‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 200 sur 243 · Beurmann, Gaz. hebd. n · texte numérisé non relu

Beurmann, Gaz. hebd. n

II. Bouveret et Devic, Rev. de médecine, janvier et février 1892.

LA DILATATION

tion stomacale avec hypersécrétion chlorhydriqiie, l'ont divisée en trois formes.

Dans la première, se rangent les cas de contracture douloureuse des extrémités ou de tétanie proprement dite, survenant sous forme d'accès, occupant les muscles des mains, des avant-bras et des jambes, et respectant ceux de la face, du cou et du tronc. Ces accès durent de quelques minutes à plusieurs heures. Le signe de Trousseau existe. La sensibilité générale est intacte.

La seconde présente assez bien l'image d'un accès de tétanos. Les muscles de la face, du cou et du tronc sont envahis; parfois existent des convulsions cloniques intermittentes. L'asphyxie peut résulter de la contraction prolongée des muscles du thorax.

Dans la troisième, on constate des convulsions toniques et cloniques généralisées, avec perte de connaissance, suivies d'une période de calme. Cette attaque rappelle celles de l'épilepsie. Les vomissements sont abondants avant et pendant la crise. La dyspnée est fréquente, le pouls souvent fréquent et faible; les pupilles sont ordinairement rétrécies et peu sensibles à la lumière. L'intelligence peut être obscurcie.. Ce dernier signe est grave, et précède souvent la mort. Ces troubles semblent dus à une matière toxique résultant des fermentations dont l'estomac est le siège, et dont le passage dans le sang serait la cause des accidents. MM. Bouveret et Devic sont parvenus d'ailleurs à préparer un extrait alcoolique très convulsivant, qui n'est pas la peptotoxine et qu'ils ont obtenu en laissant évaporer les résidus du contenu stomacal à l'étuve à 39°. Les produits de la digestion recueillis pendant un mois

1. On appelle pe/jfo^oxine une substance toxique retirée des produits de la digestion des matières albumidoïdcs. Cette substance a été plus particulière ment étudiée parBricger; clic répond aux corps de la série : C°H2n + lAzO^.

founiiraiciit une substance qui, par injection intra-veineuse, déterminerait de véritables convulsions tétaniques.

MM. Bouveret et Devic ont soin d'ajouter que la nature de ce poison est indéterminée. Quant à nous, nous avons essayé d'intoxiquer des cobayes avec le contenu concentré de l'estomac d'un individu qui avait eu des contractures, plus ou moins étendues, dans les muscles des membres, et nous n'avons pu obtenir aucun résultat non plus qu'avec l'extrait alcoolique de ce contenu. Ce malade vidait son estomac par de fréquents vomissements, et nous croyions impossible, étant donné la quantité de liquide rendue par lui toutes les 24 ou 48 heures, que son estomac contînt, à aucun moment, les produits de la digestion accumulés pendant assez longtemps pour que le poison en question se fût produit en quantité suffisante dans la cavité gastrique; nous accepterons donc seulement avec réserves les conclusions de MM. Bouveret et Devic, puisqu'il nous a été impossible de vérilier les faits avancés par eux; nous ne sommes pas non plus d'accord avec ces auteurs quand ils disent que le meilleur remède de la tétanie est le lavage, puisque des accès mortels ont quelquefois précisément succédé à l'abus de cette opération (D.-Beaumetz).

En tous cas, il résulterait de ces faits, ainsi que de ceux rapportés par Kuhne, que la tétanie n'est pas expliquée par l'auto-intoxication. D'autre part, il semble aussi que la présence de HCl dans un estomac dilaté est loin de prévenir les inconvénients des fermentations. Celles-ci ne seraient, au contraire, pas arrêtées, et peut-être même favo- K<;t(!iiiissomeut risécs. Lc foie est d'ailleurs quelquefois troublé dans ses

lu'patiqdo, r i • i i • i • • •

lonctions par des substances particulièrement irritantes, élaborées dans la cavité gastrique, et il n'est pas absolument rare de voir la dilatation s'accompagner de sensations pénibles et de douleurs dans la région hépatique.

LA DILATATION

Le diagnostic de la dilatation do l'estomac résulte de Diagnostic, rétiide des différents symptômes analysés ci-dessus, et il semble difficile qu'une erreur puisse se produire si plusieurs d'entre eux s'observent simultanément. Aucun signe cependant, si ce n'est la présence en quantité notable des aliments dans l'estomac à jeun, n'est pathognomonique ; toutefois, quand on constate isolément les autres symptômes de la dilatation, on est exposé bien plus à admettre une dilatation n'existant pas en réalité qu'à en méconnaître une restée latente. Pour rendre le diagnostic plus facile on a eu recours à des procédés étranges et parfois dangereux. C'est ainsi que Bugge' a eu l'idée de recommander l'emploi de la manœuvre suivante : il détermine parla percussion, le malade étant debout, le bord inférieur de l'estomac, et enfonce l'aiguille d'une seringue de Pravaz au-dessus de la limite trouvée. Si leliquide retiré est acide, on estréellement dans l'estomac. Rosenbach^ pour mesurer l'énergie de la musculature gastrique, quandla dilatation est encore à peine ébauchée, cherche à fixer le niveau du liquide contenu, ou versé dans l'organe, en partant de l'idée que l'ascension ou la descente du niveau fournit les meilleurs renseignements sur l'état de la puissance contractile de l'estomac. Quand la quantité d'eau versée triomphe de cette force, le niveau s'abaisse, malgré la quantité de cette eau; dans le cas contraire, il monte, ainsi qu'on peut le voir dans toute cavité, formée ou non de parois extensibles. Pour délimiter le niveau, Rosenbach ausculte l'estomac de la façon sui-

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