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LES AMIBES

Parmi les parasites que Ton peut rencontrer dans les matières fécales, il faut faire une place à part aux amibes : on désigne sous ce nom des [)rotozoairi*s constitués par une seule cellule, qui sont doués de mobilité, et qui peuvent se reproduire par division de leur niasse.

Leur présence dans rintostin a été siornalée pour la première Uns par Lambl en 1859, puis par Lewis et Cimningham en 1870. Mais c'est LOsh qui, en 1873, publia le premier travail précis sur ce suji^t^ Depuis, des travaux très nombreux se sont succédé et ont jet^* queli jiie lumière sur la valeur séméiologique des amibes dans Tinlestin : le problème est pourtant encore fort loin d'être complètement n%<Ju.

Ce qui rend Tétude des amibes particulièrement délicate, c'est ItMir extrême fragilité; quelques heures à peine après lexpiikion des matières, elles ne présentent plus de mouvement et meurent : C4»nune on ne les reconnaît guère qu'à leur mobilité, leur recherche devient dès lors impossible. Pour les mettre en évidence, il faut donc examiner les s<»lles peu de temps après leur émission; on prend une jM*tite mjisse glaireuse des matières, on Técrase entre une lann» et iur* lamelle et on la porte sur la platine du microscope. En été la chaleur de Tatmosphène permet d'obscrverles amibes vivantes pendant un certahi temps; mais le procédé le plus sur, c'est d'avoir recours à une platine chauffante qui maintient la préparation à une température toujoui*s égale. Observées à un grossissement de ")0() diamètres, h s amibes apparaissent comme de petites masses protoplasmiques me.*^urant 20 ;jl en moyenne; elles se distinguent par leur mouvement et leur déplacement au milieu des substances inertes. Leur struclim* très simple se compose d'un noyau et d'un protoplasme fortement granuleux au centre, [)lus clair à la périphérie où il l'orme une bande hyaUne qui entoure complètement Tîmiibe ; on aperçoit pivsque toujours des vacuoles à rûilériem* du pi'otoplasma.

Qunni à leur mouvement, il (îst lié h la formation des pseudo[)ode^ : on désigne ainsi les prolongements que l'amibe |)ousse en dehors d't»ll**- Parfois petit et hyalin, le pseudopode peut devenir gros et épais^ i*( contenir alors jusqu'à son milieu du pi'otoplasma granuleux.

Le développement se fait tantôt avec lenteur, tantôt avec bni*^qu(»rie ; une fois formé, le pseudopode pci'siste quelques minutes, puî^ on le voit diminuer de longueur et de volume et l'amibe repn*ndre la fcjrnu; sphérique. D'après quehpies auteurs, l'amilje peut s(» piV»senler sous une forme diffén^ite; elle n'émet phis de pseudopo^le, mais poui'lanl elle est encore animée de mouvements d'ensend)le : c'(\st la forme enkystée ou encapsulée. Ce serait une forme île iléfeiixqui permettrait à l'amibe de vivre dans un milieu insufïîsant j)our son développement complet.

On manque^ de renseignements sur la ftiçon de cultiver les amilM>; les essais d(» Kartulis n'ont pas grande importance, il y avait trop d«* causes (i'i»rreur. Olli et Fiocca disent avoir obtenu de splendide> cultures d'amibes, miiis ils ne donnent pas la formule du milieu qu*il>

employaient. Vivaldi les aurait cultivées facilement dans une infusion de foin alcalinisée, filtrée, puis stérilisée par chauffage discontinu h oo"" pendant trois jours. Enfin, dans un travail plus récent, Frosch pense que la culture pure des amibes est impossible, les amibes d'après lui, se développent aux dépens des bactéries; il aurait isolé de la teiTC une bactérie qui permet d'obtenir facilement de très riches cultures d'amibes. (! !)

Le iV)le pathologique dos amibes n'est pas encore absolument établi : si Ton ivunit et si l'on condense les différents travaux publiés sur ce sujet, on arrive aux conclusions suivantes. 11 est certain que l(^s amibes se rencontrent assez souvent chez les individus sains, ne présentant aucun tn)ul)Ie intestinal, et qu'ell(»s peuvent aussi apparaître en grand nombre <ians les selles d'un individu sain à la suite d'une purgation saline. Mais, d'autre part, on les trouve aussi dans les selles dysentéinques, même dans les abcès du foie consécutifs (Kartulis), bien que ce ne soit pas là une règle absolue et que beaucoup d'ol)servaleurs les aumi vues m.'uiquer dans des épidémies de dysenterie à manif(îstations graves. On les trouve aussi dans les selles de certains diarrliéiques ; elles sont alors beaucoup plus nombreuses (|ue sur les individus sains, et. d'après Boas, sur l'individu sain, on ne trouverait que la forme encapsulée. Il semble, en somme, (ju'on puisse admettre actuellement (|ue, si certaines amibes ont un rôle pathologique, d'autres n'exercent sur l'intestin aucune influence nocive; cela s'explique |)eut-t*»tre tout simplement |)ar d(\s différences de virulence : c'est au moins ce que tendraient ti prouver les ex|)ériences de Vivaldi. Dans dtnix cas de diarrhée où les selles contenaient une grande (piantité d'amLl)es, Boas a fait diminuer le noml)re des parasites par Tadministralion du salicylate de bismuth et par d(\s lavages au nitrate d'argent à 1 p. 10 000. Le calomel ne lui avait pas donné de résultiits appréciables.

CoccHUKS. — On a signale'; dans (]uel(|U(\s ()])servations fort rares l'existence de coccidies dans l'intestin de riionime. Ces parasites sont des spor'ozoaires, nus pcndiml la |)i'emière partie de leur existence; mais, loi"s(|ue la croissance est aciievée, ils s'entourent d'une coque à l'intérieur de la(|U('lle le protoplasme se rétracte et subit diverses transformations corn\spon(lant à des phases diverses de reproduclicjM.

Les coccidies se développent dans les cellules épithéliales de l'intestin qu'elles détruisent et ainsi prennent naissance de petites ulcérarations superficielles.

Flagellés. — Les flagellés sont des organismes constitués par une masse de protoplasma, nmnie d'un noyau, i*ecou verte ou non d'une

culiculo, et pourvue d'un ou plusieurs flagelluras grâce auxquels ils se dépLieent.

On a signalé Texistence chez riionune d'un flagellé, la Lamblia mtrs^ iinaiis (Lambl, 1855), long de 10 i\ 16 u, large de 5 à 7, pirlfonne: ce parasite porte sur Tun des cotés une sorte de ventouse.

Il est muni de quatre flagellums. 11 vit dans Tintestin ; un certain nombre d'individus enkvstés sont entraînés avec les matières fécaJe.*> ei sont ingérés ensuite avec Teau de boisson souillée. Calanduccio ;i démontré sur lui-môme la réalité de ce genre d'infection. Ce parante a été observé une dizaine de fois chez Ihonmie, sur des enfants, sur sur des phtisiques atteints de diarrhée ; il ne paraît avoir aueinu* valeur pathogène.

Infusoires. — On a noté la présence dans Tintestin de rhoninu», d'un infusoire, le balanlidium coli ; c'est un parasite bciucoup plus élevé en organisation que les amibes. Comme tous les infusoiivs, il o>l couvert de cils vibratiles ; il a une forme ovoïde, il me^>uIX* de 70 à 100 [JL de longueur.

On l'a observé dans un certain nond)re de régions, à Saint-Pétei>il)ourg, i\ Dorpat, à Upsal, à Stochkolm, à Kiel, et égalemiMit au Japon et en Cochinchine.

Il vit dans le gros intestin, cliez des malades attiûnts d'une afTe»*-

tion intestinale (fièvre typhoïde, dysenterie).

On Ta observé dans un cas de carcinome dii ixîctum. 11 semble (|ue. par sa présence, il contribue à entretenir la diarrhée.

Le balantidium coli meurt dès qu'il sort de l'intestin et jus(|u'îi [)résent toutes les tentatives de culture, ou toutes les tentatives d'infection expérimentale des animaux ont éclioué.

Lorscfu'il existe dans un intestin, il est très difficile de l'en faire disparaître. Le meilleur moyen pour en débarrasser les malades, c'o.-^l de leur donner d(*s lavements a\'ec du sulfate de quinine ou de l'acide salicyh(|ue î\ 1/1000.

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