ÉLEPHANTIASIS CONGÉNITAL
L'éléphantiasis des Arabes, opposé à l'éléphantiasis des Grecs, qui n'est autre que la lèpre, a été décrit par Fuchs sous le nom de pachijdermie. Il est caractérisé par une augmentation de volume considérable de la peau et du tissu sous-cutané, affectant un membre, un segment du corps, et figurant avec plus ou moins de fidélité un pied d'éléphant, d'où le terme d'élêphaniiosis,
11 est en rapport généralement avec des troubles de la circulation sanguine ou lymphatique. L'éléphantiasis congénital, en particulier, est le plus souvent un véritable lymphangiome.
Étiologie. — On l'observe chez les enfants de tout âge et parfois de? la naissance (Moncorvo), dans tous les pays et toutes les races, mais plus fréquemment dans les régions tropicales. D'après une statistique de 62 cas empruntés à Moncorvo, les blancs figurent pour 50 cas, les métis pour 11, les noirs pour 1. Sur 30 cas observés à Rio, il y avait 32 Brésiliens et 4 étrangers. Le sexe est indifférent. Moncorvo a vu un cas à quinze jours, 4 cas entre quatre mois et deux ans, 27 cas entre deux et quinze ans, sans compter
12 cas nettement congénitaux. On a souvent, dans les contrées chaudes, incriminé la fil.aire ; mais ordinairement c'est un microbe banal, le streptocoque, qui a été isolé. Plusieurs fois l'hérédité a été relevée. L'éléphantiasis n'est d'ailleurs pas une entité morbide, et il faut reconnaître l'existence do nombreux étais éléphant iasiqiies relevant de facteurs différents- (E. Besnier, Follet, Ttièse de Paris, 1895). Il s'agit en somme d'une fibrose hypertrophique de la peau et des tissus sous-jacents, consécutive à tout œdème prolongé, lymphatique ou veineux, plus souvent lymphatique.
Anatomie pathologique. — ■ On a noté la dilatation des vaisseaux, l'hypertrophie adipeuse, la présence de tractus fibreux, de cavités angiomateuses, d'ectasies lymphatiques (lymphangite chronique hypertrophiante). Dans un cas de Kirmisson rapporté par Bize et Grisel {Beu.d^Orftiop.A^'^ sept 1904). il y avait une hypertrophie énorme du pied gauche qui fut amputé. La dissection montre que les parties constituantes du pied sont normales ; les lésions sont limitées à la peau (oedème hypertrophique du tissu sous-cutané par étranglement mécanique : sillon jambierV Au microscope, oedème par stase, parois vasculaires épaisses, veines dilatées, calibre des lymphatiques augmenté.
Symptômes. — On voit sur un membre, sur une partie du tronc, quelquefois à la face, une tuméfaction irrégulière, bosselée, gélatiniforme, dure ici, fluctuante là, semée souvent à sa surface de nœvi vasculaires, fisses ou pileux. Un gonflement considérable, parfois colossal, s'empare d'un membre, le déforme, le rend méconnaissable. L'hypertrophie augmente peu à peu, sans marquer aucune tendance à la régression. Il n'y a ni douleur, ni chaleur, ni