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APOPLEXIE PULMONAIRE

L'apoplexie pulmonaire est constituée par la rupture des vaisseaux, qui a pour effet l'infiltration sanguine du poumon ou la formation de foyers sanguins dans son parenchyme.

Étiologie. — Toutes les maladies du cœur, congénitales ou acquises, les maladies aiguës du poumon, les fièvres éruptives hémorragiques, le purpura, le croup, le mal de Bright, l'athrepsie, peuvent se compliquer d'apoplexie pulmonaire. Parmi les lésions orificielles qui y exposent le plus, il faut citer le rétrécissement mitral, congénital ou acquis.

Ânatomie pathologique. — Les lésions ne sont pas diffuses comme dans la congestion ou l'œdème ; elles sont circonscrites (ecchymoses, infarctus). Çà et là on voit des taches foncées, noires, avec friabilité plus grande du poumon à leur niveau. Il y a plusieurs degrés : 1° le sang est répandu dans les alvéoles et les bronchioles ; 2° il y a dilacération du tissu avec infiltration sanguine ; 30 le sang est collecté, et son enlèvement laisse une caverne. Les infarctus, noirs au début, se décolorent ensuite graduellement comme les ecchymoses ; ils sont peu nombreux et occupent le bord postérieur, la base des poumons, plus souvent à la surface que dans la profondeur. Ils sont limités à un poumon ou étendus aux deux ; le plus souvent on n'en trouve que deux ou trois seulement ; dans quelques cas, on peut en compter vingt ou trente. Leur siège superficiel rend compte de la possibilité d'un hémothorax, d'une perforation de la plèvre. L'infarctus peut résulter d'une thrombose ou d'une embolie. L'embolie peut être simple ou septique, microbienne. Chez une fillette de deux mois, atteinte de gastro-entérite, j'ai trouvé à l'autopsie des noyaux d'apoplexie pulmonaire à la base droite et une hémorragie de la capsule surrénale du même côté ; ces hémorragies viscérales sont fréquentes chez les athrepsiques.

Symptômes. — Les symptômes sont vagues, souvent confondus avec ceux des maladies qui ont précédé l'apoplexie. On soupçonnera cette dernière quand l'enfant aura tout à coup de la dyspnée, une toux pénible, une expectoration sanglante. Après cette phase de courte durée, des symptômes inflammatoires provoqués par l'injarctus se montrent (souffle, crépitation, point de côté). On a bientôt sous les yeux le tableau d'une pneumonie, d'une broncho-pneumonie, d'une pleurésie, d'une gangrène pulmonaire. Quelquefois il y a une hémoptysie abondante. Mais souvent l'apoplexie n'est reconnue qu'à l'autopsie.

Une fille de quatorze ans, très forte, meurt presque subitement après avoir rendu quelques crachats sanglants. A l'autopsie, poumons noirs, plèvres remplies de sang. Une autre fillette est prise d'hémoptysie, au miheu d'une anasarque scarlatineuse ; à l'autopsie, apoplexie pulmonaire considérable (RiUiet et Barthez). Le pronostic est donc grave. Le diagnostic ne sera pos-, sible que dans les cas où les enfants, déjà grands, auront rendu des crachats hémoptoïques.

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