EwALD, Kli7iik der Verdauungskrankheilen, s
INTERROGATOIRE DU MALADE
une véritable, névrose motrice de l'estomac. Il est constitué par une sensation, parfois très douloureuse, de brûlure, de cuisson qui semble remonter le long de la face antérieure de la colonne vertébrale, et dont la fréquence tourmente quelquefois singulièrement ceux qui en sont atteints. Comme tous les phénomènes que nous avons déjà passés en revue, il peut être l'effet de causes très diverses et il suppose toujours un vice dans la façon dont se contractent les fibres musculaires de la paroi gastrique; il ne traduit pas nécessairement un état pathologique des sécrétions. Un suc gastrique d'acidité et de composition normales provoquera, en effleurant une étendue plus ou moins considérable de muqueuse œsophagienne, une douleur insupportable ; il en est de même d'un mélange d'aliments et d'acides gras qui reflueraient d'un estomac dilaté, et incapable de se vider par le pylore. Entin le pyrosis pourra traduire une sécrétion exagérée d'acide chlorhydrique, ou la présence de gaz irritants dans l'estomac (ammoniaque), sans que l'on soit en droit de tirer de l'existence de ce symptôme d'autres conclusions que celles qui résultent du moment de son apparition. S'il apparaît à jeun pour se calmer au moment du repas, chez un individu qui d'ailleurs digère bien, on pourra songer à une hyperchlorhydrie; s'il succède plus ou moins rapidement à l'ingestion des aliments, on ne pourra plus en tirer grande indication, d'autant que, comme nous l'avons dit tout à l'heure, l'estomac peut être intact et une névrose être la seule cause de ce phénomène.
C'est également une névrose qui détermine chez certains malades, le plus souvent hystériques, ces crises de '-envoi, hociuets, de renvois gazeux qui se répètent indéfiniment et donnent à l'oreille la sensation d'un aboiement particulier, d'un cri à la fois involqptaire et spasmodique! Tou-
J-iO lioqiiot.
tefois ce sont là des phénomènes rares et le plus souvent lorsqu'un individu signale dans l'histoire de sa maladie la fréquence des renvois gazeux, il est utile de s'arrêter an instant sur ce symptôme et de demander si ces renvois sont inodores ou non. Dans le premier cas ils ne se composent guère que de l'air dégluti avec les aliments, ou d'acide carbonique dont la provenance est difficile à préciser. Quand le pylore est obstrué et que les aliments stagnent dans le grand cul-de-sac dilaté, on observe quelquefois la présence, dans les renvois, de gaz qui se sont développés grâce aux fermentations anomales dont l'estomac est le siège. C'est ainsi que Popofl' S dans un cas de sténose du pylore, a constaté la présence de CO^ et H, dans le mélange de gaz rejetés par l'estomac, mélange qm était susceptible d'être enflammé ; que Fried. Schultze^ a signalé un cas où l'on trouvait du gaz des marais et qu'Ewald ^ a trouvé de même de l'acide carbonique, de l'hydrogène, du gaz des marais, de l'oxygène, de l'azote et de l'hydrogène sulfuré; ce mélange brûlait avec une flamme jaune; le malade de Senator'^ s'aperçut que les gaz de ses renvois prenaient feu en allumant son cigare. Il présentait du reste de l'hydrothionurie^Nous pourrions encore citer d autres exemples du même genre«; ces quelques faits suffisent a prouver la possibilité de fermentations gazeuses dans 1 estomac, et la valeur des renvois dont les gaz sentent mauvais comme signe de dilatation avec stase prolongée des aliments.