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Debove et RÉMOND, loco citalo

LA DILATATION

Dans l'atonie musculaire simple, le lavage agit de deux façons : d'abord il débarrasse la muqueuse du contact irritant des aliments en voie de putréfaction ; il supprime égalementlesproduitsde sécrétion anomale, acide chlorhydrique en excès, mucus en plus ou moins grande abondance, dont le contact prolongé entretient et exagère les troubles fonctionnels de l'appareil glandulaire. D'autre part, l'action de l'eau froide produit une stimulation des fibres musculaires lisses; elle augmente leur tonicité et leur permet peu à peu de retrouver leur contractilité normale. Nous avons vu ainsi être améliorés des malades atteints de dilatation, que cette dernière fCit accompagnée d'hyperchlorhydrie ou d'atonie musculaire avec hyperacidité organique et stase alimentaire. Les vomissements cessent, la constipation disparaît, et l'état général se relève facilement surtout si on a soin de terminer le lavage du matin par l'introduction dans l'estomac d'une certaine quantité de poudre de viande fortement alcalinisée.

L'action curative du lavage s'exerce également d'une façon remarquable quand il y a sténose du pylore, à condition que le rétrécissement, de nature cicatricielle, ne soit pas infranchissable. Les malades porteurs d'une dilatation due à la cicatrice d'un ulcère ont présenté autrefois les symptômes plus ou moins nets de cet ulcère; ils se plaignent en général de troubles dyspeptiques qui ont commencé après un intervalle de santé relative ayant lui-même succédé à la guérison de leur ulcère. La dilatation dont ils sont atteints peut être très considérable, et il faut avoir soin de ne pas déterminer une déplétion trop brusque de la cavité gastrique la première fois que l'on procède au lavage. Cette opération amène une modification rapide des symptômes. En enlevant régulièrement le matin ce que le pylore n'a pas laissé passer dans l'intestin, on voit le som-

meil revenir, les douleurs cesser, les fermentations ôlre moins actives, les selles plus régulières. Il peut être nécessaire de continuer indéliniment l'emploi du tube; sans quoi les malades ne tardent pas à retomber dans leur ancien état de soullrances d'avant; mais, en associant à l'usage de la sonde un régime où entrent seulement des aliments très substantiels et finement divisés, on obtient un état général tel qu'on pourrait croire aune guérison; mais, bien entendu, la lésion subsiste, et souvent même s'accroît.

Lorsque l'obstruction du pylore est complète, quand une tumeur maligne s'y développe, le lavage est incapable d'amener la guérison ; mais on observe après son emploi un soulagement très marqué : les malades n'ont plus ces renvois fétides, ces régurgitations aigres et brûlantes qui sont l'occasion de vives souffrances. Les douleurs dues au cancer ne disparaissent pas, mais elles s'atténuent, et si l'obstruction néoplasique n'est pas complète, on voit, sous l'influence de ce pansement régulier de la cavité gastrique, l'état général se relever dans une certaine mesure. Le malade succombera encore du fait de son cancer et de la cachexie qu'il entraîne; mais l'inanition n'est plus aussi complète, les souffrances ne sont plus aussi cruelles.

Enfin, quand une sténose duodénale détermine dans la cavité gastrique un reflux permanent de suc pancréatique et de bile, on comprend qu'il y ait grand intérêt à débarrasser l'estomac de ces substances, car elles s'y comportent comme toutes les matières albuminoïdes, et détruisent, en s'y combinant, l'activité d'une certaine quantité de suc gastrique.

On emploiera, comme liquide de lavage, tantôt l'eau pure, tantôt, et surtout quand il y a des fermentations trop actives, l'eau additionnée de chloroforme ou de sulfure de

LA DILATATION

carbone. L'eau chloroformée se prépare en agiian du chloroforme avec de l'eau, puis en décantant le liquide e en l'étendant. de moitié; 100 grammes d'eau renferment alors 0^"-,50 de chloroforme. Ce mélange a une action désinfectante, mais agit surtout par ses propriétés sédatives. L'eau sulfo-carbonée se prépare par le même procédé, et renferme 4 à 5 grammes de sulfure de carbone pur par litre; son action antiputride est plus nette que celle de la solution précédente.

Schliep* a proposé l'emploi de solutions de permanganate de potasse, d'acide phénique, ou de teinture de myrrhe. Le sulfate de soude, le thymol (1/2 p. 100), la résorcine bisublimée (2-3 p. 100), le salicylate de soude (0=^S à 1 p. 100), le benzoate de soude (1-3 p. 100), racide borique (3 p. 100) ont été également employés. Rosenthal ajoute 3 à 4 gouttes de nitrite d'amyle à un demi-litre d'eau; Boas^ emploie alternativement l'eau chargée de créoline (10 à IS gouttes par litre d'eau et l'eau chloroformée.

Enfin, d'après ce que nous avons dit des recherches de Kuhne, la solution d'acide salicylique au titre de 0^%05 p. 100 semble jouir des propriétés désinfectantes les plus actives dans le cas particulier.

En dehors du lavage dont nous venons de parler, on prescrit encore un certain nombre de médicaments, entre autres le charbon de Belloc ; ce produit semble agir comme absorbant et désinfectant. Le salicylate de bismuth, qui contient toujours une certaine quantité d'acide salicylique libre, semble également diminuer l'intensité des fermentations. Le salol enfin trouve ici encore son application. On combinera ces différentes substances, et on les associera aux

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