‹ Traité des maladies de l'estomac et de l'intestinChapitre 11 sur 184 · TENSION ABDOMINALE · texte numérisé non relu

TENSION ABDOMINALE

Position. — Le malade doit être étendu dans le décubitus dorsal, dans le relâchement musculaire le plus complet possible. La tête sera légèrement soulevée, les jambes demi-fléchies, les talons joints, les genoux tombant en dehors. Le malade respirera doucement, la bouche ouverte, naturellement, il s'efforcera de ne pas raidir ses muscles abdominaux au moment où on fera la palpation.

Iiispeciion, — La simple inspection fournit déjà souvent des renseignements intéressants : elle permet d'apprécier le volume du ventre, son obésité, sa maigreur, sa distension tympanique, etc. Elle montre quelquefois des déformations dues à Texislence de tumeurs, de la dilatation de Testomac, etc.

La présence d'un panicule graisseux considérable, surtout chez la femme, masque souvent Tétat réel des parois abdominales, de telle sorte que la palpat;on doit assez souvent corriger les erreurs d'appréciation résultant de la simple inspection.

Palpation. — La palpation (T ensemble de l'abdomen permet surtout de reconnaître l'état de la tension abdominale.

La diminution de la tension est surtout intéressante. Elle se traduit à la main par la dépressibilité facile et môme la flaccidité des parois musculo-aponévrotiques, à la vue, assez souvent par une conformation particulière de l'abdomen.

Chez les femmes, le ventre prend souvent la disposition que j'appelle le ventre en dôme. 11 existe une certaine dépression au creux épigastrique, mais au-dessous, un soulèvement en dôme qui s'accentue lorsqu'on excite la peau par une série de secousses ou encore lorsque la malade fait un effort.

Avec un relâchement plus considérable encore, c'est l'aspect du ventre à triple saillie décrit j)ar ]Malgaigne. Les grands droits conservés font une saillie médiane, parallèle à la ligne blanche, et, de chaque côté, la paroi abdominale pend à la façon de deux besaces à moitié vides. La triple saillie s'exagère encore lorsque la malade fait un effort pour s'asseoir.

Parfois, dans ce mouvement, on voit se produire une véritable éventration entre les muscles grands droits qui sont écartés l'un de l'autre de 4 ou 5 centimètres, de telle façon qu'on peut facilement introduire la main dans l'espace qui les s(!'pare.

Parfois la diminution de la tension abdominale donne au ventre dans la station debout une confornjation bien particulière qui n'est que l'exagération du ventre en dôme. Le creux épigastrique est déprimé, mais il se fait une saiUie assez marquée de l'abdomen au-dessous de l'ombilic; il se produit ainsi un bedon sous-ombilical, bien caractéristique.

Cette disposition, de même que le ventre en d6me est due au relâchement des parois abdominales, et à l'allongement du mésentèn», qui permettent la ptôse du paquet intestnial.

Le resserrement dû à l'usage du corset, qui amène souvent une déformation du thorax au niveau de la ceinture, fait que l'estomac, en s'allongeant, peut, par sa petite lubérosilé, contribuer à la saillie de l'abdomen au-dessous de l'ombilic.

Xous verrons à propos de Thistoire des ptôses viscérahvs, quel rôle important on a été amené à fair'e jouer à la diminution de la tension abdominale dans la genèse de certains accidents de dysj)epsie et de neurasthénie.

EXAMEN EXTÉRIEUR (iÉNÉRAL DE I/ABDOMEN 51

Palpation du gros intestin, — Nous conseillons de eomnieneor la pîilpalion de Tabdomen par Texamen du gros intestin. On se placera à droite du malade, et on commencera l'exploration par la région caecale. Les deux mains sont placées, les extrémités des doigts réunies sur la même ligne, au delà du point qu'occupe vraisemblablement le bord interne du ca»cum. Les doigts sont ramenés d'un seul mouvement vei's l'épine iliaque, en déprimant la paroi abdominale avec une pression modérée, en faisant glisser la peau sur la paroi musculaire sous-jacente.

On peut avoir alors dans certains cas la sensation d'un corps arrondi qui s'échappe sous les doigts et dont la saillie se perçoit au moment de cet échappement. Tanlôt, la sensation est celle d'une corde^ tantôt celle d'un cylindre plus gros, d'un boudin. Dans ce dernier cas, le caecum est engorgé par des matières fécales.

Dans le premier cas, la sensation de la corde, que nous a fait connaître Frantz Glénard, correspond à la vacuité et assez souvent à la contracture du cùlon, dont les parois musculaires sont resserrées sur elles-mêmes. La sensation de la corde, ne se constate pas seulement au niveau du caecum, elle [)eut être perçue aussi le long du côlon ascendant, du côlon transverse et du côlon descendant. Il est rare qu'on la perçoive simultanément sur ces trois segments. Le plus souvent, on la" rencontre sur le côlon ascendant ou sur le côlon descendant, plus rar'ement sur le côlon transverse.

La manœuvre pour découvrir la corde, bien indiquée par Fr. Glénard est partout la même : elle consiste, comme nous l'avons indiqué, ù faire glisser l'extrémité des deux mains, les doigts sur la même ligne, par-dessus le côlon, perpendiculairement à sa direction.

La corde colique transverse, il est bon de le noter, ne se trouve que par un mouvement de glissement des doigts de haut en bas, et non, par un mouvement de bas en haut.

La corde colique est, nous l'avons dit, constituée par la rétraction ou la contracture spasmodique du côlon vide ou resserré sur des matières fécales dures. Parfois des scybales arrondies sont disposées en chapelet sur son trajet. Cet état de resserrement a été constaté souvent sur le cadavre, et a été vu par Roux, de Lausanne, sur des malades au cours d'une laparotomie.

Nous dirons plus loin quel intérêt présente la notion de la contracture du côlon pour le traitement de certaines modalités cliniques de la constipation et de la colite muco-membraneusc.

Insufflation. — Lti palpation et la percussion combinées peuvent faire reconnaître l'existence d'une dilatation du caecum ou des autres segments du gros intestin. Pour rendre celte exploration plus facile,

B2 TRAITE IIES MALADIES UK L'ESTOMAC ET IIE LE.XTESTIN

on il pmti(|U(' quelquefois l'insufllfition du côlon par l'nnuii à l'aidf du procédé usilé pour l'eslomac.

Celte insufllatioii alternant nvec rinsufllntioii de' l'estomac a pu quelquefois permettre de déterminer plus exactement les limilc:i de ces deux oignes et de reconnaître si une tumeur dépendait de l'estomac ou du côlon.

On peut encore parfoi») percevoir dans la cavité du cùlon des hruil» de clapotage dont la localisation, très simple lorsqu'il s'agit du ca'cuni, est quelquefois pins diKicîle lorsqu'il s'agît du colon tmiisverso, immédiatement accolé j\ la grande courbure de l'estomac. Le

- Recliorelie du

timl)a' (les bi-uits qui se [>n)duisent dans le côlon est ordinairement assez dîfTérent du timbre des bruits qui se font dans l'estomac pour que la distinction soit assez aisée. 11 peut n'en pas <^ti-c de même en présence d'une dilatation considéralde dn côlon.

Hecherr/iff du rein mohi//'. — La [itose du i-eiti est tivs fivquenle chez les femmes dys|iepti(|ues ; le jdus souvent il s'nfifit du i-ein droit. Deux jirocédés d'exploration .sont surtout usités pour la rechercbe du rein mobile. L'un est le procédé de Glénanl, l'autri- le procédé de (îuyon.

Voici en quoi consiste le premier. La niaùi j^aucbe es! enfoncée sous la région lombaire dniife entre h\ douzième côlc cl la erùte iliaque; le ponce est ramené en avant de favon i\ saisir le liane à pleine main comme si on voulait pincer entre le |Mmce et les deux premiei's doigts le rein descen<lu. La main droite est a|)pliqut'c sur la

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