URÉTRITE DES JEUNES GARÇONS
On peut observer, chez les petits garçons de tout âge, chez les nouveau-nés comme chez les enfants plus âgés, une inflammation de l'urètre avec écoulement de pus jaune verdâtre, semblable à la blennorragie de l'adulte. D'après Genevoix {Thèse de Paris, 30 juin 1904), il existerait deux variétés d'urétrites : 1° goriococciques ; 2° non gonococciques : tuberculeuses, trauma-
/tiques, diathésiques. D'après l'étude de 42 observations, les urétrites gonorocciques peuvent résulter : 1° de rapports ou tentatives de rapports sexuels ; 20 d'attentats à la pudeur ; 3^ de contacts indirects par les objets souillés ; 4^ de contagion familiale.
Englisch, cité par Marcel Sée (Thèse de Paris, 1S96), a rencontré cette iirétrite chez des nourrissons de quinze, trent«-quatre, quarante-quatre, soixante, cent vingt et un jours. Sur 109 cas de Békay, on trouve 27 enfants d'un an, 38 de un à trois ans, 32 de trois à sept ans, 14 de sept à quatorze ans. D'où vieiit cette inflammation, qui, dans l'immense majorité des cas, n'a rien de vénérien? On a incriminé tour à tour l'onanisme, le frottement des vêtements, les corps étrangers, le cathétérisme, les calculs urinaires, les maladies rénales et vésicales (Bokay). Rôna, faisant la critique de ces faits [Arch. fur Derm. iwd Syph., 1893), ne croit pas à l'influence des causes banales, pas plus qu'aux irritations parasitaires (oxyures, insectes), qu'au prurit, qu'au phimosis. Gséri (Assoc. des méd. de Budapest, 1885) trouva des gonocoques chez deux garçons de quatre et cinq ans ; la sœur de ce dernier était atteinte de vulvo-vaginite à gonocoques. Rôna a vu 14 cas (1 chez un enfant de quinze mois avec épididymite double, les autres à vingt et un mois, à deux ans, trois ans, et jusqu'à treize ans et demi). Deux étaient frères et avaient leurs sœurs atteintes de vulvo-vaginite gonococcique. Tous avaient des gonocoques. La contagion se fait par les bains, objets de toilette, linges, vases, contact médiat ou inamédiat.
Chez un petit garçon que j'ai soigné récemment, l'urétrite gonococcique provenait d'une grande sœur atteinte de vulvo-vaginite, qui couchait avec lui. Chez un autre, âgé de cinq ans (avril 1914), l'urétrite gonococciquedérivait d'une contagion accidentelle (fillette atteinte de vulvo-vaginite dans le lit voisin). Les D^' Archibald Smith etC S. Mac Lee [TheBrii. Med. Journal, 26 avril 1913) ont vu un petit garçon de dix-sept mois atteint d'urétrite gonococcique. Dansquelques cas (Isaac-A. Abt, Annalsof Gynecology andPediairy, •déc. 1898), il n'y a pas de gonocoques, et l'urétrite guérit rapidement.
Dans les urétrites gonococciques, le pronostic est plus sérieux, et il faut intervenir activement pour éviter les complications (orchite, rhumatisme blennorragique, rétrécissement de l'urètre, cystite, balanite, lymphangites de la verge). On fera des irrigations urétrales avec la solution de permanganate de potasse à 1 p. 5.000 qu'on renforcera parla suite (1 p. 2.000, 1 p.l .000); Abt a aussi employé l'ichtyol à 1 p. 100.
Dans le dernier cas que j'ai eu à traiter, les injections de vaccin antigonococcique de Nicolle ont amené rapidement la guérison.
Tumeurs delapbostate. — Les néoplasmes de la prostate sont rares chez les enfants; cependant il en existe des cas intéressants dans la littérature médicale. David M.Greig (The Brii.Jour.of C hildren' s Diseases, mai 1908) a rapporté un cas de rhahdo-myo-sar corne de la prostate chez un enfant de quatre ans : pollakiurie, dysurie, incontinence d'urine, tumeur hypogastrique, tumeur sentie par le toucher rectal. Cystotomie sus-pubienne, extraction d'une tumeur grosse comme une orange. Mort 10 jours après. Thomson,