EiNiioRM, N.-Y. med. Wochenschrift, nov
frances qu'ils imposent aux malades. Nous n'en avons donc parlé qu'à titre de curiosité. Einhorn emploie une sonde de Nélaton de fort calibre, terminée à son extrémité inférieure par une olive en cristal qui contient une petite lampe à incandescence. Les fils sont contenus dans la sonde. Cet instrument s'introduit comme une sonde ordinaire. Il faut avoir soin préalablement de faire boire le malade. Mikulicz [Wien. med. Wochenschrifl, n° 41, 1883) a exploré au moyen du gastroscope une série de carcinomes de l'estomac. Chez l'homme sain, le pylore a l'aspect d'une ouverture, soit ovale, soit arrondie avec une muqueuse plissée et rouge. On voit, du reste, cet aspect varier à chaque instant à cause des contractions musculaires. Dans le cancer, les plis manquent plus ou moins complètement, la paroi semble lisse et la muqueuse est, soit pâle et anémique, soit foncée et cyanosée.
Nous ne nous arrêterons d'ailleurs pas davantage sur ces procédés et nous en arrivons à l'étude de l'emploi de la sonde. Celle-ci, par la multiplicité de ses applications, a singulièrement modifié, dans le cours de ces dix dernières années, nos connaissances sur les maladies de l'estomac,^ de même que le laryngoscope a changé les conditions de l'étude et du traitement des affections du larynx. Sondage. Cependant l'idée d'introduire dans l'estomac un instrument destiné, soit à nettoyer sa cavité, soit à y mettre des aliments, soit à étudier son fonctionnement, n'est pas nouvelle. Nous avons donné ailleurs * un historique détaillé du sondage et nous croyons inutile de le reproduire ici; qu'il nous suffise de rappeler que, d'abord rigide et munie d'une pompe qui aspirait le contenu gastrique, la sonde n'est guère entrée dans le domaine clinique qu'après les
1. Debove et RÉMOND (de Metz), Lavage de l'estomac. Collection Charcot- Dcbove, Ruciï', éditeur, 1892.
EXPLORATION DE L'ESTOMAC
travaux de Kûssmaul». Depuis, Faucher^ a imaginé et introduit dans la pratique la sonde molle que Ton amorce et qui fonctionne comme un siphon et nous-même (Debove)' avons fait établir par M. Galante un modèle de sonde gastrique, semi-rigide, dont nous nous sommes servi exclusivement pour tous les usages auxquels cet instrument peut s'appliquer. Suffisamment résistante pour permettre au médecin de vaincre la contraction du pharynx, et suffisamment souple pour rendre tout traumatisme impossible, elle se compose essentiellement d'une partie œsophagienne, lisse, mesurant 50 centimètres de longueur, et reliée à la partie qui doit rester au dehors par une virole métallique qui constitue en même temps un point de repère. L'extrémité gastrique de cette sonde présente deux orifices : l'un, plus petit, placé dans l'axe, l'autre latéral, long d'un centimètre sur 4 à 5 millimètres de largeur. Son diamètre extérieur enfin varie de 10 à 14 milli-mètres (10, 12, 14 millim.) et nous pouvons dès maintenant dire qu'elle est d'autant plus aisée à manier pour le médecin, à tolérer pour le malade, que l'on a choisi un modèle d'un plus gros calibre*.
L'introduction de la sonde dans l'estomac est une opération très simple et n'offre qu'exceptionellement des difficultés qui sont ordinairement légères. C'est l'émotivité du malade, une maladresse du médecin, un incident quelconque, insignifiant mais quelquefois désagréable, qui