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APPENDICE
laines. Ces 13 guérisons s'observent exclusivement dans les cas de rétrécissement cicatriciel. En réalité, la proportion de succès absolus est de 31,5 p. 100, relatifs de 37 p. 100. Quelles que soient les précautions prises, quelque soin que l'on ait de choisir des obturateurs fermant les orifices de la fistule sans la dilater, les malades ne restent pas moins atteints d'une infirmité extrêmement pénible, les exposant aux accidents les plus divers. En outre, la fistule est quelquefois le siège de douleurs extrêmement vives dues à son irritation par le suc gastrique. Dans un cas de gastrotomie pour rétrécissement cicatriciel de l'œsophage, l'un de nous (Debove), est arrivé à supprimer ces douleurs en faisant absorber au malade assez de bicarbonate de soude pour neutraliser complètement les sécrétions acides et en pansant la fistule avec le même sel.
Ces malades doivent recevoir par leur fistule une alimentation spéciale : des substances azotées, aussi finement divisées que possible, des graisses, des hydrures de carbone. Ces derniers, qui correspondent aux substances amylacées, seront remplacés avec avantage par du sucre de raisin, car ce produit représente l'un des aboutissants de la digestion salivaire. Si le rétrécissement néoplasique siège au cardia ou même un peu plus haut dans l'œsophage, il ne faudra pas compter beaucoup sur l'activité des sécrétions gastriques, et ce sera presque toujours l'intestin qui sera chargé d'accomplir les transformations des aliments nécessaires à leur absorption. Du lait chargé de sucre de lait peut, dans les premières périodes au moins, suffire à tous les besoins; plus tard, on augmentera la variété des aliments, surtout quand la sténose sera due à une cicatrice et que cette alimentation par la fistule devra être longtemps continuée. Mais, quelque parfaite qu'elle puisse Mre, elle impose toujours aux patients, un véritable sup-
plicc de Tantale, la gustation des alimen ts entrant pour une pari notable dans l'apaisement de la sensation de la faim.
Quelquefois un subterfuge ingénieux a permis de tourner cette difficulté: un malade de Trendclenburg mastiquait dos tartines de beurre, du pain, des pommes de terre et des légumes, et les faisait ensuite glisser par un long et gros tube en caouchouc jusque dans l'estomac.
Ewald' a vérifié de visu le fait rapporté par Trendclenburg ; il en cite un autre dans lequel la malade se livrait à la même manœuvre. Il est évident que les individus mâchant ainsi les aliments avant de les introduire dans la fistule leur font subir une insalivation et une division suffisantes pour pouvoir se permettre un régime varié.