreuses et des veines. Les parois sont formées de tissu conjonctif. D'où viennent ces kystes ? Cruveilhier, P. Broca ont pensé à l'origine vasculaire ; l'origine lymphatique est vraisemblable.
Cliniquement, les kystes séreux se présentent comme des masses molles, fluctuantes, indolores, non réductibles, faciles à distinguer des angiomes, des méningocèles, des grenouillettes, des kystes dermoïdes. Mais ils offrent de grandes analogies avec les hpomes, qui eux aussi peuvent être congénitaux. Ils n'ont aucune tendance à disparaître, et il faut les opérer, car leur volume, leurs prolongements peuvent gêner les fonctions, entraîner l'asphyxie. La ponction est insuffisante, le liquide se reproduit : les injections de teinture d'iode, le séton, l'incision sont dangereux. L'extirpation est seule rationnelle, mais elle n'est pas toujours possible. Dans deux cas, Lannelongue a essayé l'électrolyse, avec amélioration une fois, aggravation la seconde fois.
Kystes divers. — Il y a de nombreux kystes qui ne sauraient rentrer dans les catégories précédentes ; ce sont les kystes dérivés du péritoine, du mésentère, les méningocèles enkystées, les kystes de l'appareil visuel, de la cavité buccale, du larynx, du corps thyroïde, du pourtour de l'œsophage, de l'appa-
reil urinaire, des organes génitaux. Le classement et l'étude complète de toutes ces tumeurs sont encore à faire.