TUBERCULOSE PLEURALE
Indépendamment de la pleurésie séreuse ou purulente, si souvent d'origine tuberculeuse, on doit étudier les tubercules de la cavité pleurale que Laënnec avait le premier signalés et qui, dans quelques cas, forment des agglomérarats caséeux énormes déprimant le poumon, usant les côtes, perforant les espaces intercostaux. Les tubercules peuvent se déposer en dehors ou en dedans de la plèvre. En dedans, on trouve les granulations grises semées à la surface de la séreuse, petites, arrondies, miliaires, les granulations jaunes plus grandes, entourées d'exsudat fibrineux, parfois confluentes et unies par une membrane fibrino-purulente stratifiée, vasculaire. La plèvre, au-dessous de ces lésions, est louche, épaissie, injectée, ramollie, bourgeonnante ; les deux feuillets s'accolent, s'unissent par des adhérences. L'union de multiples tubercules jaunes forme de larges plaques tuberculeuses, prenant l'empreinte des côtes. En dehors de la plèvre costale, dans le tissu sous-séreux, peuvent se rencontrer des tubercules à tous les degrés d'évolution, pouvant soulever la plèvre, la perforer, communiquer avec le poumon. Rilliet et Barthez ont décrit des cavernes extra-pleurales, sans communication avec les bronches, sans lésions des poumons. En résumé, disent Barthez et Sanné, la tuberculose peut s'attaquer à la face interne et à la face externe de la plèvre : il en résulte les formes an atomiques suivantes :
1° Dans la grande cavité de la séreuse, les tubercules peuvent former de larges plaques qui compriment le poumon ; 2° En dehors de la séreuse, ils donnent naissance soit à des plaques tuberculeuses, soit à des excavations plus ou moins considérables ; 3^ Les tubercules intra-pleuraux se ramollissent très rarement ; nous ne les avons jamais vus perforer la plèvre ; au contraire, les tubercules extra-pleuraux peuvent non seulement se ramollir, mais encore perforer la membrane séreuse ; 4^ Ces foyers peuvent communiquer largement avec les bronches, après avoir traversé le poumon ; 5^ Lorsque ces mêmes foyers sont en contact avec une infiltration tuberculeuse siégeant à la surface du poumon, il en résulte d'abord une masse tuberculeuse pleuropulmonaire, puis une caverne qui s'est creusée à la fois du côté du poumon et à l'extérieur de la plèvre costale ; 6° Si les tubercules pulmonaires sont euxmêmes réunis aux tubercules des ganglions bronchiques, le tout forme une . masse tuberculeuse étendue au travers du poumon, depuis les ganghons bronchiques jusqu'à la face externe de la plèvre costale ; 7^ Les différentes espèces de tubercules sont, par ordre de fréquence : à la face interne de la plèvre, les granulations jaunes et les granulations grises ; à sa face externe, les nodules tuberculeux. Les tubercules ramollis sont rares ; quand on les rencontre, c'est dans la plèvre costale ; 8° Les tubercules occupent ordinairement les deux plèvres ; quand on n'en rencontre que dans une seule, ils soiït plus fréquents à droite qu'à gauche ; 9° Les tubercuHsations considérables de la plèvre sont presque toujours unilatérales ; 10° La tuberculose in tra-pleu-