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TACHYCARDIE PAROXYSTIQUE

En dehors des palpitations banales, il existe, chez les jeunes sujets, une névrose cardiaque qui se manifeste par des accès très pénibles : c'est la tachycardie paroxijslique essenlielle (Bouveret).

Étiologie, — La maladie est plus rare chez les enfants que chez les adultes ; elle survient surtout dans la seconde enfance, à cinq ans, dix ans, douze ans. Cependant Robert Hutchison et John Parkinson [Proc. of Ihe Royal Soc. of Medicine, mars 1914) ont rapporté un cas de tachycardie paroxystique chez un garçon de deux ans et demi qui a présenté 4 attaques en cinq mois (guérison) ; Percy Kidd {ibid.) a vu un garçon de quatre ans et demi ayant tous les mois une crise de tachycardie paroxystique (jusqu'à 240 pulsations à la minute) qui a succombé. Le cœur était dilaté sans lésions valvulaires. N. Worth Brown (Am. J . of Dis. of C/i.,oct.l917) a vu un garçon de 3 ans 1 /2, atteint jadis de pylorospasme, présenter des crises de tachycardie (200 pulsations par minute) pendant une ou deux heures. Al' électrocardiogramme, tachycardie paroxystique auriculaire ; on en décrit une autre venlriculaire et une 3^ nodulaire (atrio-ventriculaire). Quand on scrute les antécédents des adultes atteints de tachycardie, on note parfois que leurs accès existaient dès l'enfance. Bouveret avait déjà relevé le fait. Herringham, sur 40 cas, signale 5 fois cette ancienneté des paroxysmes. Merklen a soigné un malade de quarante ans qui souffrait de ses accès de tachycardie depuis l'âge de dix ans. Le sexe féminin est plus souvent frappé que le masculin. C'est dans les familles nerveuses ou neuro-arthritiques qu'on rencontre la tachycardie essentielle ; elle fait partie de la famille neuro-pathologique.

Anatomie pathologique. — Il est bien probable qu'il s'agit d'une pure névrose sans lésions du cœur : on ne trouve d'ailleurs ni rhumatisme articulaire, ni syphilis. Cependant, au moment des accès, et parfois dans leur intervalle, le cœur reste gros, dilaté, et l'on peut craindre des adhérences péricardiques, une dégénérescence du myocarde. Pour Herringham, le cœur ne serait pas sain ; il existerait tantôt une myocardite aiguë, rhumatismale ou syphilitique, tantôt une névrite.

Symptômes. — La maladie procède par accès rapprochés ou éloignés (quelques semaines ou plusieurs mois d'intervalle), pendant lesquels il existe des palpitations violentes avec sensation d'angoisse et oppression considérable. Le pouls bat 150, 180, 200, 220, 240 fois par minute ; il est en même temps petit et faible ; la face pâlit, la respiration s'accélère. Contrastant avec la faiblesse du pouls, on note quelquefois une forte impulsion du cœur. L'examen de la région précordiale montre une augmentation notable de la matité ; elle était doublée chez une fille de treize ans, observée par Merklen [Soc. Méd. des Hôpilaux, 10 mai 1901). Le poumon peut se congestionner (crachats sanglants) ainsi que le foie. Il se produit une sorte d'asystohe soudaine et passagère par dilatation aiguë du cœur. Les enfants sont

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agités, sans sommeil ; ils accusent des douleurs au cœur, à la région épigastrique, aux attaches du diaphragme. L'urine, diminuée de quantité pendant la maladie, devient abondante ensuite (polyurie critique). Il peut y avoir un peu de fièvre (37o,8 dans le cas de Merklen).

La crise survient brutalement et se termine de même. De 200 à 220, le pouls tombe, du jour au lendemain, à 100, à 90, à 80. L'impulsion cardiaque se calme, l'aire de matité redevient normale. La durée est très variable suivant les malades et suivant les accès chez le même malade. Le malade de Merklen, ayant eu en septembre une crise de quarante-huit heures, en présente une de douze heures en octobre, et une de huit jours six mois après. Chez une fille de onze ans présentée par Herringham, la durée des crises variait de trente-six heures à douze jours. Le pronostic, sans être très grave, car il est exceptionnel que les accès de tachycardie se terminent par la mort, doit être considéré comme sérieux. Il s'agit, en efïet, d'une névrose très pénible, à rechutes fréquentes, à durée indéfinie, qui peut se compliquer de lésions du myocarde d'après quelques auteurs.

Diagnostic. — Reconnaître la tachycardie n'est pas difficile ; il suffit de compter les pulsations. Les commémoratifs, quand il ne s'agit pas d'un premier accès, renseigneront sur les paroxysmes, sur leur durée, sur leur répétition. On pourra alors admettre la tachycardie paroxystique : reste à éliminer les lésions de l'endocarde, du myocarde et du péricarde. L'étude des antécédents du sujet, des tares personnelles ou héréditaires, complétera le diagnostic.

Traitement. — Repos absolu au lit ; calme moral autant que physique. Alimentation légère : lait, bouillon, tisanes. Pour soulager le cœur en détresse, on sera autorisé à essayer l'opium, le bromure de potassium ou d'ammonium, le valérianate de zinc ou d'ammoniaque. Les injections sous-cutanées de chlorhydrate de morphine sont indiquées dans les cas très douloureux et compliqués de suffocation. L'application de quatre sangsues à la région précordiale a donné un brillant succès à Merklen. On pourrait avoir recours aussi aux pointes de feu et au vésicatoire.

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