‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 44 sur 243 · DEnovE, Soc. méd. des hôpit., 11 août · texte numérisé non relu

DEnovE, Soc. méd. des hôpit., 11 août

4. Le calibre du tube doit être gros si l'on veut avoir toute certitude d'cviter son introduction dans le larynx, son enroulement dans l'arrièrebouche, et, d'une façon plus générale, tous les accidents. Le spasme pharyngien lui-même sera beaucoup plus insignifiant avec un tube de gros calibre. Enfin le lavage, l'introduction des substances alimentaires, etc., seront beaucoup plus rapides.

Sonde de Debove.

Technique du sondage.

viennent compliquer la technique. Celle-ci a donc besoin d'être déterminée avec quelque précision, mais nous croyons qu'en se conformant soigneusement aux indications suivantes on trouvera, comme nous, que sonder l'estomac n'est pas une manœuvre difficile.

On doit d'abord chercher à rassurer le malade; celui-ci a souvent peur de cette intervention un peu extraordinaire et il est nécessaire de montrer d'autant plus de patience et d'employer d'autant plus de persuasion, que le sujet auquel on a affaire est plus nerveux. Tout en causant avec lui et lui expliquant qu'il n'a rien à redouter, on doit le faire asseoir sur une chaise, et l'envelopper dans une alèze pour éviter plus tard de tacher ses vêtements, en même temps qu'on immobilise dans une certaine mesure les bras et les mains. Puis on se place devant lui, et on introduit dans la bouche, le plus loin possible, en la faisant glisser contre la paroi postérieure du pharynx, l'extrémité semi-rigide du tube. Celle-ci doit être mouillée; l'eau suffit en effet à en assurer le glissement et elle est préférable à tout autre corps : vaseline, glycérine, etc. ; ceux-ci provoquent une sensation désagréable qu'il est inutile d'imposer au malade.

A ce moment on ordonne "au malade d'avaler. Le mouvement de déglutition facilite singulièrement la pénétration de la sonde; celle-ci, en effet, n'a ainsi pas àvaincre la résistance spasmodique que lui oppose quelquefois la partie inférieure du pharynx. On la pousse lentement, et le malade, auquel on dit pendant ce temps de faire des efforts pour souffler, vous indique ainsi et se prouve à lui-même que sa respiration est libre et qu'il n'a pas à craindre de suffocation. Enfin, en faisant faire un ou deux mouvements de déglutition pendant le temps que l'on met à pousser la sonde jusqu'au cardia, on empêche la salive d'obstruer

EXPLORATION DE L'ESTOMAC

l'arrière-bouche et do provoquer des efforts de toux .

Le cardia détermine, au moment oii on le franchit, un léger ressaut, très facilement perceptible à la main, pour peu que l'on y prête attention. Il suffit alors de dire au malade de se pencher en avant pour faciliter sa respiration et l'écoulement de la salive hors de la bouche, puis on procède soit au lavage, soit à l'extraction du suc gastrique, soit à toute autre manœuvre pour laquelle le sondage a été entrepris.

Les accidents de cette manœuvre sont insignifiants ; si compiiccatioi.s le malade a une hyperesthésie du pharynx et de la luette par trop marquée, on l'anesthésiera avec de la cocaïne, ou par quelques doses de bromure prises les jours précédents. Si le tube était d'un calibre trop faible, on risquerait peut-être de le voir passer dans le larynx même. Mais cet organe est trop susceptible pour permettre cette fausse route dont on s'apercevrait vite, si, comme nous l'avons dit, on fait souffler le malade; le cas se serait cependant produit et M. Gouétoux ' en aurait observé un exemple, d'ailleurs sans issue fâcheuse. Dans d'autres circonstances, si le tube est trop souple, on pourrait le voir s'enrouler dans le phaiynx et des accidents de suffocation se produire lors d'une tentative de lavage faite dans de pareilles conditions. A vrai dire, ce ne sont là que des exceptions et il suffit d'être un peu attentif pour éviter tout danger. Il en est de même de la suffocation que pourraient provoquer des parcelles alimentaires vomies à côté du tube ; il suffit de faire pencher le malade en avant pour éviter cette petite complication.

Mais il existe un certain nombre de contre-indications coni.oformelles du sondage, et il est nécessaire de les connaître.

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