‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 146 sur 243 · LES TUMEURS GASTRIQUES. - LES TUMEURS BÉNIGNES · texte numérisé non relu

LES TUMEURS GASTRIQUES. - LES TUMEURS BÉNIGNES

Myomos Lipomes. - Polypes. - Fibromes..- Papillomcs. - Symplomatolosie des tumcui-s pédiculécs. - Lympliadènomc. - Corps étrangers.

— Gastrolitlies.

L'estomac peut être le siège des tumeurs les plus diverses; mais il est exceptionnel, lorsque la palpation permet de constater la présence d'un néoplasme, que cette tumeur ne soit pas un cancer. Les tumeurs bénignes sont fort rares, et leur histoire clinique ne présente pas un bien grand intérêt; le plus souvent elles sont l'objet ou la cause d'erreurs de diagnostic. Cette raison nous oblige à en dire quelques mots, ainsi que des corps étrangers, des gastrolithes, susceptibles de siéger dans l'estomac. On a trouvé ainsi des myomes, des lipomes, des papillomes, des lymphadénomes. Nous avons déjà vu, en parlant de la gastrite aiguë provoquée par l'ingestion du sublimé corrosif à dose toxique que de véritables plaques calcaires pouvaient siéger dans la profondeur de la muqueuse. Nous avons rapproché la gastrite chronique simple de la tuberculose gastrique, et montré à propos de la première de ces affections que les glandes étaient capables de subir une dégénérescence kystique plus ou moins accentuée. Enlin nous

LES MALAMIES DE l/ESTOMAC.

avons montré, en parlant de l'hématémèse, qu'il ne fallait pas confondre celle de l'ulcère rond avec celle résultant do la rupture d'un anévrysme de la paroi stomacale. Nous n'avons donc pas à revenir sur tous ces faits. Myoïne. Le myome se développe dans l'intérieur de la musculeuse, fait graduellement saillie sous la muqueuse et finit quelquefois par former un véritable polype. Tantôt isolées, tantôt multiples, ces tumeurs ne diffèrent pas au point de vue histologique de celles dont l'utérus, par exemple, peut être le siège, mais leur volume dépasse rarement celui d'un pois ou celui d'une cerise. Leur évolution ne s'accompagne d'aucun symptôme, et elles ne sont guère que des trouvailles d'autopsie.

Lii.ome. Le lipome' est également fort rare ; parti de la sous-muqueuse, il fait tantôt saillie vers la cavitégastrique en refoulant la muqueuse, qui continue à le recouvrir, mais en s'amincissant au fur et à mesure que la tumeur augmente; tantôt il écarte les fibres musculaires, et vient faire hernie sous la séreuse. Une^tumeurdece genre, volumineuse, pourrait entraîner des troubles digestifs parles tiraillements que son poids exercerait sur la paroi stomacale ; mais la rareté de ces cas empêche de connaître et de décrire exactement leurs symptômes.

Polypes. Ces tumeurs forment à un moment donné des polypes;

il en est de même des fibromes et des papillomes. Les premiers d'origine conjonctive sont revêtus d'une portion de la muqueuse plus ou moins atrophiée, ou au contraire papillomateuse. Quant aux papillomes, qui viennent de la muqueuse, ils forment des villosités parfois très développées dans la région pylorique. On trouve dans leur intérieur une trame finement fibrillàire, formée par les

\. MuRRAY, Fatty lumor in wall of slomach. Palhol. Tr. vol. XI, 1890,

i,h:s tumeurs bénignes.

prolongements de cellules étoilées, et à leur surface un épithélium cylindrique.

Cornir a relevé deux cas de polypes muqueux qui n'avaient, pendant la vie, donné lieu à aucun symptôme. Chez l'une de ses malades, l'estomac rouge, mamelonné, ardoisé par places, présentait huit végétations de la dimension d'un grain de blé à celle d'une fève, et qui siégeaient au voisinage du pylore. Ces végétations étaient molles, rosées, injectées de sang : leur surface était irrégulière, mamelonnée, elles étaient exclusivement formées aux dépens do la muqueuse. Chez l'autre malade, existait un seul polype pédiculé, arrondi, en chou-ileur, gros comme une noisette; cette tumeur, formée aux dépens de la muqueuse et de la sous-muqueuse, était très vasculaire à son centre. LambP a décrit une tumeur grosse comme un œuf de pigeon, siégeant à 3 centimètres du fond de l'estomac^ et recouverte par la muqueuse amincie; aucun signe n'en avait révélé l'existence pendant la vie'.

Rokitansky attribuait la formation de ces tumeurs à la gastrite chronique ; il se développerait ainsi autour des glandes des papilles en nombre et en volume exagéré. Wilson Fox admet également le rôle de l'inflammation dans la genèse de ces polypes; Camus Govignon* attribue une certaine influence à l'alcoolisme.

Ces polypes, quelle qu'en soit la structure, sont assez rares. Le premier fait a été signalé par Cruveilhier » dans son atlas d'anatomie pathologique ; l'estomac dont il donne

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