FERMENTATIONS ANORMALES DE I/ESIXIMAC ET DE L'INTESTIN
dont les alcaloïdes végétaux les plus dangereux donnent seuls idée. L(»s éludes faites sur les toxines fabriquées par certains microbes patliogènes, le bacille diphtérique, par exemple, montrent que cette toxicité |)ourraîl raéme dépasser de beaucoup la puissance nocive des alcaloïdes végétaux les plus redoutables. Dans ces conditions, les hypothèses pathogéniques basées sur Tintoxication par des sub«;tanees nées dans Tintestin se trouvent jMirfaitement légitimes.
Etiologie générale des fermeniaiions anomiaies dans f estomac et riniestin. — Trois circonstances ont été surtout invoquées pour expliquer Taugmentation des fermentations dans Testomac et l'intestin .
a. L'insutiltsance de la sécrétion des sucs antiseptiques : THCl dans Testomac, la bile dans l'intestin ;
b. La stase des aliments dans le tube digestif;
c. L'introduction dans le tube digestif d'une quantité anormale de germes relativement bénins ou d'une quanti t(^ même minime de germes particulièrement nocifs.
a. L'insuffisance de la sécrétion de l'acide chlorhydriquc dans l'estomac a surtout été invoquée par Bouchard, qui se basait sur ce fait expérimental que l gr. 10 d'acide chlorhydriquc anhj^drc par litre arrête les fermentations ; or le suc gastrique en renferme une propoi*lion plus considérable.
Toutefois, l'observatii/n a fourni des faits absolument contraires à cette conception théorique. En effet, d'après Lesage, c'est dans rhypcrclilorhydrie avec stase que les microbes du liquide stomacal sont le plus nombreux. Albert Mathieu et Rémond (de Metz) avaient du reste reconnu déjà que c'est dans ces conditions que la proportion des acides organiques est la plus élevée.
L'HCl du suc gastrique, môme lorsqu'il est en quantité exagérée, ne suffit donc pas à restreindre les fermentations du milieu stomacal.
On a également attribué à la bile un rôle antiseptique, qui ne paraît pas suffisamment démontré. On est arrivé à admettre, en dernier lieu (Gley, Lambling, Létienne) que la bile est antiseptique dans un milieu acide, mais, il faudrait démontrer que cette action n'est pas atlribuable exclusivement tl l'acidité du miheu.
b. La stase des aliments est certainement une cause importante d'exagération des fermentations dans les divers étages du tube digestif. C'est un fait que l'observation clinique a démontré d'une façon indiscutable.
Le si»jourde liquides riches en sut)stances fermentescibles et putr(\scibles, où les microbes pullulent, à la température du corps, constitue une excellente condition pour que les fermentations y atteignent une intensité maxima, il n'est pas besoin d'insister.
c. Lorsque ralimentation introduit dans le tube digestif une quantité considérable de germes et surtout des substances en voie de décomposition, on comprend que le danger d'auto-intoxication par les toxines digestives devienne beaucoup plus considérable. Comme exemple, nous citerons les accidents produits par Tingestion de viandes en voie de putréfaction, et, en particulier, le botulisme (empoisonnement par le boudin et par extension par la charcuterie).
Des espèces microbiennes plus nocives que les autres peuvent si* trouver introduites dans le tube digestif, ou encore, des microbes dont la présence est normale peuvent devenir redoutables soit par leur pullulation excessive, soit par Texaltaltion de leur virulence.
A la notion pathogénique des fermentations quantitativement ou qualitativement anormales de Teslomac et de Tintestin correspond en thérapeutique l'indication de Vanlisepsie gastro-intestinale, 11 lui sera consacré un chapitre spécial dans Tétude consacrée à la thérapeutique générale des maladies de Testomac et de Tintestin.