‹ Traité des maladies de l'estomac et de l'intestinChapitre 156 sur 184 · SYPHILIS DE L'INTESTIN · texte numérisé non relu

SYPHILIS DE L'INTESTIN

même par de véritables fausses membranes. Ces placards d'induration sont dirigés perpendiculairemeat au grand axe de Tinteslin. ATexamen microscopique, on constate que cette tuméfaction s'est produite aux dépens de la couche sous-muqueuse de Tintestin infiltrée de cellules rondes et de cellules fusiformes. La lésion peut d'ailleurs fuser plus loin dans la profondeur, et les couches musculaires peuvent être comme dissociées par des stries de cellules embrj^onnaires.

Cette lésion syphilitique peut d'ailleurs se nécroser et amener ainsi la production d'une ulcération. 11 s'agit d'une dégénérescence granulo-graisseuse qui serait due à l'obstruction des vaisseaux des parties malades (Kleinschmidt).

Ces ulcérations sont en général assez superficielles; elles vont en profondeur jusqu'à la sous-muqueuse, parfois jusqu'à la tunique musculaire. Dans certains cas, Tulcération peut même aller plus loin. Mracek, Bjornstrom ont vu des perforations intestinales consécutives à l'ulcération de la paroi. Le fond de l'ulcération, gris-jaunàtre, a aspect lardacé est plat; il est entouré d'un rebord saillant.

Ces ulcérations peuvent être fort nombreuses. Meschede en a observé S4 sur le même intestin.

Après une durée variable, impossible à déterminer, ces ulcérations se cicatrisent; elles laissent leur marque sur la paroi intestinale; ce sont des cicatrices étoilées, rétractées, |)arfois même accompagnées de néoformations nodulaires saillantes. En.général, ces cicatrices ne déterminent aucun trouble dans les fonctions motrices de l'intestin (Klcbs, Oser, Roth, Meschede, Kleinschmidt, Hayem et Tissier) . On a pourtant noté dans deux ou trois cas, des rétrécissements syphilitiques de l'intestin grêle (Ilahn-Xorman.)

Le diagnostic anatomicjue de ces lésions est souvent fort délicat ; les ulcérations, en particulier, ont été certainement confondues dans bien des cas avec les ulcérations tuberculeuses; c'est ce qui fait qu'on ne doit pas tenir compte de bon nombre d'observations anciennes. D autre part, comme le dit Cornil « on ne doit pas perdre de vue ce fait que la phtisie [)ulmonnaire et la tuberculose de l'intestin coïncident souvent avec la syphilis et que des ulcérations liées à un état amyloïde des vaisseaux intestinaux peuvent être la suite de suppurations syi)hilitif|ues prolongées : aussi faut-il dans chaque cas particulier faire avec soin le diagnostic anatomique différentiel, et encore la syphilis ne pourra-t-ellc pas être affirmée sûrement s'il n'y a pas de néoplasme gommeux ».

Quant aux symptômes, on ne les trouve notés que dans un nombre restreint d'observations : dans ces cas le malade présentait presque toujours une diarrhée rebelle et intense. Mais il existe aussi quelques

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oBservations où les ulcérations syphilitiques ont été de véritalilcd découvertes d'autopsie, sur des sujets ayamt succombé h des aiTeetionsj intestinales diveises.

Hayem et Tissier ont décrit également une typhose syphiliti(fue due à la présence d'ulcérations syphilitiques dans le ca*cum : leur malade, qui présentait des syphilides papulo -squameuses, était mort au milieu de symptômes typhiques, sans qu'on ait constaté jïourtanl de tuméfaction de la rate, de taches rosées, ni de phénomènes thoraciques. Cet ensemble symptomatiqui» serait à rapprocher de la typhose syphilitique essentielle de Foumier qui, elle d'ailleurs, n'est pas Irm? h des déterminations intesthiulcs et qui guérit toujours.

Le traitement sera celui de toutes les syphilis tardives graves. Dans un cas très curieux, Lereboulet et Fournier ont vu, chez un ancien syphilitique, une diarrhée chronique rebelle aux traitements^ habituels, guérir par l'iodure et les injections mercurielles : c\>st un fait à ne pas oublier et un exemple à suivre en cas analogue. Il seml)Ie toutefois que le traitement puisse rester impuissant, même dans des cas avérés de syphilis de rintestin.

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