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MALADIES DES ARTÈRES

qu'ils montrassent après la mort un épaississement avec plaques blanc jaunâtre de la paroi artérielle. Quelquefois même il y avait un commencement de dilatation ampullaire ou fusiforme. Cet alhérome aorlique des jeunes enfants est loin d'être une rareté, mais il est partiel, limité, pratiquement négligeable. La cause de cette rouille de l'aorte doit être cherchée dans les maladies infectieuses du premier âge (diphtérie, fièvres éruptives, typhoïde). L'alcoolisme ne joue aucun rôle, mais l'hérédo-syphilis doit être soupçonnée dans beaucoup de cas, et il y aura lieu de rechercher toujours la réaction de Wassermann. Le D^ Pedro Escudero (Rev. de la Sociedad med. Argentina, juillet-août 1912) a constaté une aortite syphilitique avec Wassermann positif chez deux frères de quatre et six ans : souffle systolique à la base, thrill, rétrécissement aortique.

Le plus souvent, l'aortite chronique des enfants est latente. On a bien décrit un souffle systolique de la base dans certains cas, mais sans vérification anatomique. Autant dire que l'aortite chronique n'existe pas cliniquement. C'est une conquête de l'anatomie pathologique. Quand on la soupçonnera, on aura le devoir de soumettre les enfants à l'usage de l'iodure de potassium (5 à 10 centigrammes par année d'âge, une semaine sur deux). Régime lacté, diète végétale.

Anévrysme de l'aorte. — Rare dans l'enfance, l'anévrysme de l'aorte peut être congénital ou acquis. Phœnomenow a trouvé, chez un fœtus, un anévrysme de l'aorte abdominale allant des artères rénales à la bifurcation iliaque. Durante {Soc. Anal., 1899) en a cité un autre cas qu'il rapporte à l'athérome congénital. Eppinger {Arch. f. klin. Ch., 1887) a signalé de petits anévrysmes siégeant sur les artères périphériques (coronaires, mésentériques), chez des enfants très jeunes. Ces anévrysmes miliaires seraient congénitaux.

Les anévrysmes acquis sont un peu moins rares (15 anévrysmes de la crosse dans la Thèse de de La Rue). On en trouve d'assez nombreuses observations dans les périodiques anglo-américains, chez des sujets de dix à quinze ans. L'athérome ou aortite chronique doit être incriminé dans la plupart des cas. Mais les causes mêmes de cet athérome doivent être recherchées dans la syphilis héréditaire et les maladies infectieuses aiguës de l'enfance, en faisant au rhumatisme articulaire aigu la plus large part. Les plus beaux cas d'anévrysmes de la crosse aortique que nous ayons vus étaient d'origine rhumatismale (Méry et Guillemot, Soc. dePéd., mars 1903 ; Zuber, Rev. des Mal. de rEnfance, juin 1903 ; Comby, Soc. de Péd., 1906). Aitken {Rrit. Med. Jour., 25 juin 1898) a vu, chez un garçon de neuf ans, rhumatisant et cardiaque, des plaques athéromateuses sur la crosse de l'aorte et un anévrysme assez volumineux d'origine embolique à sa bifurcation. Un garçon de quinze ans, vu parBerry {Rrit. Med. Jour., 10 déc.1898), tombe sans connaissance en jouant au cricket. A l'autopsie, thymus pesant 75 grammes, péricarde plein de caillots et de sang provenant d'un gros anévrysme fusiforme de l'aorte au-dessous de la crosse ; quelques plaques athéromateuses dans l'aorte descendante.

D'autres cas ont été rapportés par A. Jacobi (fille d'un an) et Sanné (fœtus, enfants de deux ans, dix ans, treize ans). J'ai vu moi-même, à l'autopsie de deux nourrissons, une dilatation fusiforme de la crosse aortique qui n'avait

donné aucun signe pendant la vie. J. Feytaud [Thèse de Paris, juin 1906) a rapporté 5 cas d'anévrysmes de l'aorte d'origine rhumatismale chez des enfants. J. Halle et G. Schreiber [Arch. de Méd. des Enfants, août 1911) ont vu l'ectasie aortique chez un garçon de cinq ans : thrill, souffle diastolique, matité étendue, radioscopie montrant une poche animée de battements. Chez cet enfant, la réaction de Wassermann fut négative.

Le D^" Zuber a pu suivre un garçon rhumatisant (7 attaques en cinq ans) qui portait un anévrysme aortique énorme : double centre de battements, double souffle à la base du cœur, pointe abaissée dans le septième espace intercostal, crises dyspnéiques, accès simulant l'angine de poitrine.

J'ai eu dans mon service une fille de quatorze ans qui, après avoir subi, quatre ans auparavant, un rhumatisme articulaire aigu, fit d'abord de l'insuffisance mitrale, puis de l'insuffisance aortique. Actuellement elle offre un double centre de battements avec thrill dans le deuxième espace droit, loin du sternum (dilatation de la crosse aortique). En même temps danse des artères, pouls de Corrigan, et parfois accès de suffocation simulant l'angine de poitrine, crachats sanglants (apoplexie pulmonaire), hématurie. Cela résume la symptomatologie de l'anévrysme de l'aorte et nous dispense d'y insister davantage.

Si la maladie est reconnue, ce qui est possible par l'examen direct comme dans les cas précédents et par la radioscopie, qui montre une ombre arrondie et pulsatile dans le thorax, on prescrira le repos absolu, le régime lacté, l'iodure de potassium longtemps continué (5 à 10 centigrammes par année d'âge). Les injections de sérum gélatineux conseillées par Lancereaux ne sont pas sans quelque danger.

2° Artères périphériques. — En dehors de l'artérite ombilicale étudiée à propos des maladies de l'ombilic, nous devons signaler les ihromho-ariériies des maladies infectieuses (fièvre typhoïde, grippe, diphtérie) et les ariérites emboliques à point de départ cardiaque (endocardite végétante, thrombose cardiaque). Ces artérites aboutissent souvent à la gangrène. Elles sont dues aux microbes spécifiques de Lôffler, d'Éberth, de Pfeiffer, ou aux pyogènes qui leur sont souvent associés.

Le D^ de Vezeaux de Lavergne [Thèse de Paris, 26 fév. 1903) a rappelé tous les cas d'infections artérielles dus à Bourgeois (d'Étampes), Trousseau, Cauvy, Fontan, Ollivier. Dans le cas d'Ollivier [gangrène typhique), l'artère fémorale était oblitérée, au-dessus de sa bifurcation, par un caillot cruorique et fibrineux. Dans un cas plus récent de Rist et Ribadeau-Dumas [Soc. Hôp., l^r déc. 1905), l'artérite de la fémorale, suivie de gangrène de la jambe droite qu'il fallut amputer, était due au bacille d'Éberth. Des cas analogues ont été observés dans la diphtérie. Hochsinger [Cent. f. Kind., 1901) a vu une gangrène momifiante aiguë de la peau du thorax et des aisselles chez un enfant de dix-huit jours par suite de thrombose de l'artère thoracique (broncho-pneumonie). La gangrène, d'origine artérielle, est ordinairement sèche ; elle ne se déclare que si la thrombo-artérite est totale ; elle manque dans les artérites partielles pariétales.

Cliniquement, l'artérite se manifeste par des douleurs vives, aiguës, avec

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