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CHAPITRE X

FERMExNTAÏIONS ANORMALES DE L'ESTOMAC ET DE L'INTESTIN

Il se produit normalement des fermentations des substances alimentaires dans les divers segments du tube digestif. La fermentation des hydrates de carbones commence dans Testomac et se poursuit dans rinteslin grêle. Dans le gros intestin, il se produit un certain degré de putréfaction des substances albuminoïdes.

Les fermentations et putréfactions digestives peuvent devenir pathologiques soit par leur intensité excessive, soit par Tapparition de décompositions anormales, inaccoutumés, qui donnent naissance à des produits inconnus à Tétat physiologique dans les segments du tube digestif où elles se produisent. Absorbés, ces produits peuvent devenir la cause d'accidents toxiques plus ou moins graves.

Nous étudierons successivement ces fermentations dans Testomac, l'intestin grêle et le gros intestin.

Fermentations stomacales. — Pour peu que les aliments styournent dans Testomac, ils deviennent le milieu de fermentations excessive. La présence de THCl même en quantité supérieure à la normale n'est pas suffisante, comme on Ta cru autrefois, pour les enrayer. Celles qui SQ produisent chez les hyperchlorhydriques ne sont pas identiques à celles qui se font chez les hypochlorhydi'iques, mais elles sont tout aussi et même plus intenses dès qu'il y a stagnation.

La stase est en effet la cause principale des fermentations dans le milieu stomacal ; leur nature et la nature des produits auxquels elles donnent naissance dépend surtout de la variété des aliments ingérés et sans doute aussi, de certains hasards d'introduction des agents figurés.

Voici d'après le résumé qu'en donne J. Vauthey dans son excellente thèse quelles sont les principales fermentations qui se dévelop|)ent aux dépens des trois classes d'aliments, quelles sont tout au moins les plus connues en vertu de l'abondance de leurs produits. Cela ne veut pas dire que ce soit les {)lus graves au point de vue pathogénîque ; des fermentations beaucou[) moins intenses pouvant donner lieu à des substances moins abondantes, mais douées d'un pouvoir toxique beaucoup plus grand.

186 TRAITE DES MALADIES DE L'ESTOMAC ET DE LiNTESTLN

Hydrates de carbone, — Les principales fermentations subies par les hydrates de carbone, abandonnées à Faction des germes extérieurs sont les fermentations lactique, butyrique, alcoolique, acétique, on peut y ajouter la fermentation muqueuse signalée par Pasteur et Kramer et la fermentation de la cellulose.

On peut représenter les fermentations lactique, butyrique et acev tique par les formules suivantes, en prenant pour point de départ, le sucre C'H^^O^

io C«H»20« = 2 (CWO) + C02

Sucre, Alcool.

Alcool. Ald^îhjde.

C^H^O + 0 = C2H*U=î Aldéhyde. Acide acéti«iue.

Sucre. Acide lactique.

2(C»H«03) = (>HW -f 2C02 -f \\K

Acide butyrique.

On voit que le sucre, en se transformant en alcool, met en liberté de Tacide carbonique; et que Facide lactique en se transformant en acide butyrique dégage de Facide carbonique et de Fh3'drogèue. Xous reviendrons sui* ces fermentations gazogènes en étudiant le méléorisme stomacal.

Les deux ordres de fermentation du sucre que nous venons de figurer peuvent se produire simultanément dans Festoniac mais le plus souvent elles existent isolément. Ewald et Ruppstein les ont vues se succéder chez le môme malade.

La fornmle de la fermentation lactique que nous avons transcrite plus haut ne correspondrait pas à toutes les possibiUtés, et le dédoublement de Famidon pourrait aussi se faire ainsi que Findique Féquation suivante, en mettant en liberté de Facide carbonique.

(;«jjioo5 | CO = C WO' + 3C0^ + 2H20. Amidon. Acide lactique.

De même la fermentation butyrique pourrait se produire aux déj)ens de Famidon, du glucose ou du saccharose avec dégagement d'acide carbonique et d'hydrogène.

Aiuidon. Acide liutyrijjue.

(;i2H22(jii ^ ipo — 2^Cni»02) + 4C0^ + H» Saccliarose, m alto se.

Dans d'autres conditions, en présence des levures et aussi sans

FERMENTATIONS xVNORMALES DE L'ESTOMAC ET DE LINTESTIX 48-

doute (le certaines moisissures, les hydrates de carbone peuvent produir-e de Talcool, avec dégagement d'acide carbonique.

C»H»208 + 2(C2II«0) + CO* Glucose. Alcool.

L'alcool à son tour, comme on Ta indiqué précédemment, en préscMice du mycoderma aceii donne lieu à do Tacide acétique. C'est une fermentation qu'on rencontre chez les hyperchlorhydriques.

La cellulose pourniit en présence du bacillus amylobacter donner naissance à un mélange gazeux composé d'acide carbonique d'hydrog*»ne et de gaz des marais.

Les hydrates de carbone peuvent encore subir une fermentation muqueuse étudiée par Pasteur.

Albuminoïdes, — La décomposition des substances albuminoïdes en présence des ferments figurés peut donner naissance à une série très complexe de produits. Après un travail d'hydratation préalable, les molécules se désagrègent et donnent lieu à des produits putrides avec fomiation d'acides gras et mise en liberté d'acide carbonique et d'hydrogène. Les acides de la série grasse qui prennent ainsi naissance sont les acides acétique, lactique, butyrique. Plus tard, il se fi>nne de l'ammoniaque, une très faible quantité d'azote, de l'hydrogène sulfiu'é, et des composés phasphorés volatils très complexes. Ap|>araissent alors des acides amidés à poids moléculaire élevé, de la tyrosine, de l'indol, du phénol, etc., etc., et, enfin, des peptones et des ptomaïnes. Avec les bactéries aérobies seules, il ne se produirait que |3eu ou pas.de gaz odorants.

Corps gras, — Les modifications des corps gras dans le tube digestif sont peu connues; on sait que, sous l'infiuence des microorganismes, elles jM3uvent être dédoublées ou en glycérine ou en acides gras. Il f)ourrait alors se former de l'acide succinique aux dépens de la glycérine.

Les fermentations qui viennent d'être indiquées ne représentent qu'une partie de celles qui peuvent se produire dans resloniac. Ce sont les principales, mais ce ne sont pas les seules. Certains acides comme l'acide propionique, valérianique, sont en quantité si faible que leur étude est rendue extrêmement difficile.

Agents figurés des fermentations stomacales, — Les germes figurés qui se jieuvent rencontrer dans l'estomac sont nombreux et variés. Cela n'a rien d'étonnant si l'on considère que l'ingestion des aliments en intix>duit constamment un grand nombre qui trouvent dans le contenu stomacal un milieu propice au développement de certains d'entre eux qui y pullulent dès qu'il y a stagnation. Dans la stase

gastrique, les mieroorganisraes sont toujours extrêmement nombreux.

On a trouvé dans Testomac des bacilles, des levures, des sarcines et des moisissures.

En 1842, Goodsir a découvert dans la cavité de Testomac un petit cryptogame auquel il a donné le nom de sarcina ventriculi. Les sarcines ont été retrouvées dans Tc^stomac par un grand nombre d'auteurs ; elles ont été étudiées surtout par Falkenheim et Oppler.

La sarcine est constituée à Tétat parfait par de petites masses cubiques ordinairement composées de quatre, huit et quelquefois seize cellules cubiques accolées les unes contre les autres de façon à donner assez bien Taspect d'une balle de coton serrées par des cordes, ou d'un ballot de soie. Les stries qui figurent Fempreintc des cordes correspondent à Funion des cellules cubiques les unes aux autres.

Les sarcines se rencontrent surtout dans les estomacs dilatés; leur présence est un signe de stase déjà ancienne.

Miller (1883) a étudié les microorganismes du tube digestif; dans Testomac, il a reconnu huit des espèces qu'il avait rencontrées dans la bouche.

De Bary, en 1886, a fait une étude plus complète des microbes de Testomac dans le service de Kussmaul. Il étudia dans seize cas le contenu de Testomac au point de vue bactériologique et il put reconnaître dans les liquides vomis ou extraits par la sonde, des sarcines, des levures, des champignons filamenteux connus comme Yoi^ dhim albicans et le mncedor niucedo^ ou indéterminés, le leptolhrix bticcalis^ des bactéries diverses : le Bacillus amylobacter^ le jB. subtilis, et un bacille spécial auquel il a donné le nom d.e B. genicula" tus,

Xlinkowski (1888), dans un suc gastrique riche en HGl découvrit les champignons de la levure de bière, et, dans un suc gastrique dépourvu d'HGl, le bacille butyrique, la levure, de nombreux bacilles et cocci capables de déterminer des phénomènes de putréfaction mais qu'il n'a pu cultiver.

En 1889, Gapilan etMorau ayant recueilli le contenu de l'estomac deux heures après un repas d'épreuve chez 30 personnes saines ou dyspeptiques, isolèrent deux levures l'une jaune et l'autre rouge et un I)etit bacille capable de liquéfier la gélatine.

Le travail d'Abclous qui date de la même année, est beaucoup plus complet; il a étudié le contenu de son propre estomac dont il faisait le lavage à jeun. Il a pu isoler IG espèces de microbes, dont sept déjà connues : le sarcina vnitrictili, le Bacillus pyocyanicus^ le Bacte^ riinn lac tis-aerog eues, le B, subtilis, le B. mycoïdes^ le B. amylo* bacter, le vibrio rugula. Les neuf autres espèces non décrites encore

à ce moment comprennent un coccus et huit bacilles. Abelous a cultivé tous ces microopganismes, et il a étudié leur action sur diverses substances alimentaires.

Chez un malade atteint de dilatation stomacale, qui émettait par la bouche des gaz inflammables, Mac Naught, en 1890, a trouvé des levures en grande quantité, la sarcine en proportion minime. Des examens ultérieurs lui montrèrent la présence de très nombreuses bactéries. II put isoler deux espèces de levures, une petite bactérie formant des colonies d'un jaune brillant, et deux bacilles droits, dont Tun lui a paru très voisin du bacille de la fermentation butyrique décrit par Pragmowski. Il put démontrer du reste que la présence de ce germe figuré était la cause de la présence des gaz inflammables : on a vu plus haut, qu'en donnant lieu à de Tacidité butyrique, la décomposition de Tacide lactique met de l'hydrogène en liberté.

Lesage, contrairement à ce qu'on eût pu attendre théoriquement, découvrit que le contenu de l'estomac dans la stase avec hypersécrétion chlorhydrique renfermait ime quantité de microorganismes notablement plus considérable que le liquide de stase chez les hypochlorhydriques. Albert Mathieu et Rémond (de Metz) avaient, il est vrai, démontré déjà que les acides de fermentation organique figurent dans le liquide de stase chez les hyperchlorhydriques pour une proportion beaucoup plus considérable que dans la stase chez les hvpochlorhydriques, ce qui eût pu faire prévoiries résultats des recherches microbiologiques de Lesage. Ce dernier a signalé le coli-bacille comme un hûte habituel de l'estomac, dans tous les cas où il v a ralentissement de la sécrétion chlorhydropeptique.

Le travail qui a servi à Kuhn de thèse inaugurale (1892) a été fait dans le service de Riegel. Il a porté sur l'étude des microorganismes et des fermentations anormales de l'estomac. Kuhn a trouvé de grandes quantités de levures, en particulier le saccharomyces cervisiœ^ des sarcines, des moisissures, parmi lesquelles il a isolé le pénicillium glaticum, ïoïdiiim laciis, et de nombreuses colonies de bactéries. Il a de plus étudié la production des fermentations gazeuses, soit à l'aide du suc gastrique en nature, soit à l'aide de cultures pures de microbes vivant dans ce liquide.

Hoppe-Seyler a reconnu dans le contenu de l'estomac une levure rose, la sarcine, de grands bacilles à colonies jaunAtres, de Y oïdium albicans, des moisissures et le B. butyricus qu'il n'a pas pu réussir à cultiver comme l'avait fait Mac Naught.

Strïuiss, au cours de recherches nombreuses instituées dans le service d'Ewaid, a étudié de nombreux agents de fermentation stomacale, et, plus particulièrement encore, la levure, des bactéries filiformes,

des moisissures, des champig'nons bourgeonnants, le bacille lactique, la sarcine.

Boas et, à sa suite, Kaufmann, et Sclilesinger avaient rencontré dans l'estomac chez les cancéreux, surtout dans le cancer du pylore avec stase, un gros bacille incurvé auquel ils avaient attribué la propriété de produire de Tacide lactique. Sa découverte dans le liquide de stase aurait eu ainsi une valeur indirecte mais réelle pour le diagnostic du cancer de Testomac. Ces conclusions ont été combattues [)ar Rosenheim et Richter; ils ont soutenu que la présence de ce bacille n'avait rien de caractéristique, qu'il pouvait se rencontrer dans des cas de dilatation avec stase sans cancer aussi bien que dans les cas de cancer pylorique.

Nous passons sous silence un certain nombre de recherches dans lesquelles on n'a fait que signaler de nouveau des microorganismes déjà signalés antérieurement.

Le désir d'expliquer l'apparition de l'hydrogène sulfuré dans l'estomac a suscité plusieui's travaux de Boas, de Zawadzki, et de Strauss (4892-1896).

Boas a rencontré de l'acide sulfhydrique dans une série de cas de dilatation de l'estomac avec stase permanente : dans aucun il ne s'agissait d'un cancer. Il semble donc que la présence de ce gaz soit l'indice d'une gastropathie bénigne. Dans le Uquide de stase dans lequel se trouve dissoute une plus ou moins grande quantité d'acide sulfliydrique, on rencontre des microorganismes variés et nombreux, sans qu'il soit possible d'attribuer à l'un d'eux un rôle direct dans la production de l'hydrogène sulfuré. Boas a été frappé par la présence fréquente dans ces cas des sarcines, qui seraient plus rares dans les ectasies d'origine néoplasique, et de grands bacilles filiformes.

Strauss, dans un cas semblable, a rencontré du cohbacille en abondance, et ce bacille lui paraît avoir été l'agent producteur de l'hydrogène sulfuré. Il a observé en effet un dégagement assez abondant de ce gaz dans les cultures faites avec le colibacille; ce fait avait du reste déjù été observé par plusieurs auteurs.

On voit combien sont nombreux et variés les microorganismes rencontrés dans l'estomac. Toutefois, il règne encore une grande incertitude sur leur rôle respectif. Plusieurs d'entre eux agissent du reste sur les mêmes substances et donnent lieu aux mêmes produits de fermentation. C'est ainsi (jue l'acide lactique peut résulter de l'action de toute une série de germes sur les liydrates de carbone, (»t, comme Tont indiqué les formules que nous avons reproduites plus haut, le même produit de fermentation peut être l'aboutissant commun de modahtés différentes de dissociation d'une molécule de môme consli-

iutiuii chimique. D'après Coyon, les sarcincs [)ourraient donner lieu à li\ production d'acide lactique au même litre que les bacilles auxquels nous venons de faire allusion. De même ce n'est [>as toujours le vibrion butyrique de Piisteur ou le clostrydium biityriciim de Pragmowski qui préside à la fennentation butyrique, elle peut aussi être due à l'intervention du Bacillis subtilis de Kohn, et, certainement encore, d'une série d'autres bactéries. La fermentation alcoolique déterminée le plus Iiabituellement par des levures, peut èti*e aussi mise; en train par de nombreux autres microor^anismes, des moisissures, des bactéries, etc.

Du n^ste, si une fermentation se produit d'une façon notable ou même prédominante dans l'estomac, elle n'est jamais isolée; parallèlement il s'en produit toujours une série d'autres moins abondantes, dont les agents se su{K"rposent et dont les produits se mélangent.

La nature des aliments ingérés et des germes dont ils sont le véhicule, la rapidité plus ou moins grande de l'évacuation du contejiu stomacal, la diminution ou l'exagération de la sécrétion chlorhydrique, ce sont là des circonstances bien faites {)our amener la variété dans Li flore microorganique de Testomac. Celle flore, de plus, ne varie pas si»ulemcnt chez des individus différents, tJle varie même dans le contenu d'un même estomac à des périodes successives, ainsi que la nature et la quantité des produits de fennentation ou de putréfaction qui en dérivent.

On comprend combien les recherches sont difficiles dans ces conditions, comI)ien il est difficile de donner dès maintenant des conclusions fermes aux recherches entreprises sur ce sujet mouvant.

Nous avons dit déjà quelle est la valeur séméiologique des acides de fennentation organique, qui figurent parmi les produits les plus habituels des fermentations stomacales.

Fermentations anormales dans r intestin grêle, — On peut considérer comme normale la fermentation modérée des hydrates de carbone^ dans l'intestin grêle. En effet, les auteurs qui ont pu étudier les matières intestinales éliminées par un anus contre nature situé à l'extrémité inférieure de l'intestin grêle, Ewald, dans un premier cas, Mac Fadyen, Nencki et Sieber dans un second, Schmidt dans un troisième, ont toujours constaté la présence de produits de la fermentation des hydrates de carbone, et, en particulier, do Tacide lactique et de l'acide acétique. Jcicowski y a démontré la présence de l'alcool. Jamais on n'a rencontré des produits de putréfaction des albuminoïdes. Sur un kilogr*amme de matières, il a été impossible à Xencki de déceler la présence de traces d'indol, de scatol ou de phénol. On

a pu isoler dans le liquide de rintestin grêle une série de bacilles qui jouent sans doute un rôle dans ces fermentations*.

La présence des produits de putréfaction des substances albuminoïdes dans l'intestin grêle doit donc être considéré comme un phénomène pathologique. Schmidt a vu, chez sa malade, Tindol et le scatol apparaître dans le liquide qui s'écoulait par la fistule intestinale à la suite d'un étranglement de l'intestin. De même l'apparition de l'hydrobilirubine due à l'action de Thydrogène sulfuré sur la matière colorante de la bile, serait un fait anormal. Normalement on ne rencontre l'indol, le scatol, et l'hx'drobilirubine que dans le gros intestin.

Fermentatiofis anormales dans le gros intestin, — Le fait prépondérant des fermentations normales du gros intestin consiste dans la décomposition des substances albuminoïdes, qui avaient échappé à la putréfaction pendant leur séjour dans l'estomac et leur passage dans l'intestin grêle, en vertu sans doute de l'acidité de ces deux milieux.

On trouve dans le gros intestin des produits très complexes de décomposition dus surtout à l'action des microbes. En voici l'énumération d'après A. Gautier.

« Acides gras, depuis l'acide acétique jusqu'au palmitique, cehiicitrès abondant; les acides butyrique et isobutyrique, l'acide lactique, des phénols, indol, scatol,- de Texcrétine, de l'ammoniaque à l'état de carbonate et de sulfure, des aminés, des ptomaïnes, des acides amidés, de la leucine, de la tyrosine, des acides phenyl-propionique, phénylacétique, hydroj)ara coumarique et parahydroxyl-phenylacétique. »

La composition des gaz est variable avec l'alimentation ; on trouve de l'acide carbonique auquel donnent naissance diverses fermentations du gaz des marais provenant de la fermentation de la cellulose, de l'hydrogène sulfuré, résultat de la putréfaction des substances albuminoïdes, etc.

Toutes ces fermentations peuvent devenir anormales par leur intensité exagérée.

Elles sont dues fi l'action d'un nombre extrêmement considérable de microl)es. Gilbert et Dominici en estiment le nombi'e environ à 67.000 i)ar milligramme. Sucksdorff, chez le môme sujet a vu ce nombre s'élever de 23.000 h 2.300.000 par milligramme sous Tinfkience de changements dans Talimentation.

* Bacillus Bischlori . Stroptococcus liiiuifaciens iloi. Bacteriuin ilei. Bacterium ovale ilei. Bacciilus f^iaciiis ilei. Bacîleriurn iaclis aero^^enes. (Noncki.)

Bacillus Biselileri. Streptoruccus liquifacions iloi. Grandis diploeucus mobilis. Bacillus liquii'acieiis ilei, levure oïdluaiie. Bacillus pyocyancus. Bdlunnots assez longs à bouts arrondis (Takowskij.

( )uanl aux espèces microbiennes, on en a isolé quelques-unes, mais on est loin de les connaître toutes, on est surtout loin de connaître leur action fermentativ^e spéciale '.

Utilité ou nocivité des microorganismes du tube digestif, — Les microbes pénètrent dans le tube digestif des mammifères immédiatemeni après la naissance; à partir de ce moment jusqu'à la mort, ils ne cessent pas d y pulluler. Ils sont inégalement répartis suivant le segments ; beaucoup plus nombreux, on Ta vu, dans le gros intestin (jue dans Testomac et Tintestin grôle. Un certain nombre de ces microorganismes sont les hôtes normaux du tube digestif, comme le coli-bacille , par exemple. Indifférents à Tétat normal, quelques-uns d'entre eux pourraient devenir pathogènes et même doués d'une virulence considérable, comme cela paraît être le cas précisément |H>ur le coli-bacille. D'autres sont toujours et nettement pathogènes comme le bacille d'Eberth, le bacille de Koch, et, si on peut comprendre qu'ils puissent traverser l'intestin sans y causer de lésions et sans dommage pour l'organisme entier, il est probable que leur présence en nombre considérable n'est possible d'une façon un peu durable que dans les cas morbides.

Les agents figurés dont il vient d'être question sont des agents spécifiques. Peut-être des agents également spécifiques ou d'une virulence momentanément exaltée, expliquent-ils l'apparition d'un certain nombre de maladies de l'intestin (entérites aigu(*s, dysenterie, etc.) ; nous n'avons pas à nous y arrêter ici.

On a pu se demander avec raison si la présence des microorganismes qui sont les parasites normaux du tube digestif était utile ou nuisible. Pasteur croyait à l'utilité de certains d'entre eux ; il s'était demandé même si la vie en milieu complètement aseptique avec une asepsie complète du tube digestif serait possible. Les expériences sur ce sujet ne sont pas faciles à instituer ; on y est cependant parvenu,

' En voici Vénumération d'après Mannaberg. (NoUinagel : Erkrankun^^jen des Daniies, p. 23).

Baoilhts. — Bacterium coli commune (VEscherich ; Bactenum lactis aerogenes d'Escherich; BaciUus subtilis d'Erenberg; Proleus vulgaris de Hanseji: BaciUus putri ficus coli de Bienslock; Bacterium ilei de Frey; Bacille grêle de l'iléon de Macfadyen Sencki et Sieber Schleier bacillus d*Escherich.

BaciUus butgricus de Pratnowski ; Bacillus de Oessner et Utpadel; le Bacillus enterilidis de Gartnet^ et le bacille de la diarrhée verte de Lesage n'ont été trouvés que dans des cas pathologiques.

Corci. — Slreplococcus coli gracilis d'Escherich ; Streplococcus coli brevis d'Escherich; Strepotococcus ligue faciens ilei seu acidi laclici de Macfadyen Sencki et Sieber: Streptococcus pyogenis duodenalis de Oessner; Staphylococcus blanc d'Escherich', Micrococcus ovalis d'Escherich; Porzetlnncoccus d Escherich ; Coccus tretragène.

Champignons. — Torula de Pasteur; Levures rouges; Levure encapsulée d^Esche^ rich; Uonilia candida de Hauser,

et il est maintenant prouvé que la vit^ de jeunes inainmifiTes ou de jeunes oiseaux (»sl possible alois qu'on a pris les précautions voulues pour qu'aucun germe ne pénètre dans leur tute digestif. Toutefois Schotelius a vu que les jeunes (>oulets nés à la même époque se comportaient d'une façon différente suivant qu'on avait empêché la pénétration des microorganismes dans leur tube digestif ou qu'on les avait nourris sans précaution particulièit*. Les poussins aseptisés ont eu une croissance plus lente, ils ont beaucoup moins gagné en poids, dans le môme tem[)s, avec une alimentation identique, que ceux dont on avait laissé le tube digestif l'eccvoir librement les germes apportés par des substances alimentaires non stérilisées.

Il n'y a donc pas de doute, les fermentations gastro-intestinales peuvent servir à l'utilisation des aliments, soit qu'elles les transforment partiellement par une sorte de digestion, soit qu'elles les préparent à l'action des sucs digestifs.

Les fermentiitioiLs gastro-intestinales ne sont pas seulement utiles au point de xue de la digestion ; elles peuvent aussi l'être en modérant les putréfactions ou d'autres fermentations plus nocives.

Nous avons vu que le milieu iléo-jejunal n'est pas alcalin, mais neutre ou même légèrement acide et on a pu attribuer ù cette îicidîté légère une influence heureuse, une véritable action antisq>tîque. D<» même, dans le gros int(*stin, le scatol, Tindol, le phénol jouiraient d'un certain |X)uv(nr antifermentescihle.

11 n'est pas douteux c(*|)endant que les fennentations gastro-intestinales |)euvent devenir nuisibles soit jwrce qu'elles sont anormales, soit parce qu'elles sont excessives. Leurs produits |>euvent devenir la cause d'irritations locides sur la muqueuse gastro-intestinale ou à distance sur les organes avec lesquels le sang les met en contact. Des plîénomènes toxiques aigus ou chroniques peuvent en résulter. Nous ne nous y arrêterons j)as maintenant, devant étudier plus loin les relentissemenls à distance des viciations de la digestion.

Nous nous contenterons de rappeler ici que les matières fiscales renferment une quantité relativement considérable de substc'uice toxiques que Bouchard a pu extraire [>ar Teini et par l'alcool, et dont il a déterminé les propriét('\s nocives par des injections veineuses sur les animaux. (]es snljstances sont très vraisc»mblablement analogues sinon identi(|ues aux toxines et aux alcaloïd(»s dont I(\s n»cherches d'une série d'auteurs, Gasjuird, l^anum,* Bergman n et Schmiedberg, Zulxer et Sonn(*nstinn, Sclmi, A. Gautier. Brouardel et Boutmy, Brieger, ont démontré la pivsence dans les substances organiques en voie de j)utréfaclion.

On sait (ju'elles sont douées de pi'opriétés toxiques redoutables

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