Guinard, Paris
un remarquable travail, de réunir toutes les opérations faites en vue de guérir ou d'amender les dégénérescences cancéreuses de l'estomac. Nous aurons donc très fréquemment recours à son mémoire quand nous étudierons ce point spécial de la chirurgie, et nous y ajouterons seulement quelques faits tout récents. Mais nous croyons utile aussi de réunir les cas où le chirurgien est intervenu pour remédier à l'ulcère rond, à la dilatation, aux troubles provoqués par la présence d'un corps étranger, à un rétrécissement non cancéreux du cardia, de l'œsophage ou du pylore.
De toutes ces opérations, la plus anciennement pratiquée est sans contredit la gastrotomie : Barnes*, en 1825, l'a faite pour extraire un couteau de l'estomac; BelP a obtenu un succès, en 1860, en ouvrant la cavité gastrique pour en retirer une barre de plomb de 30 centimètres de largeur, pesant 270 grammes. La guérison fut complète en dix-sept jours.
Nous avons relevé un certain nombre d'opérations analogues depuis 1882 : les unes étaient destinées à l'extraction d'un corps étranger contenu dans l'estomac (opérations curatives) ; les autres (opérations palliatives) ont été faites pour permettre l'alimentation et la survie des malades atteints d'un rétrécissement infranchissable de l'oesophage ou du cardia. Le nom de gastrotomie appartient plutôt •aux opérations du premier groupe; celui de gastrostomie, à celles du second ; mais il semble que nombre d'auteurs se soient indifféremment servis de l'un ou de l'autre terme.
Voici d'abord la statistique des cas de gastrotomie pour corps étrangers dont nous avons eu connaissance :