‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 91 sur 243 · SouPAULT, Th. de Paris · texte numérisé non relu

SouPAULT, Th. de Paris

dyspepsie, il faut qu'il n'y ait pas de .lésion anatomique de l'estomac. Seuls les troubles fonctionnels appartiennent à ce groupe. La terminaison de la dyspepsie pourra être, comme nous allons le voir, une affection organique ou le retour rtû? intecjrum^ ses formes pourront être multiples, mais nous ne croyons pas possible, dans la grande majorité des cas, d'en faire autre chose que le symptôme d'un état pathologique dont le siège primitif est en dehors de l'estomac.

Nous considérons donc la dyspepsie comme un syndrome Définition, constitué surtout par l'élément douleur, qui coexiste tantôt avec un fonctionnement normal de l'estomac, tantôt avec les modifications les plus diverses de ses fonctions motrices ou chimiques; la dyspepsie placée sous la dépendance d'une altération, primitive ou secondaire, du système nerveux, est caractérisée par l'absence de lésion gastrique quoiqu'elle puisse à la longue amener une altération organique de Festomac.

L'étiologie de la dyspepsie nous montre, en effet, com- Étioiosio. bien les relations de l'estomac et celles des centres nerveux sont intimes. 11 n'est peut-être pas un seul des agents provocateurs de l'hystérie qui ne puisse être considéré comme une cause de souffrances gastriques; et quand on interroge un malade, quand on l'examine avec soin, c'est presque toujours l'une de ces causes que l'on rencontre derrière les prétextes mis en avant par lui pour expliquer ses malaises. Il est, en effet, quelquefois nécessaire de préciser les questions et de ne pas s'en tenir aux simples renseignements que le malade fournit de lui-même. Il se plaindra d'une alimentation ou d'une hygiène défectueuses, mais on verra, si on le lui demande, que les phénomènes dyspeptiques ont paru après un travail intellectuel prolongé et des efforts consi-

dérables, ou bien après un chagrin, après les ennuis de toute nature inhérents à la lutte pour l'existence. Sur cinq cas d'hyperchlorhydrie recueillis au hasard de la clinique, M. Mathieu' a trouvé deux malades ayant eu des chagrins de famille, deux ayant fait des pertes d'argent sérieuses, un enfin qui, poursuivi au 2 décembre, n'avait échappé qu'avec peine à la police de l'Empire ; depuis ce moment il était dyspeptique.

La neurasthénie, avec ses principaux symptômes, est une cause fréquente de soufirances de l'estomac. Quelquefois les préoccupations du malade ne provoquent ces souffrances que s'il mange tel ou tel aliment dont le rôle pathogène est simplement le résultat d'une auto-suggestion.

Dans d'autres cas le malade ne peut absorber qu'un nombre et une quantité d'aliments tout à fait limités; puis, un beau jour, une distraction, un plaisir lui font oublier les règles de prudence qu'il s'était imposées; il est alors tout étonné d'avoir facilement digéré un repas qui, dans des circonstances ordinaires, eût été pour lui une cause de douleurs atroces.

Toutes les causes qui contribuent à déséquilibrer le système nerveux ^ le surmenage physique et intellectuel, l'abus du café et des excitants, les excès sexuels, les émotions, quelle que soit leur nature, mais surtout les émotions pénibles, les maladies chroniques et surtout les affections génitales, les maladies utérines, sont les causes de dyspepsies les plus fréquentes. L'hystérie, la maladie de Basedow , l'ataxie locomotrice , la plupart des affections, systématisées ou non, du système nerveux

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