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ŒDÈME DU POUMON

tives, la diphtérie, la malaria, la tuberculose, les cachexies, le mal de Bright sont aussi des causes efficientes. La néphrite diffuse avec anasarque (scarlatine) est la cause habituelle de l'oedème diffus et suraigu. L'œdème pulmonaire appartient surtout à la seconde enfance ; sur 77 cas (RiUiet et Barthez), il y en a 26 au-dessous de six ans, 51 au-dessus, dont 30 entre six et dix ans.

Ânatomie pathologique. — L'œdème accompagne la congestion, l'atélectasie, l'hépatisation ; le poumon est lourd, gros, conservant l'empreinte des côtes, des doigts qui le pressent. Il ne crépite pas, mais surnage. A la coupe, liquide abondant, clair, teinté de rouge, spumeux. La teinte est plus ou moins foncée suivant le degré de l'œdème.

Symptômes. — Les symptômes n'ont rien de caractéristique, ce sont les mêmes que dans la congestion. Si l'œdème pulmonaire n'est pas isolé, s'il n'est qu'une localisation de l'anasarque, il se traduira par une matité plus ou moins appréciable, par des râles humides, mais son importance s'efîacera devant celle des autres localisations. Dans la néphrite aiguë, au contraire, (scarlatine), les accidents sont foudroyants, l'enfant est pris d'étoufïements subits et succombe en quelques minutes. A l'autopsie, les deux poumons sont gorgés de sérosité (garçon de huit ans observé par Rilliet et Barthez).

Il faut distinguer deux formes cliniques : la première, suraiguë et diffuse, entraînant rapidement la mort par suffocation ; la seconde, subaiguë ou lente, accompagnant d'autres états morbides et n'ayant qu'un rôle efîacé, la mort étant causée par les maladies antécédentes plus que par l'œdème pulmonaire. Les signes de l'œdème pulmonaire n'ayant rien de caractéristique, il faudra tenir grand compte des circonstances au milieu desquelles seront survenues la toux, la dyspnée, la suffocation. C'est ainsi que, si l'enfant relevait d'une scarlatine, s'il avait de l'albuminurie, une néphrite, on devrait tout de suite penser à l'œdème pulmonaire.

Une fille de neuf ans, soignée depuis plus de six mois dans mon service (1897-1898) pour une tuberculose pulmonaire torpide, sans fièvre, sans dyspnée, sans aucun trouble de la santé générale, est prise tout à coup de suffocation, avec râles sous-crépitants aux deux bases, sibilances en haut. On examine ses urines ; elles contiennent beaucoup d'albumine ; de plus la face est bouffie, les jambes sont œdématiées. L'œdème pulmonaire d'origine rénale était évident. Après une semaine de régime lacté avec révulsion sèche, purgatifs, tout avait disparu, l'œdème pulmonaire comme l'albuminurie. C'est ainsi que se présentera en clinique l'œdème pulmonaire et qu'il faudra le traiter.

Traitement. — Parfois la saignée, les ventouses scarifiées rendront des services. On appliquera des ventouses sèches en grand nombre, des cataplasmes sinapisés ; on donnera un lavement purgatif, on fera inhaler de l'oxygène. Enfin on cherchera à atteindre la cause de l'œdème.

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