‹ Traité des maladies de l'estomac et de l'intestinChapitre 144 sur 184 · I. — Nature et mécanisme de i/occlusion intestinale · texte numérisé non relu

I. — Nature et mécanisme de i/occlusion intestinale

Les accidents de Tocclusion intestinale peuvent se prxiduire ave<* on sans obstacle mécanique t\ la progression des matières.

On peut dresser des causes de l'occlusion vraie le tatileau suivant :

1"* Occlusion intestinale par lésion congénitale oit par vice de développement ;

2* Compression de Vintestin :

a) Compression étroite. — Hernies internes, étranj^Ieinent par brides, diverticules ;

b) Compression large. — Par des tumeurs diverses ou de laii>e> adhérences.

3*" Vices de position de l'inlestin. — Occlusion par volvulus, t<irsions, coudures de Tintestin ; 4' Obstruction de l'intestin :

a) Par di\s éléments qui ne sont pas en continuité avec Tintestin lui-même : calculs biliaires, calculs intestinaux, corps étrangrr>. masses fécales;

b) Par (les éléments en continuité avec Tintestin lui-même : né«>plasmes. polypes;

c) ParTinteslin lui-même : invaj^inalion intestinale; 5" Rétrécissements :

a) Hétrécissemcnl simple;

b) Rétrécissement cancéreux.

OCCLL'SION INTESTINALE 863

1° Occlusion intestinale par lésion congénitale.

La cause de beaucoup la plus fréquente de rocclusion intestinale par lésion congénitale est Vagénésie ou Y imperf ovation de Tanus. Lors(jue Tanus est imperforé, il se termine par un cul-de-sac dirigé (^n haut tandis que le colon se termine par un cul-de-sac dirigé en bas ; qu(*lquefois il nV a qu'une simple membrane entre les deux, d'autres fois, le rectum ne s\^st pas dévelo[)pé et le colon descendant se termine en cul-de-sac à la hauteur du promontoire. Dans 40 p. 100 des cas, d'après la statistique de Leichtenstern, il y avait en même temps une communication anormale du rectum avec une des cavités voisines : vessie, vagin, urèthre. D'après le relevé de plusieurs statistiques, l'imperforation de l'anus ne se servait rencontrée que 3 fois sur plus de ()6 000 naissajices.

L'alrésie congénitale du côlon et de l'intestin grêle serait plus rare encore ; sur 373 cas d'atrésie congénitale, 10 portaient sur le colon et 74 sur l'intestin grêle (Leichtenstern).

Le rétrécissement congénital du colon porte le plus souvent sur rS iliaque ; il est ordinairement attnbuable à une poussée de péritonite ftetale. Le rétrécissement de l'intestin grêle se montre de préférence au niveau du duodénum, f)lus rarement sur Filéon.

Le rétrrcissement congénital du duodénum se produit au niveau de remlx)uchure du canal cholédoque ou à la limite du duodénum et du jéjunum. Il se forme souvent dans ces points une valvule qui paraît être une vahule de Kerckrings anormalement développée.

Le plus souvent, le ivtrécissement congénital de l'iléon s'obser\ e au niveau de l'orifice iléo-cjecal, ou un peu plus haut à l'insertion du canal omphalo-mésentérique.

La péritonite fœtale peut être la cause d'une série de rétrécissements irrégulièrement situés sur l'intestin ; quelquefois ces rétrécisments sont multi[)les sur le même sujet.

2^ Compression de r intestin.

a) Compression étroite, — L'occlusion est due quelquefois à l'étranglement de l'intestin par le bord d'un orifice naturel ou artificiel, par une bride étroite, par l'appendice caecal ou un diverticule de l'intestin, le diverticule de Xeckcl, en [)nrticulier.

Hernies internes. — De véritables hernies peuvent se faire à Tinlérieur de Tabdomen ptu* suite de la pénétration d'une anse intcstuiale dans un orifice naturel ou accidentel. Ces hernies peuvent s'étrangler de la même fa<,'on que les hernies externes au niveau des orifices de hx paroi abdominale. Voici les principalçs :

La hernie rétropéritonéale de Treitz ou hernie duodéno-jéjunale se produit au-dessous du repli que forme le méso-colon transverse en

passant au-dessus de la veine mésentérique supérieure, c'cst-6-(iire au niveau du point où le duodénum pénètre dans le mésonlère. Ode hentie peut être très volumineuse et décoller l'épiploon transverse sur une notable partie de son étendue.

Les hernies péricrcales se produisent au voisinage du Circum, en refoulant le péritoine au niveau des fossettes de la rtf^ion. Il peut s'en produire de la même façon au voisinage de l'S iliaque.

L'intestin peut s'engager dans I7>iafiis de H'inslow, ou encore dans des orifices anormaux du grand épiploon.

Les hernies diaphragmatigues sont assez difrérentes les unes des autres. Le diaphragme peut manquer partiellement en vertu d'un arrêt de développement et les viscères abdominau.\ se trouver ainsi directement en contact avec les vi.scères întra-lhoraciques par une \érîtal)Ic ectopie : c'est la fausse hernie diaphragmalitjue.

La hernie vraie, beaucoup plus rare, possC-de un sac ; elle se fait ti travers des dépressions ou des orifices normaux du diaphragme plus ou moins distendus. Le plus souvent, il y a déplacemonl de plusieurs oi^anes : estomac, colon transverse, épiploon, instcstin grêle, foio. pancréas.

Jonnesco a rassemblé lit observations d'étranglement nigu, par hernie interne, elles .se décomposaient ainsi : 8 hernies jé^uninduodénales, 7 pérîca'cnles, 1 intcrsigmoïde, 3 par l'hiatus de Win.-ilow . II n'a pu trouver dons la science que 3 exemples d'étranglement chronique : 2 hernies duodénales, 1 hernie dans l'hiatus de Winsiow.

Étranglement par brides. — C'est une <les causes les [)his fréipicntes de l'occhision intestinale ; l'étranglement est assez souvent causé par une mince membrane duc i\ riiiflamiiiation péiitonéale. Ces membranes pcuvenl former des arcades au-dessous des(|uelles l'inleslin >•■ hernie, ou des cordons allongi^s t|ui [M'iivcnl entouix?r le pédicule d'une ans»' intestinale el IVti-aiiglcr, soit on se resseriwit, soil en fonnant un nœud. Les brides péritonéales peuvent repn'-scntiT encore l'axe rigide autour duquel se tord une anse de l'intestin.

Fift. iiL — Eiranulu- C'est dans le pt^lit Imssin que ces brides domieiit Sinak7HiA"io ''*■" '•' I''"*" •■*"'"('''l ^ ^^^ accidents d'étnuiglemciil brille êiiiiiio. intestinal, non seulement ft cause de la fii?queiii-tf

des inllammations péritonéales dans celto K'gi^mi, mais aussi A cau>e de l'élroitcsse de la cavité et de la rigidité do >es paniis sur li's(|uelles les fauss<'s membranes prennent un (wini d'implantation solide.

Étranglement par des diverticnles de Cintestin. — Le diverticulc fie Meekel, vestige du canal vîtellîii s'implante aux environs de la valvule iléo-cjrcale, en général sur la face convexe de l'intestin; on le trouverait 1 fois sur 50 autopsies d'apr{?s Augier, Sa longueur varie <(p 2 à IGccntiniètres, il se termine par une extrémité arrondie ou plus <m moins rendée, habituellement libre et flottante. Le diverticule peut devenir une cause d'étranglement intestinal soit en s'enroulant autour du pédicule d'une anse, soit en fie fixant à distance par des adhérences péritonéales. Le nœud formé par- le diverticule peul-fttre à anse ximple ou double; on a fait jouer un njleft l'ampoule par laquelle le diverticule se termine souvent : son renflement emptic lierait le nœud de se défaire.

L'appendice vcrmiforme du ca-eum j)eul ((uelquefois se comporter de la même façttn et devenir une cause d'étranglement.

1») Compression large. — Elle succède à l'aplatissement produit sur l'intestin par des tumeurs volumineuses de nature tK's variée; d'origine utérine, ovarique, mésenlérique, liiliaire, pancréatique, ou par un organe hypertrophié comme l'utéi-us, la rate et le rein, La grassesse extra-utérine a été plusieurs fois la Fir. 32. — Etranglement cause de l'occlusion intestinale. *' ""* """." '"'fsuniile l'ar

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