HYDROTHORAX
L'hydrothorax est l'hydropisie de la plèvre ; il se distingue de la pleurésie par l'absence d'inflammation, d'infection.
Étiologie. — L'hydrothorax n'est jamais primitif ; c'est une lésion secondaire qui se rencontre dans le mal de Bright avec anasarque généralisée, l'asystolie, la scarlatine, les tumeurs dû médiastin (adénopathies), peut-être aussi la tuberculose aiguë. Il s'observe à tout âge, mais surtout dans la seconde enfance.
Anatomie pathologique. — Le liquide est clair et séreux, sans flocons fibrino-albumineux ; il est peu abondant et atteint 1 litre au maximum ; il siège à la fois dans les deux côtés ; l'hydrothorax unilatéral est exceptionnel. La plèvre ne présente à sa surface aucune lésion, elle est lisse, comme lavée. S'il n'existait pas d'adhérences préalables, la sérosité s'amasse dans les parties déclives ; dans le cas contraire, elle peut occuper des loges et former une sorte de gelée tremblotante.
Symptômes. — L'hydrothorax est ordinairement latent ; il faut le chercher systématiquement pour le découvrir ; en effet, pas de point de côté, ni fièvre, ni toux, ni oppression. Il n'y a que les signes physiques d'un épanchement : matité à la base, silence respiratoire ou souffle voilé, pectoriloquie aphone, absence des vibrations vocales. Quelquefois le début est marqué par de la flèvre, de la toux, de la dyspnée ; un épanchement s'est formé rapidement, et on entend du souffle, de l'égophonie. Pour faire le diagnostic, il faut consulter les autres symptômes, l'anasarque, les signes de lésions cardiaques ou rénales. Quel que soit le début de l'hydrothorax, les symptômes d'acuité ne se maintiennent pas, et l'épanchement, après avoir duré huit à dix jours, se résorbe entièrement. Dans les maladies chroniques et cachectisantes, l'hydrothorax est plus durable, et alors il est torpide, insidieux, latent.
Par lui-même, l'hydrothorax n'est pas très grave, il cause peu de dyspnée ; quand il en cause, il procède avec moins de brutalité que l'œdème pulmonaire. Dans quelques cas cependant (mal de Bright, scarlatine), il peut être assez abondant et assez soudain pour entraîner une dyspnée inquiétante.
Diagnostic. — Les signes physiques montreront qu'il existe un épanchement liquide dans les plèvres ; l'étude des symptômes concomitants ou antérieurs permettra de qualifier cet épanchement. On ne manquera jamais d'ausculter le cœur avec soin et d'analyser les urines. Une lésion mitrale, une néphrite, une albuminurie scarlatineuse : telles sont les affections qu'on trouvera le plus souvent.
Traitement. — Purger, faire uriner le malade, révulser le thorax : telles sont les principales indications à remplir. Une dose suffisante d'huile de ricin, de scammonée, de jalap, d'eau-de-vie allemande, le régime lacté, les ventouses sèches ou scarifiées suffisent. En cas d'oppression trop forte, on aura recburs à la thoracentèse.