VERS INTESTINAUX
On divise les vers intestinaux de Thomme en deux groupes : les uns, larges, plats, rubannés appartiennent à Tordre des Ccstoïdes, ce sont les Tavnias et les Bothriocéphales : les autres arrondis, plus ou moins longs, font partie de Tordre des Nématodes, ce sont les Ascarides, les Oxyures, les Trichoeépiiales, les Ankylostomes *.
Tjinias et Bothiuocêpales. — Si nous les réunissons dans une môme étude d'ensemble, c'est que ces vers différents provoquent tous les mi'rnes accidents et réclament un traitement identique. Aussi, après avoir décrit séparément Taspect et Tévolution des divei*s taenias rencontrés habituellement chez l'homme, décrirons nous dans deux chapitres conmiuns leur svmptomatologic et leur thérapeutique.
1*" Tcvnia armé de l* homme. — Synonymes : [Tœnia soliurriy Linné. — Tamia cucurbitina. — Tivnia plana. — Tivnia vulgaris. Titmia humana armata).
Comme tous les tîenias, ce ver est composé d'anneaux successifs, plus étroits et plus courts au voisinage de l'extrémité céphaliquc, larges et carrés vers la partie médiane, plus longs que larges à Tex trémité. Le ver total est composé de 1)00 i^ 1000 anneaux; sa longueur est en général do 3 à 3 mètres, elle [)eut atteindre 7 à 8 mètres.
La tète est très i)etite, mesurant moins d'un millimètre de lai'geur, pourvue sur les parties latérales de quatre ventouses arrondies et en avant d'un rostre saillant muni de deux rangées de crochets. Ce rostre, mobile pendant la vie du tienia, peut faire saillie ou s'invaginer dans la tète. Les crocliets sont au nombre de 22 ou 32. Ils sont légèrement recourbés on forme de faucille et ils sont disposés en
* Toutes los figures reproduites au cours do ce chapitre sont cnipninlées à l'ouvrage de Bérenger-Fcraud. [Leçons cliniques sur les Tsenias de Vhomme).
930 THAITli DES MALADIES DE L'ESTOMAC ET DE LTNTESTIX
deux rangées allernantes. La tële du t^nia se fixe sur la muqueuse intestinale à l'aide de quatre ventouses, musculeuses. et conlracUles, !es crochets n'ont qu'un rftle as
Pig, 60. — T*Le du tr
Fig. ùî. ~ Œufa (la tsuiu
Comme chez tous les to-nias, il n'y a pas d'appareil digestif; l'animai vit aux dé|>ens des sucs digestiTs intestinaux dont il s'imbibe. Le système nerveux est formé par deux cordons latéraux communiquant l'un avec l'autre dans la tête ; l'appareil sécrt'teur est constitué par des vaisseaux aquifèrcs situés le long des parties latérales du tronc et réunis par des anastomoses transversales.
Dans chaque anneau, on retrouve les organes reproducteurs mlVlcs et femelles, lis s'ouvrent à l'extérieui' par un pore situé sur les |>artics latérales de l'anneau, l'n signo dislinctif important, c'est que chez le Txnia soHum, ies pores ijènilaux sont ri'-gulièrement alternes.
Los derniers anneaux du ta^-nia.
remplis d'œuTs se détachent successivement et sont nîjotés avec les matières fécales. L'a'uf globuleux mesure 33 |j. environ.
Une fois rejeté h l'extérieur, roeuf sera absorbé par un porc : sa coque sera dissoute par le suc gastrique de l'animal et l'embryon muni de ses six crochets { exacanthe ) ira se loger dans les libres musculaires de l'animal. Telle est l'origine des cyattcerques, petites vésicules ovales, abondantes dans l'interstice des libres musculaires. L'animal attend alors qu'un hasard heureux le fasse |>énétrer encort^ vivant de la viande du ]H»rc ladre où il est logé dans l'intestin de l'homme. Si cette chance lui arrive, le cvsticerquc libre se fixe par ses \'enlouses cnti'e les villosités de l'intestin grêle, se segmente, se
Pig. 63. — Anneau ilu tiunia armÉ.
développe, atteint la taille considérable que nous avons signalée et ses derniers anneaux recommencent la même évolution.
Le ta*nia habite Tintestin grôle; en général solitaire, il vit de longues années dans l'intestin , à moins qu'une intervention thérapeutique vienne rompre le cycle de ses jours. On a vu parfois deux ou trois taenias coexister dans le même intesfin. Kleefeld en a compté 41 dans un cas, Laker 59.
La distribution géographique du taenia armé est exactement celle du porc. On Tobserve surtout dans F Amérique du Nord ; il est plus rare en Asie, en Afrique, dans TAmérique du Sud. 11 est très rare dans les populations juives et musulmanes, qui ne font pas usage de viande de porc ; il est inconnu dans la zone torride où le porc ne peut pas vivre.
Lorsque le porc est atteint de ladrerie, c'est-à-dire est envahi par les cysticerques, on peut le reconnaître déjà sur Tanimal vivant; sous la langue on trouve des kystes opalins, ovoïdes, demi-transparents. Les éleveurs les font souvent disparaître en les piquant ou en les enlevant avec des ciseaux, pour dissimuler la maladie dont est atteint l'animal. Mais l'animal abattu on reconnaît sur la vinnde les vésicules en grande quantité, et, si le boucher essaie de les faire disparaître, elles se marquent encore sur la surface de section.
2"* Tcvnia inerme, — Synonymes : [Ttvnia saginata. — Tœnia i?iermis. — Tcenia deniata. — Tienia mediocanellata).
Dans sa structure générale, le trenia inerme se rapproche beaucoup du taenia armé. Comme lui, c'est un ver aplati, rubanné, formé d'anneaux successifs, de plus en plus longs, à mesure que l'on s'éloigne de la tête de l'animal. Toutefois, les anneaux terminaux sont plus longs que ceux du tîenia armé; ils peuvent atteindre 10 à 20 millimètre de long, sur (I à 8 de large. De plus, ces anneaux détachés sont encore doués d'une grande contractilité et ils peuvent s'échapper de lanus, même dans l'intervalle des gardes-robes, malgré les efforLs des malades [)Our les retenir.
La tête, assez volumineuse, mesure i et demi à 2 millimètres. Elle est globuleuse, sans prolongement antérieur. Elle ne présente aucune trace de crochets. Sur la tête on voit quatre ventouses en forme de capsule rétractée, qui servent à l'animal pour se (ixer à la muqueuse de l'intestin.
On trouve sur le tienia inerme le même appareil nerveux, le même appareil excréteur que sur le tœnia armé. 11 existe quel(|ues différences uniquement dans les dispositions des organes génitaux ; l'utérus est beaucou[) moins ramifié : au lieu de présenter une arborisation dendrilique, comme chez le tienia armé, il présente simplement
m TRAITÉ DES MALADIES DE L'ESTOMAC E T DE L'INTESTIN
de chaque c6té 20 fi 30 brandies divist'e.s dichotomiqucment. Enlîn.
Pig. «i. —
que l'on L'œuf (■cluî (lu lient un canllu'.
s'inst'ivi" du lia.uf
(it-jrluii ,
qu'il |Hin rint(!stin
împortnnl, les pores gviùlaux sont irré<juHèremeiU ailemes . celle dernière iwrticuloril^ permet facilement de foire le diagnostic de l'espèc* syr quelques anneaux du tirnia.
La longueur totale «lu ver «t do 4 ft It) métros. Il vil daw* l'intestin grt^lc, mais son exlnmité tennirale peut pénétrer dans le gros intestin et arriver môme jusqu'au reclurn. U esl en général unique : ce n'*t*l cjue dans des cas exceptionnels
a pu nuter la eooxislenee de 20 à 'Mi de cca tienias. plus gros que
ta'iiiji armé, conemhryon hexa- L'onibryon va dans L's muscles (jui l'a |)ar ha-sard et cV'st qu'ainsi être iKtrfois dans de riionune. U
iMW^
moiilriLQl lu (lispiis'ition <lo l'utâr
\£S PARASITES DE LJNÏESTIN 939
est souvent délicat de reconnaître les c^'stice^ques dans ta viande du bœuf : les vésicules s'alTaissent rapidement it l'air, et, pour les apercevoir, il faut humecter la surface de section; on voit alors les kystes se gonfler et reprendre leur apparence primitive.
Le licnia inerme est de beaucoup le plus répandu en France; sa fréquence augmente même avec Tusage de plus en plus commun de manger la viande de bœuf saignante. Ce trenia se trouve d'ailleurs dans toutes les parties du monde ; il est cosmopolite comme le ba-uf.
3° Bothriocéphale long. — SynonjTucs: [T^niia prima. — Tœnia à épine. — Tœnia à anneaux courts. — Dibolhrium latum).
C'est le plus gros et le plus long des tienias. Il mesure de 6 h 10 mètres, et peut attrindi-e parfois 12, 14 et If» mt'Ires. I>a tête, ovoïde, mesure de 2 millimètres îi 2 millimètres et demi de longueur.
Fis. fiU.
T.-tudu.bollirio-
Elle est dépourvue de croobels et de ventouses; mais, de chaque côté, on voit deux profondes fentes musculeuses, pouvant remplir l'office de ventouses. Les anneaux sont au nombre de li.'JOO à 4 0UU,
Les anneaux sont toujours plus laiges que longs; d'autre part, les u-ufs Sont pondus dans l'intestin et K^s anneaux qui s'écliappeut avec les matières fécides sont vides, flétris, parfois enroulés sur euxmêmes.
L'n autre caractère important, c'est la disposition des organes
940 TRArTK DES MALADIES DE L'ESTOMAC ET DE LINTESTIN
génitaux dans chaque anneau : ils soni situés à la partie médîanr' de l'anneau, et s'ouvrent sur la face ventrale de l'anneau par deux pores superposés. Lorsque l'utérus est rempli d'œufs, les oi^ancs
Fig 70 - Al
ilu bothriocéphale li'uprès Leuckart.
génitau\ font une saillie légère sur la réjpon moyenne de cet anneau
aplati, c'est la rosette en relief dont parlaient les anciens auteurs. L a'uf, beaucoup plus gros que celui des taenias inerme ou armé.
puisqu'il mesure 70 fx sur 43, est pondu dans l'intestin et rejet»'- avw les matiCres fécales. Son sort ultérieur est cncori' assez mal connu; on sait qu'il commence à se développer dans t'eau. Puis on le retrouve 5 l'état de cy-^ticerque ,ns les muscles du brochet, de la Litte et aussi de la perche, de l'ombre chevalier, de la truite commune des lacs. Toutefois il doit exister un premier hùl*; inconnu, car il est impossible d'infecter ces poissons en leur faisant absorber les embryons de bothriocéphalcs. Quoi qu'il en soit, c'est des muscles de ces poissons qu'il pénètre dans l'intestin de riiommc.
.\ussi la ré|iartition gt-ographique du botliriwt'-phale est-elle en rapport direct avec la constitution liydroli>- . gique du pays. On l'observe surtout dans la Suissifrançaise nu voisinage des lacs de Genève, de .Ncuf-
chiVtel, de Urienne, de .Morat. On le retrouve sur le littoral de la
Baltique, et aussi sur les bords des lacs de liaviére.
On a observé eiicoiv cliez l'homme un certain nombre <te la-nia»
appartenant A d'autn's variétés mais d'une fa^on beaucoup plus
rare.
Le tifiiia canina est un parasite de l'intestin duchien. Son évolution
se fait en deux temps; il se développe d'abord dans l'intérieur div.
poux qui vivent sur le cliien et s'y immobilise à l'état de cyslieei-quc ;
puis les cliiens .s'infectent en mangeant leurs propres parasites. L"'
ta'niîi se développe dan.s l'intestin, il atteint une longueur de I mèirr.
l't les aufs entraînés avec les matières fécales, restent parfoi.* aittw-
renls aux [loils des parties |)ostérieures où le |)ou jMïut les avaler, et
FiR.7l.— (Kuf ilu liulhriuuéplmlo \^\
le même cycle recommence. Ce taenia a été observé un certain nombre de fois sur Thomme ou sur l'enfant.
Le tcenia nana, est un petit tienia long de 13 à 20 millimètres; qui vit dans Tintestin de Thomme. Découvert au Caire par Bilharz, il a été de nouveau signalé par R. Blanchard en Serbie et par Gi*assi en Sicile et en Lombaixlie où il paraît très commun. Son développement paraît êti'e direct et les œufs ingérés par Thomme se développent dans rintestin : aussi le nombre de ces parasites est-il parfois fort considérable. On peut en trouver 4 000 à 5 000 chez le même individu.
Le tcenia flavopiinctata^ long d'environ 30 centimètres, n'a été observé que deux fois sur des enfants en Amérique.
Le Lvnia niadagascariensis n'a été observé que deux fois à l'île Mayotte. On i\q sait que fort peu de chose sur ce ta^iia; l'anatomie même n'en est pas fixée, les échantillons que l'on possède étaient incomplets et n'avaient pas de tête.
Symptômes. — Dans la très grande majorité des cas, le ta?nia, par sa présence dans Tintestin, ne détermine aucun trouble, et on n'en reconnaît Texistence qu'aux fragments du ver rejetés avec les matières fécales.
Pourtant on observe parfois des troubles locaux port^mt sur l'appareil digestif: douleui's abdominales, coliques revenant de façon intermittente ; Tappétit est assez souvent exagéré, et, enfin, on a noté une sensation de prurit autour de la bouche et de l'anus. Laboulbène a parfois observé une diarrhée 0[)iniâtre durant tant que le ver restait dans l'intestin.
Chez les névropathes, on peut voir aussi les symptômes d'ordre rellexe ou loxicjue les plus variés, crises épileptiformes, hémiplégie, paraplégie, chorée, a|)hasie, surdité, troubles visuels, cécité, hémorragies diverses, intestinales, vésicales, utérines. Très souvent aussi on a vu iW.ir> troubles mentaux, mais ici il semble Cjue le tîenia n'ait été en quelque sorte que la cause occasionnelle : c'est l'état névropathique antérieur du sujet qui permet à l'hypocliondrie de s'installer si facilement.
Ces malades finissent par n'avoir qu'une idée, qu'une pensée ; ils vivent avec une attention concentrée sur leur abdomen, sur leur ver ; ils étudient les moindres sensations d'origine abdominale et les raj)- |)orlent îi des mouvements du vei*, dont ils arrivent i\ suivre, k ce qu'ils croient, tous les déplacements. C'est une obsession qui persiste souvent après l'expulsion du tienia, et qui relève d'un traitement moral.
Traitement. — L'expulsion du taenia à l'aide des substances anthelmintiques, n'a lieu que si Ton prend quelques précautions. Il
faut en effet agir en doux temps, crabord engourdir le la^nia pour qu'il lAche prise, puis Texpulser comme un corps étranger. L'exprrifMM't» a montré que le ver, s'il n'est pas engourdi, se rompt plutôt que de lAcher l'intestin : la tôte reste, la série d anneaux se reproduit |M«n à peu, et, en fin de compte, au bout de deux ou trois mois, le tn'nia a tvcouvré sa longueur primitive.
La substance la plus communément employée ast Y extrait éthérê de fougère mdle : on en donne 6 à 8 grammes associées A du sin>p d'éthcï*. dans une potion gommeuse. Quelques heures après, on administre un purgatif, du calomel de pi'éférence.
On peut encore avoir recours aux capsules de Créquy et Limousin qui contiemient chacune 50 centigmmmes d'extrait éthéré de foug«*n* mâle et 0 gr., 05 de calomel. ,
Voici comment on doit procéder : la veille au soir, le maUnK* ne prend (|ue du lait. Le lendemain matin on lui donne de 5 en 5 minutes, 12 à 1(> ca[>suk»s; en général il suffît de 12.
Au bout d'une heui^e, si le tîcnia n'est pas rendu, on donne 100 grammes de sirop d'éther; au bout d'une heure encore, s'il iiy a aucun résidtat, on donne au malade 40 grammes d'huile de ricin.
Enfin, détail imporiant. le malade doit aller à la selle sur un vax» plein d'eau chaude pour que le taenia ne se rompe pas pendant la défécation.
Lrcorce de racine de grenadier a la dose de 00 î\ 90 grannu^s (Ml macération dans l'eau, a également une action excellente. On lui associe un purgatif (huile de ricin, eau-de-vie allemande, eaux purgatives).
Le koHSSO, excellent dans le pays d'origine, en Abyssinit», penl assez rapidement ses pro[)riétés, aussi il vaut mieux ne pas y a\orr recoui-s. La teinture de kamala est égalenient très infidèle et ln»p sou\ent fraudée pour ([u'on n'évite pas de s'en servir.
Si le malade rend le ver entier avec la tète, tout est pour le mieux : mais il peut se faire que la tèle manque; quelquefois cela tient à it ([ue la tète s'est séj)aj'te a])rès (|ue le ver a quitte la paroi inteslinalr. Elle reste perdue dans les matières fécales. Quelquefois aussi elK* est iH\slée adhérente î'i Fintc'stin ; alors on attejidra quelque temps, f't. l()rsf|ue le malade n^comniencera à rendre des anneaux, on a<hnini^ tivra avec i)lus de pivcautions un nouvel anthelmintique.
Lfs mïmatodes. — (le sont, comme leur nom l'indique (vr^ua Kl, î'.oo; îippar(»nce) des vim's allongés, cylindriques; ils ne pi\\NL'nl« lit aucune s('i>'inejitati()n. Tous ont un certain nombre de caractères an;*tonii(|ues communs : le corps est enveloppé dans une cuiicuit^^ ivcuu\ rant immédiatement une couche musculaire é|misse. Le tulx*
digestif s'ouvre à la partie antérieure du corps par une bouche plus ou moins simple, souvent armée de crochets et de piquants : Tanus est situé vers la région tenninale sur la face ventrale. Le sjstème nei*veux est essentiellement constitué par un anneau riche en cellules gîuij^lionnaires entourant Tœsopluig'e et d'où partent les nerfs destinés aux divers organes.
11 n y a pas d'appareil circulatoire ; mais seulement un système excréteur de vaisseaux aquifères, sVjuvranl par un petit pore, à la face ventrale sur la lig-ne médiane. L'appareil respinUoire est iibsenl.
Les n('mat()des sont presque toujours à sexes séparés; Torifice vulvaire est toujours situé ù la face inférieure du corps. Us sont ovipares, ou ovovivipares.
Ascaride lombricoïde. — Ce ver, de dimensions considérîibles, puisque le mâle mesure de 13 A 20 centimètres et la femelle de 20 à 40 centimètres, est cylindrique, gris rosé pendant la vie, blanchâtre après la mort. Le mAle, i)lus rare, plus petit, se reconnaît à son extrémité |)ostérieure recourbée en crocliet vers la face ventrale; rori(ic(» du cloaque terminal est muni de deux spicules visibles h l'extérieur. Sur la femelle, on trouve deux oriflc(^s fi la face ventrale, l'anus situé pi'ès de l'extrc-mité terminale et la vulve qui se trouve dans 1(3 tiers antérieur.
La bouclie (\st poin-vue de trois lèvi-es ; les deux lèvres inférieures sont munies de papilles tactiles.
L'œuf, ellipsoïde, long* de 60 ù Go jjl, large de 33 à o5 [jl, (\st entoure de deux enveloppes : l'externe (\st formée d'une CQuche albumineuse mamelonnée, l'interne lisse est plus résistante. L'œuf est (»xpulsé avec les selles. L'embryon se développe î\ l'exlérii^ur du corps, lentement en hiver, ra[)idement en été où son développement est complet» en un mois. L'embrvon est cvlhuh'oïde, em'oulé en spirale. Il est très résistant ; Davaine a pu conserver pendant cin(| ans des embryons vivants, en avant soin de h's n)aintenir dans un milieu humide.
Ainsi développé et protégé par la coque de l'œuf, l'endjryon attend le jour où il sera ingéré [)ar un honune ou par un enfajit. Le sucga^l^o-intestinal dissout la coque ; le parasite ac(juiert dans l'hitestin .«-on complet développement, et, après l'accouplement, car il est rarement solitaire, la même évolution recommence.
L'ascaride lombricoïde est cosmopolite. On l'observe dans nos contrées comme en Chine, au Japon, en Afri(|ue, en Finlande : mais partout il est plus ré[)andu dans les villages (jue dans les v illes ; on s'infecte en eilV't le plus souvent par l'usage d'une eau impure où paniennent d'une fa^on plus ou moins directe des matières fécales humaines. Les légumes crus, les salades, arrosés avec des eaux
souillées de matières fécales, peuvent également introduire l'embryon dans Tintestin de Thomme.
Les ascarides vivent dans Tintestin grêle ; leur nombre est en général très considérable ; Petit (de Lyon) a vu un jeune garçon rendre en moins de cinq mois 2 500 ascarides. Cruveilhier, à Tautopsie d'um» idiote de la Salpétrière, rencontra 1 000 ascarides environ dans l'intestin. Ce sont là d'ailleurs des faits exceptionnels.
Symptômes, — Très souvent les ascarides ne déterminent aucun trouble par leur présence dans l'intestin, et le seul symptôme, c'est leur expulsion avec les selles. Le malade se traite, on expulse tous les parasites et la guérison complète survient ainsi ; il n'y a pas d'histoire clinique dans ces cas de beaucoup les plus fréquents.
Mais, dans d'autres cas, l'ascaride révèle sa présence par les sym|)tômes les plus bizarres. Ce sont des troubles digestifs, coliques, désordres de l'appétit, diarrliée glaireuse et même sanguinolente, ou bien des désordres nerveux, prurit nasal, péribuccal ou inégalité pupillaire, cécité, agitation, i^èv^asseries, grincement des dents, pouls invgulier, attaques épileptiformes, ou encore des accidents pulmonain\s, odeur aigre de l'haleine, toux nerveuse. Enfin on a observé autix*f(>b> un ensemble symptomatique rappelant la fièvre ty[)hoïde, et Chauffard en a récemment rapporté une observation. Tous ces troubles sont attribués soit à des réflexes soit à une véritable intoxication. Le^s lombrics contiennent en effet une substance toxique ; en les disséquant, on s'expose à des conjonctives, à des coryzas, et, si la peau est atteinte par une goutte de liquide , on peut observer une tuméfaction avec rougeur et douleur à ce niveau. 11 est facile de comprendre qu'une substance toxique aussi violente puisse, si elle est aljsorbée par la muqueuse intestinale, amener les troubles divers, (jue nous avons signalés. On comprend aussi que la ])résence d'ascarides ait pu com[>liquer l'évolution d'une fièvre typhoïde ou d'une entérite.
D'autres accidents |)euvcnt encore s'observer dans la lombricose intestinale ; ils sont dus non pas à une action réflexe ou toxitjue mais h la présence même du parasite. Ainsi on a rapporté des cas d'i>crlusion inleslinale complète dus aux ascarides; mais il faut ô\iv que ces cas ne présentent pas un degré suffisant de certitude. D'auti'es fols, la complication tient à la migration des ascarides hors de l'intestin grêle ; nous ne parlerons pas seulement de leur passage pfU' le pylore dans l'estomac d'où il sont en général ex[)ulsés par vomissemenl ; et |)ourtant, même dans ces cas, l'ascaride a pu devenir dangereux lc>rsque, remonté dans l'œsophîïgi), il a pénétré dans la glotte : il a pu en résulter un spasme capable d'amener rapidement la mort. L'ast*aride a aussi été trouvé dans des abcès péri-œsophagiens, on en à vu &t*
jjflisscr dans la trompe d'Eustache et s'échapper par le conduit auditif (wterno. Enfin, dans quelques ol)servations célèbres d'Amatus Lusilanus et de Vrayet, les ascarides jeunes ont |)u passer des fosses nasales dans le canal nasal et de h\ s'échapper parles points lacrymaux.
D.\s accidents plus fréquents sont dus i\ la pénétration de Tascaride dans le canal cholédo(|ue ou le canal de Wirsung. S'il s'introduit dans les voles biliaires, il s'oppose au cours de la bile, il en résulte de Tictèir, de Tangiocholite, des abcès du foie; on a vu Tascarlde suivre la voie tracée par ces abcès lorsqu'ils s'évacuent par les bronches et gagner ainsi le poumon. On a signalé aussi la présence d'une ascaride dans un fip[)endice Cîecal dilîité.
Autrefois on admettait que l'ascaride pouvait perforer l'intestin et pénétrer dans le péritoine. Les faits où cette migration se produit sont des plus rares; d'après Da vaine, toutes les observations pubhées semient môme fort sujettes à caution. Après la mort, l'ascaride tend à fuir son milieu et il peut alors en effet pénétrer dans le péritoine à traveis une paroi intestinal* plus ou moins putréfiée. Néanmoins Lal)Oulbène pense que, lorsqu'il existe un catarrhe intestinîd avec desquamation, l'ascaride peut provoquer par ses crochets, par les substances toxiques qu'il excrète, de petits abcès intestinaux par l'inl(»rmédiaire dtîs(|uels il gagne le péritoine, amenant ainsi une perforation rapidement mortelle.
Le diagnostic est diflicile à faire tant (jue le malade n'a pas expulsé un parasite». S'il existe quelques symptômes qui permettent de croire à la présence» des ascarides dans l'intestin, il faudra rechercher dans les matières fécales les œufs dont nous avons donné la description plus haut. D'autre part, de temps à autre, les ascarides muent, ils perdent leur tégument externe ; la préscnc.» dans les selles de cette» membrane» formée eie fîbrille's entrecrois 'es pourrait permettre aussi de faire le diagnejstic.
Traitement, — Le» semen contra et le priacipr» actif qu'on en retire, la santonine, constituent leî médica!ï)ent h» plus énergiejue contre les ascarides.
On donne la poudre de semen contra à la de>se de 2, 6 et même 8. granmie's, élans du miel, du pain d'épice^s, du sucre pour en dissimuler le mauvais goût.
Mais, en général, on a plulejt recours à la santonine la de>se est de îi à 10 centigrammes pour le»s enfants, e*n général autant de ce'utigrammes que l'e^nfant a d'années d'Age ; pour le»s adultes, de» 20 ù 30 centigrammes. La pouelre est avalée» en natur-e ou mêlée avec du sucre ; on ne doit pas la donner à jeun, mais plutejt après le repas du soir; le le lendemain, on donne un purgatif, surtout du cîdomel.
Quelquefois la santonine détermine des troubles toxiques ; le malade voit les objets comme derrière un verre jauni* ; le rouge lui parait orangé, le bleu vert. Il peut aussi avoir des troubles du goût et de Todorat; parfois même de la prostration., des convulsions. Mais cette intoxication n'est pas grave, elle n'est jamais mortelle. (LaboulInMic.
On pourra aussi employer la mousse de Corse, à la dose de 2 ou 4 grammes dans du miel. Ou bien encore on aura recours à Tinfusion sucrée ; pour 100 grammes d'eau, on mettra 2 à 6 grammes de mousse pour les enfants jusqu'à sept ans; 8 à 13 grammes ju.squ'à 13 ans ; 13 h 30 grammes pour les aduUes.
Oxyure vermiculaire:. — Svnonvmie : Ascaris vermicularis, — Fusaria vermictilaris.
L'oxyure vermiculaire est un petit ver effilé t\ ses deux extréniil^S. de couleur blanc grisAtre. Le mâle mesure 3à3 millimètres; le ehKU|u«* est situé à peu près à l'extrémité postérieure du corps. La femelle eî>l plus longue, elle mesure en moyenne 10 millimètres; son corps e^l allongé par une queue effilée. L'anus, chez elle, est situé à la facf ventrale au niveau de l'origine de la (jueue ; la vulve est placée aus^i à la face ventnde, à 3 millimètres de l'extrémité céphalique. Dan?* les deux sexes, la bouche est limitée par trois lèvres saillantes.
L'œuf, elliptique, mesure 30 \k sur 10 et 2Q [x de large. Il est entouré par une. coque résistante. Au niveau du pôle céphalique, en ini |H)int très limité, la couche moyenne la plus visible manque, ei c'est par ce point ramolli par les acides ou par la putréfaction que rcinbi;\iMi peut sortir. Au moment où l'œuf est pondu par la femelle, renibrvun est déjà développé. L'œuf est ainsi introduit dans l'estomac avec Wau de la boisson, avec li\s poussières, avec les détritus attachée aux doigts que l'enfant porte à sa bouche. Sous l'action du suc ga^^triqur, le pore céphalique (\st détruit; l'embrvon mis en liberté pénètre 4l5Ui> l'intestin grêle. C'est là que s'accouplent les oxyures jeuneî>; lo mâli> gagnent ensuite le gros intestin, meurent et sont éllmint'îi a\*M- !»•> fèces. Les femelles fécondées restent dans le ca'cum, puis, le muincnt venu, elles gagncMit le rectum et pondent leurs œufs. Elles sont elle>mèmes souvent ejilraînées avec les matières fécales. Cha(|ue femell»* a plusieurs pontes successives. Chez certains malades, les oxyure^ sont si abon(huits (|u'ils tapissent la surface entière du gri>s tnte?>(iu. il il |)u alors être comparé à une fourrure.
Il n'y a [)as d'hote intermédiaire. Comme nous l'avons indiqué plu.-^ haut, l œuf est ingéré directement : c'est grâce au nombre imnieux- (i'œufs pondus par une seule femelle que cette infection est pirt^ible; c'est [)ar l'auto-infection (ju'il faut également expliquer la persi>laiKv d'oxyures chez ces mêmes personnes pendant des années. Les» plus»
grandes prt^cautions sont nécessaires pour éviter cette infection et Heller et Leuckart, lors(ju'ils étudiaient ce parasite, furent atteints d'oxvurasis, malgré tous les soins qu'ils prenaient. Comme Tascaride, Toxyure est cosmopolite.
SjjmpLûmes, — Les oxyures sont surtout fréquents chez les enfants, néanmoins on les observe aussi cliez les adultes, surtout chez les femmes.
Le symptôme le plus fréquent est le prurit anal, le soir, lorsque le malade s'est mis au lit. Sous l'inducnce de la chaleur des couvertures, la femelle descend dans le rectum et gagne la marge de Tanus; c'est à son contact que sont dues les démangeaisons insupportables dont se plaignc^nt les malades. L'oxyure [)eut sortir de Tîmus et s'égarer siu' le [>érinée; cliez les petites filles, il peut gagner la v'ulve, et, par le prurit (ju'il provixjue, les porter à la masturbation. Chez l'homme, le prurit anal s'accompagne quelquefois d'érections douloureuses et de poUulions involontaires.
En dehors de ces symptômes locaux, la j)résence d'oxyures dans l'intesthi peut s'accompagner d'accidents nerveux réflexes; ils sont aussi nombreux et aussi variés que ceux que nous avons signalés à proj)os de l'histoire des ta^iias (4 des ascarides.
TrailenienL — Le traitement est long et difficile. Il est rare que le sujet ne s'inf(*cte pas de nouveau de temps à autre. Aussi la première [)récaution à prendre, c'est d'éviter cette auto-infection en exigeant du malade des soins de [)ropreté extrême; il faut remj)écher de porter à la bouche les doigts si souvent chargés d'œufs d'oxyures. On se trouvera bien, surloul chez les enfants, de tremper* le soir l'extrémité des doigts dans une décoction de quassia amara ou dans d(» l'eau ad(htionnée de quehjues gouttes de teinture d'aloès.
Le traitement en lui-méuje consiste en une combinaison d'anthelminti(|ues pris pai' la bouche et di^ remèdes locaux portant sur la dernière pailie du gi'os intestin. La sanlonine et le calomel sont encore ici lt»s anthelminticjues (|ui conviennent le mieux. On les administre de la faron décrite à propos des ascarides.
Le li'ait(*menl local consiste en grands lavages de l'intestin avec de l'eau h-oide salée ou \ inaigrée, ou bien encore en lavements à l'ail, à l'absinthe, à la tanaisie, à la spigélie, aux espèces anthc^lmintiques. (8 granunes de poudre pour un lavement d'enfant, 2 à 3 fois plus pour un adulte).
Laboulbène conseille aussi les lavements o-lvcérinés, les lavements sucrés. Da vaine préconisait les lavements avec î> à 0 grammes d'éther sulfuri(|ue. Enfin, on a aussi employé les lavements d'huile mentliolée. Pour prolonger l'action des lavements on a enduit l'anus d'onguent
napolitain, ce qui n'est pas sans danger (rintoxication mercuriello.
Ankylostome duodénal. — Ce parasite a été découvert dans Tintestin de Thommc par Angelo Rubini, à Milan, en i838.
L'ankvlostome m Aie mesure 8 à 11 millimètres, la femelle 10 à 18. La tête présente une cupule munie de six crochets et de deux lames situées dans la profondeur. Le mâle porte à son extrémité postérieure une bourse caudale, sorte de capsule qui lui sert A fixer la femelle au moment de la copulation.
L'animal vit dans le duodénum et dans l'extrémité supérieure de Tin testin grêle. Il se fixe à la muqueuse et Tincise avec les furies dents dont il est armé ; il arrive ainsi à sectionner de petits vaisstîaux sanguins. Il suce le sang et en remj)lit son tube digestif, mais la blessure saigne même lorsqu'il est repu et le sang s'écoide dans l'intestin.
Lorsque ces parasites sont très nombreux, on comprend que les hémorragies puissent provoquer un état d'anémie grave.
Les œufs pondus par la femelle sont longs de 60 a environ, larges (le 40. L'éclosion a lieu au bout de 12 à 13 jours, lorsque l'œuf est dans un milieu demi solide , comme les matières fécales. i»l ainsi [îrend naissance l'embrvon ; cet embryon est entièrement libre, la coque de l'œuf a disparu. Il subit plusieurs mues, et enfin la larve de l'ankvlostome arrive dans l'estomac de l'homme avec l'eau de boisson, avec la boue qui souille les mains et les objets d'alimenUilion dans un certain nombre de professions.
C'est surtout chez les mineurs, chez les briquetiers et les ouvriers des rivières que l'on a trouvé l'ankyloslome, en un mot cliez tous les individus qui travaillent dans une terre boueuse. C'est à l'existence de ce parisite et aux hémorragies qu'il détermine qu'il faut attribuer l'anémie des mineurs, décrite autrefois par }\oi>\ Halle chez les ouvrier's employés aux mines d'Anzin; c'est lui qui occasionna l'anémie à laquelle succombèrent tant de mineurs au moment du |H»rcernent du Saint-Gothard (Perroncitoi. On l'a observé à Saint-Elîeniu\ à Valenciennes, à Commentry, dans le bassin houillier de Liège t'I dans celui d'Aix-la-Chapelle, en Italie, en Allemagne. L'Augletern* semble jusqu't\ présent avoir échappé à ses atteintes.
11 existe aussi dans les Indes, au Japon, à Bornéo, en Egj'ple, sur la cote de Zanzibar, dans le haut Sénégal, en Guinée, aux Antilles*, en Colombie, au Brésil.
Les sipnptàmes dus à la présence de l'ankylostome sont une mit*mie progressive accompagnée de méhena, à laquelle le malade finît j)ar succomber, s'il ne change pas de milieu.
Le traitement est difficile. Le seul anthelmintique qui paniLsse avtâr quelque action est l'extrait éthéré de fougère mâle; on Ta donné à la
dose de iO A 20 grammes et même plus, ce qui n'était certainement pas sans danger d'intoxication grave. On a aussi conseillé Thuile de ricin additionnée de 1 à 2 gouttes d'huile de croton. Le thymol ou acide thymiquo se serait montré efficace à la dose de 4 à 10 gr. en capsules ou en cachets. Beaucoup d'autres substances ont été employées sans succès.
Contre Tanémie. on a eu recours aux ferrugineux, h l'hydrothérapie, t\ la suralimentation.
Le traitement prophylactique présente une importance considérîible (huis les chantiers et les mines infectés. Il faudra établir un bon drainage du sol, éviter que les excréments soient déposés sur la terre, surveiller l'eau des boissons, et, enfin, exiger la propreté des mains avant le repas.
TniCHOCÊPHALE DE l'hOMME
Nous ne dirons qu'un mot de ce parasite très rare à l'heure actuelle. C'est un ver très long et très grcMe : le mâle mesure environ •iO millimètres, la femelle est un peu plus longue. Il doit son nom i\ sa forme bizarre, l'extrémité céj)halique est en effet mince et allongée comme un cheveu.
Ce parasite vit nonnalement dans le caecum; on n'en trouve en général qu'un petit nombre, G à 8 en moyenne. Les œufs sont entraînés avec les matières fécales; l'embry^on protégé par la coque de l'œuf se développe dans l'eau, et c'est par l'eau de boisson qu'il pénètre dans l'estomac et de là, la coque étant dissoute, dans l'intestin. Très commun autrefois à Paris, puisque Pascal et Mérat le trouvaient chez tous les individus, il est devenu très rare aujourd'hui, avec les progrès de l'hygiène. C'est néanmoins un parasite cosmopolite.
La stjnkptomatoloQie est des plus frustes; en généi'al le trichocéphale ne provoque aucun accident. Pourtant, parfois, on a noté des s\Tnpt(Hnes nerveux réflexes.
Le traitement consiste i\ administrer soit de l'exti'ait éthéré de fougère niAle, soit de la santonine.