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CHAPITRE III

SIGiNES FOURNIS PAR L'EXAMEN DES ORGANES ET APPAREILS AUTRES QUE L'ESTOMAC

La langue. - La salive. - Les fonctions moti-ices de l'intestin. - Examen du foie. - La dyspnée et la toux d'origine gastrique. - Phénomènes cardiaques. - Palpitations, bruit de galop. Angine de poitrine. - Examen son^ff" V g'^f-V^e- Troubles nerveux.- Troubles moteurs,

.senstif, psychiques. -Rapport des affections gastriques avec les maladie générales. - Etat de la nutrition dans les maladies do l'estomac

Les maladies de l'estomac ne sont pas sans imprimer aux divers organes et appareils de l'économie des modifications plus ou moins profondes; celles-ci peuvent, dans certains cas, prendre une importance suffisante pour devenir de véritables symptômes des affections gastriques et c est à ce titre que nous devons maintenant, dans une vue d ensemble, chercher à préciser les signes auxquels, en dehors de ceux fournis par l'estomac lui-même, il faut attribuer une valeur réelle dans la constitution du diagnostic.

Tantôt 11 s agit d'un organe voisin, et nous verrons combien les altérations de l'estomac retentissent d'une façon fâcheuse sur le fonctionnement de l'intestin et des glandes annexes, ou sur les appareils qui sont en relation intime avec Im, a la ois par leur voisinage et par leur innervation commune. Plus loin, c'est aux modifications de l'ur "e

dont certains éléments semblent placés sous la dépendance des fonctions de l'estomac, que l'on a demandé des renseignements sur les troubles subis par ce fonctionnement; c'est dans la constitution du sang également que l'on a cru trouver l'indice de telle ou telle lésion gastrique. Enfin, il est certain que le système nerveux ne reste pas indifférent aux changements profonds constatés chez certains malades; mais nulle part le partage entre l'effet et la cause n'est plus difficile à préciser que quand l'on étudie les rapports de l'estomac et des centres nerveux; nous croyons impossible d'établir les limites de leurs actions réciproques, et il est nécessaire de placer cette étude avant celle des maladies générales qui provoquent secondairement des troubles digestifs. Tantôt, en effet, la nutrition se fait mal et le système nerveux en subit les conséquences; tantôt, au contraire, c'est lui qui est le point de départ des troublés digestifs. Le retentissement à distance des affections de l'estomac do la langue (^^^it déjà counu d'ancienne date, et l'adage que la langue était le miroir de l'estomac exprimait précisément l'idée de la solidarité unissant les différentes parties de l'appareil digestif. A vrai dire, les renseignements fournis par l'inspection de cette partie de la muqueuse n'ont qu'une importance relative. La langue est sale dans la gastrite aiguë et dans la gastrite chronique; c'est dire que 1 on retrouvera souvent ce signe quand il y aura dilatation ou cancer. Il manque en revanche presque toujours dans les aiïections nerveuses et souvent dans l'ulcère de l'estomac. La langue est sale chez les malades ne mangeant pas ou n'absorbant que des aliments liquides, parce qu'elle ne peut plus se nettoyer au contact des aliments solides; ceux-ci contribuent normalement à la dépouiller des couches anciennes et superficielles de son épithélium.

EXAMEN DES ORGANES

Les altérations de la salive jouent peut-être un rôle plus La saiivc. important dans le diagnostic et même dans l'étiologie des troubles digestifs. Frerichs, L'Héritier, Sticker^ ont prétendu que cette sécrétion devenait acide et contenait de l'acide lactique, lorsqu'il existait un cancer de l'estomac. D'autres, Boas, Hûbner, ont constaté tantôt une réaction acide, tantôt une réaction normale, tandis que, dans la dyspepsie nerveuse, il y a quelquefois de l'acide lactique dans la salive. Klemperer^ a vu des malades, atteints de dilatation avec stase des substances amylacées, chez lesquels la ptyaline avait diminué ou manquait. Enfin, les variations du sulfocyanure de potasse semblent seules être dans une certaine mesure en relation avec l'état du tube digestif. Ce corps augmente, en effet, dans la salive dans les cas d'alcoolisme chronique et existe en grande abondance dans les vomissements pituiteux du matin. Il diminuerait au contraire et, d'après Fenwick\ disparaîtrait même complètement dans les cas de cancer. Nous avons déjà dit que l'on en constatait facilement la présence par la coloration rouge que prend la salive qui en contient au contact de quelques gouttes de perchlorure de fer.

La constipation est une complication fréquente des ma- constipation, ladies de l'estomac; c'est une complication nécessaire de l'anorexie, ou d'un régime composé d'aliments très faciles à digérer; elle est la règle dans les gastrites chroniques et dans les cas où il existe au pylore un obstacle au cours des matières. La constipation est entrecoupée par des accès de diarrhée, dans un certain nombre de cas, comme la gastrite aiguë, le catarrhe acide, etc. Il ne faut d'ailleurs jamais négliger d'interroger un malade à ce point

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