LES TUMEURS BÉNIGNES
vait de vives douleurs épigastriques sans que rien pût permettre d'interpréter ces symptômes. A l'autopsie on trouva un polype de 6,8 centimètres, gros comme le pouce, implanté sur la face antérieure de l'estomac à 5 centimètres du pylore. Cinq autres polypes plus petits étaient disséminés sur l'antre du pylore et au niveau de la grande courbure'.
L'estomac peut être également le siège de tumeurs lym- Lymphaciénomc. phoïdes; celles-ci constituent, au même titre que les tumeurs dont nous avons déjà parlé, une rareté pathologique; Pitt2 en a rapporté un cas et n'a pu en trouver que 17 dans la science. Le malade avait succombé à des phénomènes qui furent tous attribués à une tumeur des poumons et à un empyème de la plèvre gauche. L'estomac et l'intestin étaient parsemés de nodosités molles qui avaient perforé la muqueuse et faisaient plus ou moins saillie à sa surface; histologiquement on trouva tous les caractères du lymphadénome. La rate, les ganglions mésentériques et bronchiques étaient envahis, le foie et les reins n'étaient pas altérés. Tantôt d'ailleurs, le néoplasme se développe dans la muqueuse et la sous-muqueuse et forme des tumeurs saillantes dans la cavité, tantôt, au contraire, la séreuse est primitivement atteinte. La musculeuse, alors plus ou moins intéressée, finit par se laisser distendre et l'on constate une dilatation de l'organe. Dans d'autres cas, les tumeurs qui font saillie dans la cavité gastrique s'ulcèrent et le malade succombe à une hématémèse comme dans l'observation de Reimer\ Ces phénomènes s'associent toujours à une diarrhée de gravité variable; mais quand les
1. Voir encore : BRTJNEAU,\Th. de Paris, 1883.— Brissaud, gén.de méd., 1885. — Marfan, Th. de Paris, 1887. — Ménétrier, Arch. de phys. 15 février 1888.