‹ Traité des maladies de l'estomac et de l'intestinChapitre 138 sur 184 · II. — Ulcérations consécutives a des processus infectieux · texte numérisé non relu

II. — Ulcérations consécutives a des processus infectieux

l*' Ulcérations intestinales au cours des entérites infectieuses aif/uës. — Nous avons déjù décrit en détail ces diverses variétés d'uJcémtions à propos des entérites : nous ne ferons que rappeler ici les variétés et les caractères principaux de ces lésions. Dans les entérites infectieuses, les ulcérations sont relativement rares; dans la grande majorité des cas, on n'observe* qu'un catarrhe desquamatif aigu plus ou moins étendu sur l'intestin grêle ouïe gros intestin.

Les ulcérations revêtent deux types différents suivant qu'elles se développent ou non aux dépens des follicules clos. En dehors des follicules, elles résultent d'une nécrose plus ou moins étendue des tissus superficiels causée sans doute» par les produits toxiques contenus dans la cavité de rinl(\stin. L'escarre ainsi formée s'élimine et laisse une ulcéi-ation superficielle, irrégulière, à bords surélevés. A l'œil nu, on observe des détritus tapissant le fond de l'ulcération. Au microscope, on trouve dans la profondeur et sur les bords une infiltration de petites cellules rondes, une» dilatation cejnsidérable eie\s petits vaisseaux sanguins. La bannère épithéhale étant tombée, il n'est pas rare non plus de cemstater à ce niveau une invasie)n des tissus pre)fonds par les bactériens de l'intestin.

Les ule*ératie)ns qui se forment aux dépens des follicule^s clos ont un tout autre aspect; on les observe sur l'intestin grêle, mais surte)ut sur le gre)s intestin ; elles succèdent à la suppuration localisée d'un follicule. Au micre)scopc, on suit bien les stades de transition qui conduisent ele l'infiltratieMi huiphatique jusqu'«\ l'ulcération ; on voit

1. On trouvera dans un chapitre antérieur une description plus complète de l'ulcère simple du duodi3num. Voir p. 6U.

8b2 TRAITÉ DES MALADIES DE L ESTOMAC ET DE L'INTESTIN

le follicule de plus en plus volumineux faire hernie ù la surface de la muqueuse ; son extrémité saillante finit par rompre la couche épîthéliale, alors le follicule clos se vide et déverse son contenu dans rintérieur même de Tintestin; il en résulte une ulcération profonde avec un orifice étroit, et, dans la profondeur, une base élargie en cul de bouteille. Plus tard, Torifice augmente de dimension et Tulcération devient cratériforme. Elle peut même empiéter peu à peu sur le tissu péri-folliculaire et alors il est difficile de reconnaître Torigine des lésions.

Ajoutons que souvent les deux variétés d'ulcérations coïncident sur le même intestin.

Quant aux ulcérations de l'appendice vermiculaire, au cours de Vappendicite, elles sont décrites dans le chapitre de ce volume consacn» à cette question.

2"" Ulcérations au cours des maladies infectieuses aiguës, — 11 convient de diviser en deux catégories distinctes ces variétés d'ulcérations intestinales.

Dans la première variété qui comprend la fièvre typhoïde el la dysenterie^ la lésion de Tintestin constitue le caractère anatomique constant et pour ainsi dire spécifique de la maladie ; mais il n'en est pas de même dans les autres maladies infectieuses. L'ulcération Ao l'intestin ne représente qu'une complication assez rare et relevant probablement, comme nous le verrons, d'un mécanisme tout différent. Nous n'avons pas d'ailleurs l'intention de décrire ici en détail les diverses ulcérations.

Nous rappellerons seulement que la fièvre typhoïde s'accompagne toujours de lésions des follicules clos et des plaques de Peyer. D'abord tuméfiés, ces organes lymphatiques commencent à s'ulcérer h partir du dixième jour de la maladie environ. Ainsi se forment les ulcérations allongées, situées le long du bord libre de l'intestin, nombreuses sui'tout €^ la partie terminale de l'iléon, et qui constituent la lésion spécifique de la fièvre dothiénentéiique.

La dysenterie se traduit surtout par les lésions du gros intestin : dans hx forme ulcéreuse^ des ulcérations petites, nombreuses, plus ou moins confluentes, mais peu profondes, puisqu elles ne dépassent pas en général la couche cellulcuse, peuvent atteindre toute la surface muqueuse du gros intestin. Dans la forme gangreneuse^ les ulcérations succèdent à des escarres souvent de dimensions considérables, creusant rapidement en profondeur et pouvant amener une perforation de l'intestin.

Dans un travail récent et très consciencieux, Gandy a relevé toutes les observations d'ulcérations intestinales au cours des infections :

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