‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 33 sur 243 · Senator, Berl. klin. Wochenschrifl, 1868, p · texte numérisé non relu

Senator, Berl. klin. Wochenschrifl, 1868, p

5. Hydrothionuric signifie exactement « présence d'hydrogène sulfure

• combinaison organique dans ruriae ». ^i^^^, Deutsche med.

6. M. Naught, Brit. med. Journ., 1890, p. i^^' ' Wochenschrift, 1892, 8 déc, p. 1107.

INTERROGATOIRE DU MALADE

Enfin certains malades se plaindront que le renvoi gazeux s'accompagne souvent du retour dans la bouche ou dans le pharynx de débris alimentaires ; ce phénomène n'indique le plus souvent pas autre chose qu'un peu d'atonie du cardia, mais il acquiert quelquefois une grande importance, et constitue le premier degré, le début, d'un singulier trouble dans le mécanisme de la digestion ; nous voulons parler de la rumination, du mérycisme.

Il y a fort longtemps que les auteurs se sont aperçus que lc mérycii des sujets avaient la bizarre faculté de provoquer le retour des aliments dans la bouche pour les déglutir de nouveau après une insalivation plus complète. Mais, dans les siècles passés, on croyait volontiers que cette faculté, empruntée aux ruminants, devait donner des caractères physiques particuliers à ceux qui la possédaient et Peyer' parle très sérieusement de malades mérycoles qui portaient des cornes; cette idée ne survécut pas d'ailleurs très longtemps à celui qui l'avait ainsi basée sur de simples coïncidences. On trouvera, dans un travail très soigné de MM. Bourneville et Seglas^, tous les détails désirables sur l'historique de la rumination. Nous ne pouvons le reproduire ici. ,

Le mérycisme, qui consiste en ce que, au bout d'un temps plus ou moins long après le repas , les aliments remontent à la bouche sans efforts et presque toujours sans nausées, pour être soumis à une nouvelle mastication, une nouvelle insalivation et une digestion ultérieure, reconnaît un grand nombre de facteurs étiologiques très dissemblables. Mais nous ne retiendrons que

1. Pever, Merycologia sive de ruminantibus et ruminatione commentarius, 1685.

2. Bourneville et Seolas, Arch. de neurologie, vol. VI, p. 86, 216, 376 (1882) et vol, VII, p. 101, 312 (1883).

les trois principaux: l'imitation, l'hérédité et la voracité, causes qui peuvent déterminer l'apparition de ce symptôme aussi bien chez les gens sains d'esprit que chez les idiots.

L'acte en lui-même se produit en général de la façon suivante. Le malade fait un appel d'air dans l'estomac, puis immobilise sa cavité thoracique et, au moyen d'une contraction presque imperceptible des grands droits que complète un mouvement antipéristaltique très net de l'estomac, ramène vers les voies supérieures une partie du bol alimentaire. Ce retour des aliments dans la bouche a lieu plus ou moins rapidement après le repas ; il est précédé de toute une série de symptômes, éructation, hoquet, ballonnement, sensation de pesanteur épigastrique, qui vont en s'accentuant jusqu'au moment où la rumination commence, et qui deviennent insupportables si, pour une raison quelconque, le malade a pu ou a dû empêcher le reflux des aliments.

La deuxième mastication, qui porte sur des aliments d'autant moins divisés que ces malades sont volontiers voraces et mastiquent très mal la première fois, est très souvent accompagnée de sensations agréables; elle dure d'autant plus longtemps que les aliments ainsi ruminés sont plus au goût du sujet; s'il arrive que ces aliments contiennent quelque particule indigeste, graisse, tendons, etc., le mérycole les rejette; d'aucuns ne ruminent que les solides; d'autres seulement les liquides; quelques-uns enfin opèrent une véritable sélection et ne laissent remonter que certains aliments plus agréables que les autres.

Un certain nombre d'auteurs, AltS Boas^ entre autres, ont cherché à se rendre compte des altérations peptiques

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