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EMPHYSÈME PULMONAIRE

les quintes de toux répétées, voilà les causes prochaines de la dilatation des vésicules pulmonaires et quelquefois de leur rupture. Toutes ces causes mécaniques jouent un rôle dans les affections des voies respiratoires : le croup, la coqueluche, la tuberculose, la pleurésie, la bronchopneumonie, la laryngite striduleuse. Ce qu'on observe, en pareil cas, c'est Vemphysème aigu. Quant à l'emphysème chronique, il est souvent associé à l'asthme, dont l'existence n'est pas rare chez l'enfant. Quelquefois l'emphysème lobulaire ou interlobulaire peut résulter de l'insufflation chez les nouveau-nés, et l'on a vu des enfants, qu'on avait ainsi ranimés, présenter non seulement l'emphysème pulmonaire, mais encore l'emphysème sous-cutané. La déformation rachitique du thorax prédispose à l'emphysème. Le mécanisme de l'emphysème pulmonaire chez les enfants est simple ; la lésion est traumatique ; elle résulte d'une pression subite et forte qui porte sur les alvéoles (efforts de toux, insufflation, obstacle au niveau de la glotte).

L'emphysème peut être vicariant, dans la broncho-pneumonie par exemple ; une partie du poumon, étant atélectasiée et affaissée, laisse un vide qui se trouve comblé par les lobes restés sains et perméables. Mais ce n'est pas le mécanisme ordinaire, l'emphysème résultant presque toujours des efforts respiratoires et de l'asphyxie.

Ânatomie pathologique. — Le poumon emphysémateux présente une augmentation de volume et une diminution de rétractilité ; il ne s'affaisse pas à l'ouverture du thorax. La distension des alvéoles porte principalement sur les sommets et les bords antérieurs. La consistance est molle (oreiller de duvet), la couleur moins rouge ; le tissu est anémié, décoloré ; les alvéoles, nettement agrandis, apparaissent comme des têtes d'épingle et de petits grains de chènevis. L'emphysème alvéolaire peut être Hmité à un lobe, à un segment de lobe, ou s'étendre au poumon entier.

S'il y a emphysème interlobulaire, on voit, à la surface du poumon, des traînées saillantes et claires, des globes, des vessies pleines d'air, qu'on peut vider par une piqûre. Ces dilatations résultent du passage de l'air à travers les alvéoles rompus et du soulèvement de la plèvre viscérale. Cette séreuse peut se rompre à son tour, et le pneumothorax succède à l'emphysème. Moins rarement l'air s'infiltre dans le médiastin, chemine jusqu'au cou et envahit la face, le tronc, les membres.

Symptômes. — Il est bien difficile de saisir, chez l'enfant, les signes d'un emphysème pulmonaire aigu, d'ordinaire localisé ou disséminé. On ne peut compter ni sur l'exagération de la sonorité thoracique, ni sur la diminution du bruit respiratoire, ni sur les sifflements de l'expiration prolongée. La symptomatologie de l'emphysème se perd dans celle de la broncho-pneumonie primitive. Ce n'est que dans les cas rares d'emphysème chronique qu'on retrouvera les signes habituels : voussures pectorales, sonorité exagérée, sibilances, expiration prolongée, dyspnée. Des accès asthmatiques s'observent de temps à autre chez les enfants de cette catégorie, et une bronchite sibilante persiste dans l'intervalle des accès. J'ai vu, deux fois, chez de jeunes enfants au thorax flexible, l'emphysème pulmonaire aigu, ayant succédé à

une hroBchite asthmatiforme et à une coqueluche, déterminer une déformation du thorax en carène et une déviation du cœur à droite.

L'évolution de l'emphysème pulmonaire aigu est Hée à la maladie principale, que cette complication ne trouble généralement pas. Le pronostic ne .s'aggrave que s'il y a rupture des alvéoles, emphysème sous-cutané ou pneumothorax. On peut admettre que l'emphysème secondaire infantile guérit définitivement ; cependant l'on doit craindre le passage à la chronicité, surtout chez les bossus et les rachitiques, et l'on est conduit à se demander si quelques emphysèmes d'adulte n'ont pas leur source dans l'enfance. Gran- •cher a vu un garçon de seize ans resté emphysémateux depuis l'âge de quatre ans, après une coqueluche grave qui dura dix-huit mois. Cet enfant était sujet il des accès de suffocation nocturnes, rappelant l'asthme, et à la bronchite.

Traitement. — Contre la dyspnée, on prescrira les ventouses sèches, les inhalations d'oxygène, l'air comprimé. L'arsenic (1 à 2 milligrammes), l'iodure de potassium (1/4, 1/2 gramme), seront réservés aux cas chroniques, qu'on traitera aussi par les eaux du Mont-Dore. Fumigations de datura, de papier nitré.

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