HYPERTROPHIE ET PALPITATIONS
phie de croissance ; elles relèvent du nervosisme, de l'anémie, delà dyspepsie. Chez l'enfant, pour expliquer l'hypertrophie du cœur, on ne trouve ni l'athérome, ni l'anévrysme de l'aorte, ni l'alcoolisme, ni le tabagisme, ni l'emphysème chronique. Mais la coqueluche, la broncho-pneumonie, la dilatation bronchique, peuvent dilater le cœur. Le rachitisme serait, d'après Beneke, une cause fréquente d'hypertrophie. Dans les lésions organiques du cœur, endocardite, péricardite, myocardite, l'hypertrophie a une cause tangible sur laquelle il est inutile d'insister. Dans la néphrite chronique, l'hypertrophie du cœur est constante.
Symptômes. — Les signes physiques sont : une voussure précordiale, une augmentation de la matité, des battements violents et étendus à une large surface. Si l'hypertrophie porte sur le cœur gauche, la pointe est abaissée dans le cinquième ou sixième espace, au lieu du quatrième, et portée à gauche. La palpation fait sentir un choc intense. Si l'hypertrophie porte sur le cœur droit, la matité transversale est augmentée, et les battements sont perçus à l'appendice xyphoïde. Il peut y avoir un bruit de galop. Les battements du cœur ne sont pas seulement intenses, ils sont accélérés. En un mot, il y a des palpitations. Ces palpitations peuvent d'ailleurs exister sans hypertrophie, survenir par accès sous l'influence d'une fatigue, d'un effort, d'une émotion, d'une digestion pénible. Elles s'observent chez les enfants nerveux arthritiques, neurasthéniques, dégénérés. Elles peuvent être sous la dépendance de la chlorose, de l'anémie, de l'onanisme.
Quand il y a dilatation, l'impulsion est faible, le pouls petit, on entend mal les bruits du cœur ; les veines jugulaires sont gonflées, les extrémités froides et cyanosées. Les enfants accusent souvent de la dyspnée, de l'angoisse précordiale. On note parfois de l'arythmie, des souflles inconstants, à moins qu'il n'y ait lésion valvulaire.
Qu'il s'agisse de palpitations simples ou d'hypertrophie vraie, sans lésions valvulaires, le pronostic est bon ; avec une bonne hygiène, la guérison est presque certaine. S'il y a lésion valvulaire, myocardite, dilatation du cœur, le pronostic est fâcheux. Il est mauvais encore dans les cas de coqueluche grave, de broncho-pneumonie à forme suffocante, et la mort est à craindre.
Diagnostic. — On s'appliquera à distinguer Vhypertrophie cardiaque de la dilatation. Dans le premier cas, la matité est augmentée verticalement ; dans le second, transversalement. Dans le premier cas, les battements sont énergiques ; dans le second, ils sont sans force, étouffés. Il peut d'ailleurs y avoir coïncidence ou succession de ces états. La péricardite avec épanchement, la symphyse cardiaque, ont des symptômes particuliers indiqués ailleurs. Ce qui importe beaucoup, c'est de s'assurer, en présence de la prétendue hypertrophie de croissance, qu'il n'y a que des palpitations nerveuses chez des enfants affaiblis, surmenés ou éprouvés par une croissance rapide.
Traitement. — Le traitement de la forme symptomatique s'inspire des causes (lésions valvulaires, néphrite). Quant à l'hypertrophie simple, on la traite par le repos, un bon régime, dont sont exclus les excitants (alcool, café, épices), le grand air, les excitations cutanées (frictions, massage, drap mouillé), l'iodure de potassium à doses modérées.