‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 102 sur 243 · Simpson, Americ. Journ. of médical science , oct · texte numérisé non relu

Simpson, Americ. Journ. of médical science , oct

r.ES DYSPEPSIES.

colle de l'estomac, il s'établit un véritable cercle vicieux. La cause devient effet, et l'insuffisance de la nutrition, l'appauvrissement, ou la modification qui en ré.sulte dans ce que les anciens appelaient « les humeurs », est au fond la raison même des insuccès thérapeutiques si fréquents en l'espèce.

Si nous analysons les faits, nous nous trouvons donc en présence d'un état dans lequel, faute d'une action nerveuse régulière, l'estomac fonctionne mal, et dans lequel aussi par défaut de nutrition, l'action nerveuse est insuffisante ou troublée. D'autre part toutes les sécrétions du tube digestif, sauf celle de l'estomac, se font dans un milieu alcalin, et nous avons vu que la fonction gastrique n'était indispensable ni à la vie ni peut-être à la santé. La conclusion logique à tirer de cet état de choses est que si l'on pouvait supprimer temporairement les fonctions de l'estoniac, tout en alimentant l'individu de façon à donner au sang, quand il arrive aux centres nerveux, les qualités normales, le cercle vicieux dans lequel s'agite et souffre le malade se trouverait rompu. De l'estomac inerte ne partiraient plus d'excitations pathologiques ; une nutrition suffisante assurerait le jeu régulier des cellules nerveuses, et par suite de tous les organes (y compris l'estomac) qui sont placés sous leur dépendance.

Cette théorie est certainement discutable, mais cepen- suraiimouta dant les résultats thérapeutiques auxquels elle nous a °" miii"' conduits nous paraissent intéressants. Depuis de longues années déjà, nous avons uniformément soumis tous nos dyspeptiques, quel qu'ait été l'état de leurs sécrétions, de leurs fonctions motrices ou de leur sensibilité gastrique, à la suralimentation par la poudre de viande forte- ,ment alcalinisée avec un mélange, à parties à peu près égales, de bicarbonate de soude et de craie préparée, et nous

avons toujours vu, par exemple, une acidité exagérée redescendre au taux normal, une acidité insuffisante y remonter. Ce traitement revient, en effet, à supprimer, au moyen des alcalins en excès, toute action de l'estomac sur les aliments, toute digestion dans le milieu gastrique, et en même temps à soumettre à l'action des ferments intestinaux et pancréatiques un aliment, la poudre de viande, éminemment facile à transformer et particulièrement riche en substances assimilables. En même temps que le poids des malades augmentait, nous avons vu cesser les douleurs, les fonctions nerveuses et psychiques recouvrer leur équilibre, les fonctions gastriques revenir à l'état normal. On pourra qualifier ce traitement de paradoxal, mais, comme nous l'avons établi sans idées préconçues et par tâtonnements successifs ; comme c'estlui qui nous a amenés à la conception que nous avons eue des dyspepsies en vertu du vieil adage, naturam morborum ostendunt curationes; comme, nous avons eu enfin un soin extrême de ne pas forcer les faits à se plier à notre, théorie, nous croyons indiquer ainsi la vraie marche à suivre dans le traitement de ce syndrome, auquel nous croyons pouvoir appliquer cette formule :

// n'y a pas un rapport constant entre la forme de la dyspepsie et le traitement dont elle est justiciable.

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