‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 108 sur 243 · Lantschner, Wien. med. Blaeller, n · texte numérisé non relu

Lantschner, Wien. med. Blaeller, n

GASTRITES AIGUËS

Les symptômes ne varient pas beaucoup ; depuis les cas symptômes, les plus simples jusqu'aux plus graves, on retrouve à peu près constamment les mêmes manifestations, leur intensité seule change.

L'appétit disparait d'abord; les malades se plaignent d'avoir dans la bouche un mauvais goût, fade ou amer; la soif est vive et ils absorbent, si on les laisse faire, de grandes quantités de liquide dont la présence dans l'estomac est une nouvelle cause de malaise. Puis surviennent des nausées, accompagnées d'une salivation excessive, et ensuite des vomissements, d'abord alimentaires, puis muqueux, plus ou moins colorés par de la bile.

Le faciès traduit l'anxiété considérable du malade et même prend, dans les cas graves, l'aspect grippé que l'on constate dans la péritonite. La pâleur est extrême. Il y a de la fatigue musculaire ; le malade ne peut faire un effort sans éprouver des vertiges; souvent une céphalalgie opiniâtre, bi-temporale, augmente encore ses souffrances.

Il est exceptionnel que l'intestin ne participe pas plus ou moins au mauvais état des premières voies, et une constipation souvent opiniâtre, interrompue par de véritables crises de diarrhée fétide, indique le plus souvent ce retentissement intestinal de la gastrite; quelquefois l'ictère apparaît lorsque l'inflammation gastrique s'est propagée au duodénum.

La langue est chargée, rouge sur les bords. L'haleine devient fétide, car les produits gazeux des fermentations dont l'estomac est le siège s'éliminent par les voies respiratoires.

Localement, on constate un gonflement de la région épigastrique, qui est douloureuse spontanément et à la palpation. A cette sensibilité et à ces douleurs d'origine gastrique, se joignent, dans les cas où les vomissements

se sont répétés souvent, un endolorissement parfois très pénible des muscles de la paroi abdominale.

Les symptômes généraux sont variables. Si l'insomnie et les cauchemars accompagnent fréquemment les formes les plus simples, la fièvre est rare, en dehors des cas où elle dépend d'une infection générale. Lorsquè la température monte au cours d'un embarras gastrique simple, elle Complications, est rarement très élevée, et le pouls ne devient jamais très fréquent. Si la température atteint 40°, s'il y a des frissons, on peut redouter la suppuration qui est une complication grave. La gangrène, même superficiellg de l'estomac, à causé des cicatrices qu'elle laisse après elle, la dilatation aiguë, sont autant de phénomènes qu'il ne faut considérer que comme des complications. Cahn^ Klebs^ ont vu l'atrophie jaune aiguë du foie coïncider avec la diphtérie gastrique; mais ce sont là des faits exceptionnels que l'on n'a pas à redouter même quand un catarrhe gastro-duodénal a provoqué un peu d'ictère et une légère sensibilité de la région hépatique.

Le pronostic de la gastrite aiguë dépend beaucoup de la cause qui l'a provoquée. Dans les infections généralisées, il se confond avec celui de ces maladies. Il est, en général, bénin dans la gastrite simple, surtout lorsque celle-ci n'est qu'un accident dont le retour est empêché par quelques précautions hygiéniques. Si la terminaison par suppuration est possible et si la mort peut survenir dans quelques cas par une altération trop profonde des parois gastriques, la règle est de voir les malades guérir en quelques jours; la durée oscille de 24 ou 48 heures au minimum à un septénaire, sauf les cas on la gastrite n'est qu'un épisode dans le cours d'une autre maladie.

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