Ewald, Berl. klin. Wochenschrifi, 1890, p
cércuse ou qu'un ulcère, un calarrhe acide ont été la cause première de l'atonie gastrique. Une intoxication ancienne, l'alcoolisme invétéré, feront penser soit à une bride cicatricielle du pylore, soit à cette atonie particulière de la musculeuse que l'on constate dans la gastrite chronique. Enfin, en étudiant le i-epas d'épreuve, s'il y a de l'HCl en quantité normale ou exagérée, on pourra presque certainement éliminer le cancer, surtout si les matières vomies contiennent en même temps de la bile. Si la bile fait toujours défaut dans les matières vomies ou dans le contenu gastrique, à jeun ou après le repas, on sera en droit de penser à un rétrécissement du pylore; ce dernier serait probablement de nature cancéreuse si l'HCl venait en même temps à manquer.
Au contraire, la présence constante de bile et de suc pancréatique dans l'estomac serait une preuve que la dilatation est la conséquence d'une occlusion du duodénum au-dessous de l'ampoule de Vater; cette occlusion résulte alors d'un rein mobile, d'une bride fibreuse, etc.
On peut donc arriver ainsi à savoir si le pylore est le siège d'un obstacle ou s'il est perméable, et enfin quelle est la nature probable de cet obstacle. La précision de ces résultats n'a, à vrai dire, rien d'absolu ; mais, dans la pratique, en les associant aux autres données fournies par les éléments du diagnostic de chaque affection gastrique, on arrive à une approximation largement suffisante.
L'évolution de la maladie qui nous occupe est variable selon sa cause; lorsqu'il s'agit d'une simple atonie de date récente, un trai tement approprié sur lequel nous aurons tout à l'heure à revenir, peut amener rapidement l'amélioration et même la guérison. Mais lorsqu'il s'agit d'une dilatation avec atrophie de la tunique musculaire, surtout enfin quand il existe au pylore un obstacle infranchissable, la gué-
LA DILATATION
vison est impossible. Le traitement amende encore les phénomènes pénibles, mais l'inanition fait des progrès de jour en jour et le malade succombe dans le marasme, à moins qu'une des complications que nous avons signalées ne vienne hâter le dénouement.
La dilatation est, en réalité, une déformation de l'esto- Los
, , . • 1,/, 1 i> t • 1 malformations
mac. A ce titre, prend place ici 1 étude d un certain nombre
de faits dans lesquels on a constaté les malformations ou sast.iqt.e.
les changements de forme les plus variés.
L'atrésie de la cavité gastrique résulte de la diminution du travail de l'organe, par insuffisance de l'apport alimentaire. L'inanition, un rétrécissement de l'œsophage ou du cardia auront ainsi été la cause première de cette atrophie. Dans d'autres cas, c'est une infiltration cancéreuse étendue à toute la paroi, une gastrite chronique avec hypertrophie de la musculeuse et du tissu conjonctif (Linitis), une péritonite fibreuse déformante qui auront joué le même rôle. Le calibre fie l'estomac ainsi atrésié, ne dépasse parfois pas celui de l'intestin. Quand les voies digestives supérieures sont libres, on constate des vomissements qui apparaissent sitôt que la quantité des aliments dépasse le très faible volume que peut en contenir l'estomac, et le petit calibre de cet organe devient encore plus net quand on vient à le distendre avec de l'acide carbonique. S'il existe une sténose de l'œsophage ou du cardia, le passage de la sonde devient impossible et les symptômes de ces rétrécissements prennent une importance suffisante pour masquer entièrement ceux qui pourraient être fournis par l'état de. l'estomac.
Kstomac La cicatl'isalion d'uii ulcère ou d'une perte de substance •usaLiior. quclconquc peut entraîner des déformations qui présenteront dans quelques cas un aspect analogue à celui de certaines malformations congénitales. Stoker' en a public un cas où l'estomac, divisé en deux parties par une bride congénitale, n'avait présenté pendant la vie aucun trouble fonctionnel. Jago* a raconté l'histoire d'une malade qui succomba à 52 ans après avoir présenté, pendant 10 mois, des vomissements incoercibles; à l'examen de l'abdomen, on trouvait au-dessous du foie une tumeur molle qui fut prise pour le rein droit déplacé. Il n'existait aucune tumeur au niveau du pylore ; les vomissements avaient lieu sans douleurs et n'étaient pas précédés de régurgitations ; on ne constatait pas, à proprement parler, de cachexie. A Fautopsie, on trouva un estomac présentant deux poches dilatées qui communiquaient par un étranglement serré situé vers le milieu de l'organe ; l'index ne pouvait franchir ce rétrécissement; les cicatrices qui avaient produit cette déformation devaient remonter à une première maladie, survenue à l'âge de 30 ans, et caractérisée par des hématémèses et de vives douleurs. Une malade âgée de oO ans, observée par Luigi Mazotti% éprouvait après les repas des douleurs tellement intenses qu'elle se tordait sur son lit, et éprouvait un peu de soulagement seulement après avoir vomi tout ce qu'elle venait de prendre. A l'autopsie, on trouva l'estomac divisé en deux parties : l'une supérieure verticale, l'autre inférieure dirigée horizontalement vers le côté droit; un étranglement siégeait entre ces deux portions. La portion infé-
1. Stoker, Hourglass conlract. stomach. Med. Press, and Cire, 3 march