‹ Traité des maladies de l'estomac (volume 2)Chapitre 132 sur 176 · CLASSIFICATION DES DYSPEPSIES · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DES DYSPEPSIES

Étude synthétique des symptômes, — Il nous parait nécessaire de résumer en quelques lignes certaines notions formulées et défendues dans divers chapitres de ce livre, avant d'esquisser une étude synthétique des symptômes de la dyspepsie.

Le fait principal est que nous considérons la dyspepsié comme l'expression de l'hyperesthésie gastrique, l'expression de l'hyperesthésie du plexus solaire.

Nous sommes arrivés à soutenir cette opinion, parce que la clinique, l'élude du chimisme et de la motricité gastriques nous ont montré qu'il est impossible de subordonner les symptômes gastriques à l'état du chimisme et de la motricité, dans le plus grand nombre des cas.

Nous avons établi (p. 280) qu'il n'y a pas de dyspepsie hypochlorhydrique, qu'on ne peut davantage parler de dyspepsie hyperchlorhydrique (p. 288).

Comment allons-nous donc diviser les états dyspeptiques ?

Nous croyons qu'il n'y a pas lieu d'établir de nombreuses divisions, car à la base de toute dyspepsie, soit essentielle, primitive ou secondaire, simple ou compliquée de troubles sécréloires ou moteurs, soit à la base des dyspepsies connues sous le nom de dyspepsies symplomatiques, au cours du cancer, de l'ulcère, ete, il y a le mème élément fondamental, la dyspepsie nerveuse.

CLASSIFICATION DES DYSPEPSIES. Ge

Le lecteur connait maintenant tous les symplômes dyspeptiques étudiés isolément : il a appris à discerner les caractères variables des douleurs, douleurs dont les aspects changent, selon qu'il ya dyspepsie nerveuse simple, par exemple, ou un trouble fonctionnel du pylore qui engendre le syndrome pylorique tardif, aussi bien que le ferait une lésion anatomique du pylore el du duodénum.

11 connaît toutes les formes d'hypersécrétion gastrique, les vomissemenls, l'aérophagie, le mérycisme, la stase, la dilatation, ete.

Il a étudié les retentissements innombrables de cette dyspepsie ; il sait la raison d'être de ces retenlissements. Il peut donc concevoir

» que les aspects cliniques de la dyspepsie sont innombrables ; innom-

brables, parce que chez cerlains malades un symptôme domine le tableau morbide, tantôt la dyspnée, tantôt la migraine, tantôt l'aérophagie, etc. ; parce que les symptômes peuvent être très utténuës, le malade n'ayant que des somnolences après les repas, des sensations de pesanteur au creux épigastrique, quelques éructations, la douleur à la pression du creux épigastrique; parce que les signes gastriques proprement dits ont disparu entièrement, lorsque la dyspepsie est ancienne.

Il n'est pas sans intérêt d'insister sur ce dernier point, qui a une grande portée théorique et pratique.

Un malade a soullert plusieurs années de Lroubles dyspeptiques, uniquement gastriques. Plus tard, des complications ont paru, névralgies el vertiges, Quelques mois après l'apparition des névralgies et des vertiges, l'estomac devient silencieux; il n'y a plus de symptômes gastriques. Les névralgies et les vertiges existent seuls. En interrogeunt le malade, on constate son passé gastrique, et si l'on se met à traiter l'estomac, vertiges et névralgies s'améliorent et cessent. 11 est remarquable de constater que ces deux symptômes diminuant d'intensité, le malade se met à ressentir les troubles gastriques qu'il avait connus autrefois et dont il n'avait plus que le souvenir. La maludie revient sur ses pas, en franchissant les mêmes étapes qu'au départ.

Après un traitement suflisant, les troubles gastriques prennent fin à leur tour.

Méconnaitre cet ordre de faits, cetle évolution, ces transformations de ln dyspepsie, c'est s'exposer à ne pas traiter la maladie réelle et à faire une thérapeutique de symplômes qui ne guérit jamais le malade.

Nous venons de parler de dyspepsies latentes, bien faciles à méconnaitre, véritables dyspepsies frustes, qui ne se trahissent que par des

Page 1