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L'URINE DANS LES AFFECTIONS DES VOIES DIGESTIVES

hh*inent ; en moins d'une heure, la plus grande partie de Teau intro- <hiile dans le tube digestif avec les aliments, est excrétée par les reins, « de sorte qu'il ne reste plus dans Testomac que Teau nécessaire pour maintenir dans un état semi-fluide la masse alimentaire en digestion (Richet) ». 11 faut pourtant vsavoir que, chez d'autres individus, la polyurie consécutive au repas est beaucoup plus tardive et ne s<' produit qu'au bout de deux ou trois heures. Ce retard de l'évacuation s'ol)serve en particulier chez les diabétiques (Cl. Beniard).

A priori, on doit l'attendre aussi cliez les malades dont l'estomac ivtient d'une façon prolongée une quantité excessive de liquide.

Réaction de rurine. — La réaction de l'urine a donné lieu à des n*cherches fort intéressantes.

A l'état normal, l'urine est acide au moment de son émission; et Tacidité totale des vingt-quatre heures varie avec les individus, mais ^^st constante pour un individu placé dans les mêmes conditions d'ali-mentation. J'ai pu à ce propos constater avec mon élève Trétieux, un fait assez curieux : si l'on mesure la quantité d'acide total, exprimée en HCl, énnse par un individu donné pendant les tjcpt heures qui suivent le repas de midi, on s'aperçoit que cette quantité varie suivant la sécrétion gastrique. Elle est beaucoup plus élevée chez les hyperchlorhydriques que chez les hypochlorhydriques; chez nos malades il y avait une difîérence du simple au double. Cette augmentation de l'acidité de l'urine s'observe d'ailleurs chaque fois que l'estomac contient une grande quantité d'acide, qu'il s'agisse d'un acide minéral ou d'un acide organique; c'est ainsi que l'on voit l'acidité d(* l'urine augmenter beaucoup apK^s un repas de lait, probablement par suite de la fermentation lactique qu'il subit dans l'estomac.

Un autre fait qui ne manque pas d'im})ortance, c'est que l'acidité d(» l'urine varie suivant les différentes heures de la journée : après le repas, en particulier, comme Bence Jones l'avait constaté dès 1819, l'acidité de l'urine diminue notablement, et l'on peut même constater une réaction alcaline.

Cette observation a été confirmée par un grand nombre de recherches expérimentales et cliniques, et Maly a démontré sur l'animal que cette diminution de l'acidité dépendait directement de la .sécrétion d'acide chlorhydrique dans l'estomac; cet acide se forme en effet aux dépens du chlorure de sodium, et lorsque le chlorure de sodiimi se décompose, il reste dans le sang un excès de base qui augmente l'alcalinité des humeurs et des urines émises. L'augmentation d«* l'alcalinité du sang après le repas a été constatée directenjent pair IViper, par Mya et Tassinari, par Canard, par Drouin. J'ai pu observer avec .Tréheux cette diminution de l'acidité après le repas ;

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si Ton examine les urines d'heure en heure, on voit que très souvent il y a une augmentation de Tacidité pendant les deux premières heures, puis Tacidité baisse et atteint son minimum vers la quatrième ou la cinquième heure après le repas. Ce flot d'urine acide tient sans doute à ce que les premières urines émises après Tingeslion des repas balaient en quelque sorte les matériaux acides précédemment accumulés dans le sang. Mais noys n'avons jamais observé la réaction alcaline, dont parlent pourtant d'autres auteurs, Gley et Lambling en particulier.

Pendant un certain temps, on a pensé que la diminution de l'acidité était proportionnelle à l'intensité de la sécrétion d'HCl, et Ton a suj)- |K)sé que l'examen du sang (Drouin) ou de l'urine (Gley et Lambling) pourrait remplacer l'analyse du suc gastrique : nos recherches, comme celles de Slricker et Hubner, comme celles de Boas, n'ont pas confirmé cette hypothèse.

Il est bien vrai que, chez certains hyperchlorhydriques, les urines peuvent devenir franchement alcaliiies, mais c'est lorsqu'il y a des vomissements alx)ndants de suc gastrique acide, ou eiicore lorsqu'on a éliminé le contenu de l'estomac par le tube œsophagien. C'est ce qu'a pu constater Quincke, c'est ce que Slricker et Hubner ont observé chez un hyperchlorhydrique en pleine crise de vomissements; ils ont vu que l'acidité des matières vomies s'élevait de jour en jour, et que l'acidité des urines diminuait au contraire en sens inverse.

Les auteurs qui admettaient un rapport constant entre l'acidité de l'urine etl'HQ sécrété, simpUfiaient trop les choses; car, s'il est vrai que la sécrétion gastrique charge le sang de bicaiix>nate, il ne faut pas oublier qu'au même instant se préparent les sécrétions pancréatiques et bihaires, sécrétions alcalines; nous savons môme aujoui*d'hui que l'alcalinité de la sécrétion pancréatique tout au moins est proportionnelle à l'acidité du suc gastrique. Walther, élève de Pawlow, a vu que, plus on intix>duit d'acide dans l'estomac, plus la réaction alcaline du suc pancréatique augmente. L'alcalinité des hunn^urs |)ro(luite par la sécrétion gastrique doit donc diminuer pendant la sécrétion intestinale; et en réalité Peijxer a noté sur six individus cjue le sang était fortement alcalin trois quarts d'heure après le repas, el que cette alcalinité baissait beaucouj) et atteignait la normale deux heures et demie après. La diminution de l'acidité de l'urine aprè's le re|)as est donc un phénomène qui dé|>end de conditions complexes, encore trop mal déterminées pour que l'analyse de l'urine puisse remplacer Texamen direct du suc gastrique.

Variations de ta composition de f urine. — Les chlorures. — Lt^s clilorures de l'urine viennent des aliments el l(»ur abondance est en

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