‹ Traité des maladies de l'estomac et de l'intestinChapitre 145 sur 184 · ilivei'licule fie Muckul · texte numérisé non relu

ilivei'licule fie Muckul

Ces compi-essions par tumeurs se produi- (d'après Loichtenstem). sent avec une facilité plus griinde dans le hasstn : il en résulte que le i-ectum est la partie la plus exjHwée à ce genre d'occlusion.

Au point de vue de leur évolution, on peut distinguer les causes de compression en deux grandes eatégoi-ies suivant ((u'elles agissent rapidementou lentement.

3° Vices de position de Cinlestin. — Sous cette rubrique, nous comprenons les causes d'occlusion par volvuliis, torsion ou coudure de l'intestin.

Le eolvtilus est constitué par une loi'sion de l'intestin autour d'un axe résistant formé par le mésentère ou le méso-cAIon. La longueur cxagéré'e et la laxité du mésentère sont une condition anatoniique (|ui favorise beaucoup la production du volvulus.

L'S iliaque est particulièrement pi-édisposée A cet ordre d'accident. En effet, elle s'emplit souvent de m;itiêres fécales sous l'influence de la constipation et son mésentère s'allonge. L'anse toute entière peut alors tomber en avant en toi-dant son pédicule mésentérique, ou en se reti-

860 THAIII> W.S «ALADIES DE L'ESTOMAC ET DE L'INTESTIN versant complètement . Il en résulte mie coudure au niveou des deux extpt^mitOs de VS. Le volvulus de l'S iliaque, d'après TKnea rcpréseiiteifiit l.'. quaranlif'nio de tous les cas d'occlusion intestinale. L'iléf»jéjunum pourrait se lordre Se la même fa(,-on dans son entier lorsquile m^-scntèi-e est 1res long et que ses deux extrémités s'insèrent presque perpendiculairement à la colonne vei-tébralc.

Torsion de tintesiin autour de son axe. — A la torsion d.- l'inli'siin iuiloiir de son mésentère, on oppose la toi-sion de l'inli'slm nuttmiili- son iix''. Comiiif le fait remarquer Leiehlenstem, c'est eii ivalilé Tiiir .■.iikIhi'i- IiiliTiilr produite pur le déplacement de l'iiiteslin; elli- -.■nljs.iv.' lo iA\i^ >niivenl sur le ca^um et le colon ascendant. 1>- .iicoiii jii.iJiMt d'un (iicso trop long se i-ctourne en quelque sorle on s*> loidniiL sur hii-mî'im- de façon telle que sa face antérieure devient |>o.stérieiire. Di-s adlii-iviices ou même la simple pression produite par Kniésciilriv d'aulros mises intestinales, le maintiennent dans celte aitmi-

Ciniihirv^. — Lu llexion de l'intestin foniianl un angle jilus i»ii iMuius ni^M oimrl ihi cûté du mésentère est une cause d'iH-clusîoii diiiisciiliiiiis riis ïniiHont lorsque l'intestin se trouve ainsi fixé prune

iull.éirn.T périlonrMr.

NœiitU dv l"u,u-^ùii. — Ils se produisent le plus souvent par 1» t,i[si„ii .1 IViiniul.rn.'iit de l'S iliaque autour d'une anse de rinlcstin uri'.k- pris,' .oniiiic ..ve. C'était le mécanisme de l'occlusion pur nouuit- T2 lois suf les 21 li.s relevés par Leichtenstem. L'anse de l'S ilinqmiJi!"-!! [iiiiil [.(■(li.iilée s'insinue d'aboi-d en arrièi-c du pcdirulc d'un.- ;iiiM> <li- linli-^liii '■Ti'lc, w trouve relevée au devant de cei»édicule jHMir

,.,.|,„ii[„,,. ,, „■, "(Iririèi-e lui. Un schéma fera mieu.x compi-endrt- 1.-

iiiéciiiiisiin-' ilr ri- ilt'|>lacemcnt.

Cet accidenl qui donne lieu à une ocdûsion intestinale ft début l)rusque et à évolution suraipuO n'u été observée que chez l'homme, jamais chez la femme.

Plus rarement des iiouures semhlables se produisent sur l'intestin g;réle. Harcmeiit aussi le eûlon muni

d'un lon(f méso s'enroule autour du i>é<ncule d'une anse de l'intestiii grêle.

Les mouvements [léiistalliques exagérés facililent la production de ces nouui-es et de ces torsions, aussi les a-t-on vues souvent ètre*pn'>cédées par des poussées de diarrhée avec coliques intenses.

L'étranglement du pédicule des anses intestinales tordues ou enroulées l'une autour de l'aulre amène la compression des veines, la stase sanguine, et quelquefois même la gangrène au delà du siège de la compression.

4° Obstruction inleslinaie. — L'obstruction intestinale se trouve réalisée par l'uccumulation dans la lumière de l'intestin de corps qu'il est incapable de faii-e pivgresser et d'évacuer.

L'obstruction tle l'intestin peut être produite :

a) Par des éléments qui ne sont pas en continuité avec rintcslin ;

b) Par des éléments en continuité avec l'intestin;

c) Par l'intestin lui-même (invagination).

a) Obstruction par des éléments qui ne sont pas en continuité avec l'intestin. — Les substances de cet ordre qui peuvent obstruer l'intestin sont les calculs biliaires, les calculs intestinaux, les matières fécales et des corps étrangers très variés. Lo passage des calculs biliaires dans l'intestin peut devenir la cause d'accidents d'obstruction intestinale, lorsqu'ils sont volumineux et surtout lorsqu'il existe déjà

quelque lésion qui diminue la lumière de Tinlestin ou un afTaiblissemeni de ses mouvements péristal tiques.

Les calculs biliaires notablement plus volumineux que ceux qu'on observe communément peuvent s'être produits et avoir cheminé dans des voies biliaires fortement dilatées, ou encore être parvenus directement de la vésicule dans le duodénum ou le côlon par une fistule.

Ils s'arrêtent le plus souvent dans le duodénum ou dans la partit» inférieure de Tiléon.

Us peuvent quelquefois donner lieu à des accidents d'occlusion intestinale incomplets ou passagers; ils peuvent aussi amener la mort : Leichtenstern en a relevé 32 observations.

Les calculs biliaires peuvent au point où ils s'airètent amener la production d'une dépression qui constitue quelquefois une sorte dv diverticule artificiel de l'intestin. Us peuvent alors se revêtir d'une couche crétacée formée par des sels dont l'origine est exactement celle que nous avons attribuée à la lithiase intestinale : phosphate et carbonate de chaux, phosphate ammoniaco-magnésien. Au-dessous d'une couche d^encroûtement périphérique, on retrouve la structure c?l la composition habituelle des calculs biliaires.

Les accidents d'obstruction dus à la pénétration d'un calcul biliain^ dans l'intestin se trouvent, on le comprend, intimement liés h ceux Ac la lithiase biliaire; l'occlusion succède à plus ou moins bref délai à la colique hépatique quia marqué le cheminement du calcul des voies biliaires dans l'intestin.

Calculs- intestinaux, — Nous avons étudié la lithiase intt\stinale tians un chapitre antérieur; nous nous contenterons de dire ici qu'un calcul volumineux ou qu'une accumulation de calculs plus petits pourront amener l'obstruction de l'intestin.

Matières fécales. — L'accumulation des matières dans le griis intestin peut être la cause de véritables phénomènes d'obstruction, La stase des matières fécales dans le gros intestin est fréquente, elle existe en somme toutes les fois qu'il y a constipation. Le nombre di»s cas dans lesquels des manifestations d'obstruction intestinale se pit)duisent est rare l'elativement au nombre considérable des constipés. Les vieillards y sont particulièrement prédisposées.

L'accumulation des matières fécales se fait de préférence dans le cîecum, rS iUaque et le rectum. Elle peut donner lieu à la tumeur sirrcorale que nous avons décrite déjà à propos de la constipation, tumeur quelquefois très considérable, dure ou molle, quelquefois rendue douloureuse par l'inflammation de la partie du gi^os inlesliu qui en est le siège.

L'obstruction intestinale chez ces grands constipés ne se fait |kis on

général brusquement, elle se produit lentement par une aggravation progressive des accidents dus à la constipation : inappétence, flatulence, distension gazeuse de Tabdomen, état nauséeux, vomituritions. Le malade accuse des coliques souvent très pénibles. Les vomissements surviennent assez tardivement; tout d'abord alimentaires ils peuvent même devenir bilieux et môme fécaloïdes. L'émission des gaz se trouve supprimée. L'ensemble symptomatique de l'occlusion intestinale se trouve ainsi réalisé. Cependant la guérison-pei^t se produire sous Tinfluence d'une débâcle spontanée ou provoquée. Il n'est pas rare que des crises d'obstruction se présentent ainsi à des intervalles plus ou moins éloignés.

L'occlusion peut résulter de l'obstruction fécale du gros intestin sans sténose préalable, favorisée peut-être par la paralysie de l'intestin susjacent ; mais elle peut aussi venir compliquer un rétrécissement antérieur. Le début est alors plus souvent aigu que lorsqu'il n'existe pas de lésion antérieure de l'intestin.

L'examen du ventre, le toucher rectal ou le toucher vaginal peuvent faire reconnaître l'existence d'une tumeur stercorale du cœcum, de l'S iliaque ou du rectum. Lorsqu'il existe une tumeur stercorale considérable du caecum ou de l'S iliaque, on peut, si le météorisme n'est pas trop marqué, en reconnaître la saillie et constater de la matité à ce niveau.

Corps étrangers. — Beaucoup de corps étrangers peuvent parcourir tout le tube dige^stif et être rejetés par l'anus sans avoir causé d'accident d'occlusion intestinale. Toutefois leur nature, leur nombre, les rugosités ou les aspérités de leur surface, les lésions préalables de l'intestin ou les viciations de sa motricité peuvent faire que ces corps étrangers obstruent complètement la lumière de l'intestin et qu'il se produise ainsi des accidents de véritable occlusion.

On a pu retrouver dans l'intestin, comme dans l'estomac, les objets les plus variés et quelquefois les plus singuliers : billes de verre ou de marbre, petits cailloux, morceaux de verre, de bois, de fer, on y a mémo vu des lames de couteau, une fourchette, une clef, etc.

Ces objets ont été déglutis par des aliénés, des enfants, des hystériques, quelquefois dans un but de suicide, quelquefois par accident. La déglutition de paquets de cheveux a été assez souvent observée chez des hystériques.

Les corps étrangers peuvent suivant les cas provoquer rapidement des accidents graves ou séjourner pendant un certain temps dans une partie de l'intestin avant que les phénomènes d'occlusion apparaissent.

. Il faut ranger dans une catégorie particulière les corps étrangers et

les résidus indigestes déglutis avec les nlimetitâ : noyaux de fruits, peaux, pépins, écailles, arêtes de poisson, fibres végétales qui, en général, agissent par leur accumulation soit dans !e cieeum soit dans le rectum.

L'obstruction rectale est quelquefois causée |>ar un ou plusieurs corps étrangers inlrodutts dans l'anus fl la suite de manœuvres honteuses ou d'actes d'allénntion.

Vers intestinaux. — Obsédés par l'idée du rôle considérable des veRi^inteslinaux dans la genèse des maladies, les anciens auteurs admettaient l'existence d'un iléus vermifieuj: c'est-à-dire ime obstruction de l'intestin par un amas d'ascarides, Leichtenstem qui a étudié la question, déclare ne pas èfre convaincu de la réalité de cette variété d'obslniction,

c) Invagination . — Cruveilhier en a donné une définition très claire et 1res simple. « Le mot invagination désigne un mode de déplacement du canal intestinal qui consiste dans l'inti-oduction ou intussusception d'une |>ortion de l'intestin dans la {lortîon qui lui fait suite, de telle sorte que la première est entralniV dans la deuxième à la mMiièi-c d'un doigt de gant. » Ainsi se fait l'obstruction de l'intestin l>ar l'intestin lui-même.

Au niveau d'une invagination intestinale,

„. ^„ „ , il existe trois evlindres intestinaux qui m-

FiR. 58.- Schéma de ILn- ...'-, • , i»

vttginatioD iniosimale recouvrent et s engament successivement. i>e

dftprèsBoas.ILtttuniquo dehors en dedans, on rencontre successivc-

muiiculaire est Teinè- , , . , , .......

senlùu par le trait noir ment la game formée par 1 mtcstui mvaginant tunique mu- ^i \q boudin invaginé constitué j>ar deux cylindres intestinaux adossés l'un à l'autre jtar leur séreuse.

Le pli circulaire au niveau duquel le lioudin s'enfunce dans la gaîiuporte le nom de collier de l'invagination. L'exti-émité de l'anse invnginfe s'apj)e]le la tête de F invagination.

L'invagination telle que nous venons do la décrire est l'invagination totale ou centrale. On décrit aussi une invagination partielle on latérale. Elle se |iroduit lorsqu'une tumeur pédiculée de la fuee muqueuse de l'intestin s'enfonce dans l'anse sous-jacente, entniinnnt n\ec elle la partie de l'intestin ft laquelle elle est fixée.

L'intestin n'est pas un tube libre d'adhérences; il est attaché fk In colonne vertéitrale par son mésentère qui l'accompagne dans son iiiva-

queuïO par la bande

giiiation. La présence du mésentère a pour conséquence une déviation plus ou moins marquée dans Taxe de Tinvagination, qui présente une concavité ou même unecoudure plus ou moins accusées. La longueur du boudin invaginé se trouve diminuée par la présence du mésentère, plus ou moins, suivant sa laxité plus ou moins grande. L'étranglement du mésentère peut être la cause de lésions graves sur lesquelles nous reviendrons plus loin.

Le plus souvent l'invagination est descendante^ c'est-à-dire que le boudin s'enfonce dans Tanse sous-jacente ; plus rarement, on observe le déplacement en sens inverse; c'est l'invagination ascendante. Hunter avait proposé d'appeler la première variété invagination pro^ f/ressive, la seconde, invagination rétrograde,

La masse d'une invagination simple telle que nous venons de la décrire peut s'enfoncer à son tour dans l'intestin sous-jacente l'invagination est doublée (Duchaussoy), elle compte alors cinq tuniques superposées. L'invagination doublée, pourrait elle-même s'invaginer à son tour et donner lieu à l'invagination triplée de Duchaussoy qui compte sept tuniques.

Lésions secondaires, — Nous venons de décrire l'invagination,

en nous plaçant exclusivement au point de vue mécanique; mais

parfois Tintestin invaginé et le péritoine qui l'entoure ne tardent pas

h réagir; des lésions inflammatoires ou nécrosantes se surajoutent à

l'intussusception.

Cependant, comme l'a bien fait voir Rafinesque dans son excellente étude sur l'invagination chronique, l'intestin peut rester invag'mé pendant très longtemps sans présenter de lésions, et sans amener l'apparition des accidents d'occlusion intestinale.

Trop souvent, il n'en est pas ainsi. Les parois intestinales s'enllamment, les séreuses péritonéales en contact se soudent, il se fait des adhérences de voisinage, de telle sorte que la désinvagination de l'intestin devient impossible. Ce n'est pas tout, le collier de l'invagination joue vis-à-vis du boudin invaginé le rôle de l'anneau d'une hernie dans l'étranglement herniaire. La compression des veines du mésentère à ce niveau amène la congestion et la tuméfaction du boudin invaginé qui devient œdémateux, ecchymotique. 11 peut se mortifier et s'éliminer d'un seul bloc par une sorte de résection spontanée qui a quelquefois amené la guérison. La gaine elle-même s'enflamme; comprimée parle boudin augmenté de volume, elle peut s'ulcérer. On a vu le boudin faire saillie dans le péritoine à travers une semblable ulcération.

Des perforations peuvent se produire, beaucoup moins graves lors- (|u'elles siègent au-dessous que lorsqu'elles siègent au-dessus du

collier; dans ce dernier cas, elles sont à peu près fatalement suivies de la pénétration des matières fécales dans la cavité péritonéale et par conséquent d'une péritonite suraigu(3.

La perforation dans Tinvagination intestinale serait une cause de mort dans un peu plus du sixième des cas d'après Leichtenstem : 28 fois sur 175 observations.

La guérison spontanée à la suite de Télimination du boudin ne peut se produire que s'il s'est fait des adhérences suffisamment complètes au niveau du collier; le travail d'élimination demande en général de 20 à 30 jours. L'élimination spontanée du boudin învaginé se produit beaucoup plus fréquemment dans l'intestin grêle que dans le gros intestin, 2 ou 3 fois plus souvent environ.

Si la mortification et la gangrène spontanée du boudin peuvent amener la guérison spontanée, elles peuvent aussi être une cause de grands dangers, immédiats ou consécutifs. En effet, si les adhérences au niveau du colUer sont insuffisantes, elles peuvent laisser fuser de la matière intestinale dans le péritoine. Il peut se faire que la soudure correspondant à la section cède sous l'influence des mouvements de l'intestin. Enfin la cicatrice peut devenir plus tard le point de départ d'un rétrécissement annulaire.

Siège de C invagination. — Elle peut se rencontrer sur toutes les parties de l'intestin et Leichtenstem distingue d'après leur siège les variétés suivantes : invagination duodénale, duodéno-jéjunale, jéjunoiliaque, iliaque, iléo-caecale, iléo-colique , colique, colico-rectale et rectale. Les plus fréquentes sont les invaginations qui se produisent dans le voisinage du caecum : iléo-cœcale et iléo^oligue.

L'invagination iléohcœcale est la plus commune; l'extrémité de l'iléon s'enfonce dans le caîcum, l'orifice iléo-caîcal représentant la tète du boudin. Cette variété prend souvent la forme clironique. Chez les enfants, le côlon présente une grande mobilité et Tintestin invaginé, comprenant tout le côlon peut descendre jusque dans le rectum et môme faire saillie à Textérieur à travers Tanus,

Quelquefois encore, l'iléon s'invagine à travers Torifice iléo-capcal dilaté ; enfin, beaucoup plus rarement, on voit une invagination de l'extrémité de l'iléon s'engager dans lecœcum, de façon à former uneinvagination redoublée à cinq cjdindres intestinaux superposés.

Etiologie et mécanisme de l' invagination, — L'invagination s'observe surtout dans le jeune ôge; sur 473 observations relevées par Leichtenstem, la moitié concernaient des enfants de 1 à 10 ans ; un quart des cas s'étaient produits au cours de la première année, après le troisième mois. Chez les enfants, l'invagination iléo-c«cale est de» beaucoup plus fréquente, tandis que, chez les adultes, l'invagination

de Filéon el Finvagination caecale se présentent avec une fréquence à peu près égale.

On a beaucoup discuté sur le .mécanisme de Finvagination.

Dans la théorie de Yinvagination paralytique^ on admet qu'un segment intestinal se trouvant relâché, le segment supérieur animé de mouvements péristaltiques exagérés vient s'engager dans sa cavité, mécanisme qui se comprend mal du reste.

La théorie de la contracture admet qu'un seginent de l'intestin transformé en une sorte de tige rigide par la contracture de ses anses circulaires s'enfonce dans le segment sous-jacent. Quelle force l'y pousse ? on ne le dit pas.

Ernest Besnier, après avoir discuté les théories émises, attribue im rôle impoi'tant au glissement passif de l'intestin dans lui - même , comme premier temps de l'invagination, et à la contraction active de la gaine dans un second temps.

Un segment de l'intestin resserré sur un boudin fécal, ou encore lui segment de l'intestin contracture, s'enfonce passivement, par son propre poids, dans le segment sous-jacent, pendant une période de ixîlâchement de celui-ci. Le retournement en doigt de gant se trouve ainsi commencé. L'anse réceptrice se contracte et fait cheminer l'inte^stin invaginé de la môme façon qu'elle aurait fait cheminer un bol fœcal; l'invagination se continue ainsi jusqu'à ce qu'elle soit arrêtée par la tension de Tattache mésentérique. La gaine aurait ainsi un rôle actif dans l'intussusception , elle déglutirait le boudin, dès que ce boudin se trouverait amorcé.

On comprend de cette façon la rareté des invaginations ascendantes. Leichtenstern va même jusqu'à rejeter l'existence des invaginations rétrogrades en dehors de l'agonie et de la péritonite. Or les invaginations agoniques sont des invaginations très spéciales, qui ne sont jamais accompagnées de phénomènes inflammatoires.

On a vu l'invagination intestinale se produire avec une fréquence relative dans la dysenterie chronique, dans des cas de diarrhée ou de constipation chroniques, à la suite de commotions et de contusions de Tabdomen, au moment du sevrage chez les enfants, conditions qui toutes amènent une certaine perversion dans la motilité de l'intestin.

Les néoplasmes et en particulier les polypes de l'intestin favorisent la production de l'invagination intestinale. La tumeur intestinale surtout lorsqu'elle est pédiculée est déglutie par l'intestin ; elle entraîne à sa suite Tintestin sus-jacent. Les sténoses circulaires peuvent aussi, mais plus rarement, devenir une cause d'intussusception.

5® Rétrécissement de l'intestin. — Les rétrécissements de l'intestin

dus à une lésion propre de sa paroi se distinguent en réirécmemeiiis fibreux simples et rétrécissements cancéreux,

a) Rétrécissement fibreux simple. — 11 est le plus souvent d'ortgine cicatncielle et consécutif à une ulcération.

D'après Nothnagel, le rétrécissement cicatriciel succéderait le plus souvent à des ulcérations tuberculeuses ou à des ulcérations slercorales. Viendraient ensuite, pai* ordre de fréquence décroissante, la sténose consécutive à Tulcus du duodénum, aux ulcérations dvsentériques, aux ulcérations folliculaires et syphilitiques.

Malgré Topinion classique, la sténose intestinale par cicatrices d'origine dysentérique serait très rare. En effet, Woodward a donné le relevé statistique des cas de dysenterie observés pendant la guerre de sécession des États-Unis d'Amérique. Sur 287.322 cas de dysenterie dont 28.450 de dysenterie chronique, aj^ant causé 9 431 décès dont 3 833 dus à la dysenterie chronique, on n'a pas relevé un seul cas de sténose cicatricielle de l'intestin. En admettant même que quelques cas de ce genre aient échappé à l'observation, leur rareté n'en reste pas moins très grande (Nothnagel) . Leur réalité ne j)eut cependant pas être mise en doute ; il en existe dans la science un ceiiain nombre d'exemples probants.

La sténose intestinale d'origine tuberculeuse autrefois inconnue peut actuellement être considérée comme relativement fréquente. Le.^ lésions tuberculeuses donnent lieu le plus souvent à des rétrécissements multiples. Dans un cas de Litten, il existait six rétrécissements sur une anse intestinale. Darier a compté huit rétrécissements ci(*atriciels de l'intestin grêle formés par une bride muqueuse dans laquelle se rencontraient des follicules tuberculeux.

Nothnagel fait remarquer que ces sténoses d'origine tubertuileuse se produisent quelquefois sans que rien dans la santé du malade ail pu faire soupçonner l'existence d'une lésion de cet ordre. Il peut êln» quelquefois difficile, même après l'autopsie, de démontrer sa nature exacte. On trouvera dans un autre chapitre l'histoire si curieuse de ki forme scléreuse et hypertrophique de la typhlite tuberculeuse piise pendant longtenips pour une lésion cancéreuse. 11 n'est pas impossibk* que certains rétrécissements hypertrophiques d'autres régions de Tiiitestin et surtout du rectum, encore actuellement indétenninés ou attribués à tort à la syphilis, soient en réalité de nature tuberculeuse.

La sténose cicatricielle de l'intestin grêle d'origine typhique^ est d'une grande rareté, ce qui tient sans sans doute à ce que les ulcérations ne sont que rarement annulaires.

On a vu le rétrécissement se produire après la n»duction J'uno hernie étranglée, h la suite des lésions ulcéreuses de l'intestin au

niveau de Vanneau herniaire. On peut en rapprocher le rétrécissement consécutif à Télimination spontanée du boudin dans Tinvagina- <ion intestinale.

Des accidents de sténose intestinale ont été observés quelquefois, mais rarement à la suite de traumatismes de Tabdomen : chutes, coup de pied de cheval, etc.

Quelquefois il a été impossible de déterminer la nature de certains rétrécissements de Tintestin. C'était le cas chez une jeune fille de vingt-deux ans à laquelle Kœberlé, en 1881, a réséqué deux mètres d'intestin. 11 se trouvait sur la partie de Tintestin ainsi enlevée quatre rétrécissements qui ont paru pouvoir être rapportés à une ulcération suppurative des plaques de Peyer, mais dont Texamen histologique fait par un auteur aussi compétent que Recklinghausen n'a pu fixer la nature.

Le rétrécissement du rectum réclame une mention plus particulière. 11 est beaucoup plus fréquent chez les femmes que chez les hommes, 190 cas contre 25 (Nothnagel). Les causes sont multiples: ulcérations tuberculeuses, dysentériques, opérations chirurgicales, résection du rectum prohibé, excision des hémorrhoïdes, etc., ulcérations par des corps étrangers, blessure par canules, inflammation du tissu cellulaire périrectal, de la ghinde de Bartholin cliez la femme.

On a observé assez souvent des redites hyperti-ophiques sténosantes; on les a le |)lus souvent attribuées à des lésions vénériennes : rectite blennorrhagique, chancre simple, cliancre syphilitique, syphilome ano-rect<'il de Fournier; mais il est certain qu'on a aussi quelquefois englobé des lésions en réalité d'autre nature, par exemple des lésions dues à la tuberculose.

Siège du rétrécissement, — • D'après Trêves, le rétrécissement est six fois plus fivquent dans le gros intestin que dans Tintestin grêle. Dans le gros intestin, il atteint le i)lus souvent le rectum, puis, d'après un ordre de fréquence décroissant, TS iliaque, le côlon descendant, et les coudes du côlon.

b) Rétrécissement cancéreux. — Pour sa description nous renverrons au chapitre consacré au cancer de Tintestin.

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