CONGESTION PULMONAIRE
il faut citer le rhumatisme, la fièvre typhoïde et les autres maladies infectieuses.
D'après Cadet de Gassicourt, la congestion primitive apparaît surtout dans la seconde enfance ; il ne l'a pas observée au-dessous de quatre ans. C'est au printemps, au mois de mai, qu'elle se rencontre. Henoch n'admet pas cette forme, qui ne repose sur aucune autopsie ; pour lui, c'est de la pneumonie aborlive. Cette opinion est confirmée par les examens bactériologiques ; le pneumocoque existe dans la plupart des cas [G. Carrière, Bactériologie des congestions pulmonaires idiopathiques [Presse Médicale, 26 janvier 1898)].
Symptômes. — Le début est brutal ": vomissements, frissons, point de côté, convulsions, céphalalgie, déhre, dyspnée, battement des ailes du nez, ascension rapide du thermomètre (40o, 41 o). Toub»annonce la pneumonie. Mais ces symptômes bruyants, inquiétants, sont éphémères. Au bout d'un, deux, trois jours au plus, tout a disparu. Comme signes physiques, on note la submatité, le souffle doux, les râles fins. Il y a de la toux et parfois des crachats gommeux. Si la congestion est centrale, il n'y a pas de souffle, mais seulement de la rudesse respiratoire.
On peut constater deux ou trois poussées séparées par un intervalle apyrétique, mais toujours l'hyperthermie est peu durable et la défervescence brusque. La durée totale des cas les plus prolongés n'excède pas quatre ou cinq jours ; elle atteint exceptionnellement huit jours.
Le siège de prédilection de la congestion, pour Duflocq, serait le hile du poumon. Dans un tiers des cas. Cadet de Gassicourt signale la présence de l'herpès labial. Le pronostic est bénin dans tous les cas de congestion primitive, et cette sorte de fluxion de poitrine légère guérit toujours. Au contraire, dans les cas secondaires, la congestion est plus grave et peut contribuer à la terminaison fatale. La spléno-pneumonie de Grancher diffère, pour la marche et pour la durée, des formes précédentes ; elle partage les allures de la pleurésie.
Diagnostic. — Le diagnostic de la congestion pulmonaire primitive est très difficile, car aucun des signes qu'elle donne n'est pathognomonique. La marche seule et la courte durée de la maladie sont caractéristiques. Cependant, même dans les cas les moins douteux, se pose la question de la pneumonie abortive, d'autant plus que le pneumocoque a été rencontré dans cette forme par Picot et D'Espine. Dans la spléno-pneumonie, l'erreur est fréquente ; on croit à la pleurésie, et on fait une ponction qui reste blanche. Quelquefois il y a une expectoration gommeuse qui fait pencher la balance. Dans les bronchites, les broncho-pneumonies, les pneumonies, les pleurésies, la congestion se traduit par des symptômes qui ont été exposés dans l'étude de ces maladies.
Traitement. — Le traitement de la congestion pulmonaire simple pourrait se borner à l'expectative. On réservera le vésicatoire pour les cas plus durables ; on aura recours au cataplasme sinapisé ; on appliquera les ventouses sèches sur toute la poitrine et scarifiées sur le point douloureux. Si l'asphyxie prédomine, on aura recours à l'ipéca, aux inhalations d'oxygène.