‹ Traité des maladies de l'estomac (volume 2)Chapitre 161 sur 176 · NOTIONS D'ÉLECTRO-PHYSIOLOGIE · texte numérisé non relu

NOTIONS D'ÉLECTRO-PHYSIOLOGIE

certaine quantité de sue gastrique. Dans la pratique des applications électriques, on ne met naturellement pas le nerf à nu, l'excitation se pratique à travers la paroi ; il serait donc intéressant de connaitre la réaction de l'estomac, malheureusement les expériences décisives sont peu nombreuses.

Nous dirons seulement que Regnier a pu obtenir des modifications favorables au point de vue quantitatif et qualitatif.

Quant aux autres applications électriques, on ne connait pas non plus leur action sur la sécrétion.

IT. — Action sur la sensibilité.

L'action des courants sur la motricité et sur la sécrélion ont une grande importance sans doute, mais étant donnée celte conception qui chaque jour progresse davantage, que l'état de sensibilité de l'estomac, c'est-à-dire la manière dont le système nerveux viscéral du malade réagit aux troubles stomacaux, est bien plusimportante encore, ilest intéressant de savoir si les dillérents courants peuvent avoir une action analgésiante suflisante pour justifier leur emploi en thérapeutique.

On sait depuis longtemps que les algies supericielles sont manifeste ment calmées par la faradisation, les étincelles de statique, de haute fréquence, aussi nous n'insislerons pas sur ce point, et nous nous étendrons davantage sur les algies profondes.

Ces algies profondes, ainsi qu'il ressort des travaux de J.-Ch, Roux, semblent localisées au plexus solaire.

Alors qu'à l'état normal ce plexus n’aceuse aucune sensibililé, et est comme un centre silencieux de la vie intime (Poincaré), qui préside au fonctionnement de l'estomac el des viscères abdominaux; à l'état pathologique, il devient parfois douloureux, et ilesttrès probable, dans certains cas, que cette irritabilité qui lui est transmise par ses fibres centripètesou par voiecentrale (neurasthénie, ete.) provoque des troubles de la sécrétion de la motricité, de la sensibililé, ete. Cette hypo- 1hèse que nous énonçons — après d'autres du reste (J.-Ch. Roux, . Laignel-Lavastine) — se vérifie pour d’autres parties de l'organisme, c'est ce qui se passe, par exemple, loutes proportions gardées, lorsqu'une articulalion est douloureuse : les muscles qui l'environnent entrent immédiatement en état de contraction défensive, el au bout de peu de temps ne tardent pas à perdre de leur tonicité et à entrer en atrophie.

Cette irritabilité douloureuse du plexus solaire peut être améliorée

| SE HYSTÉRIE GASTRIQUE. 823 rapide ; 2° un pinceau métallique de Duchenne où un rateau de Tripier.

Si on utilise le pinceau, il faut relier une des bornes de la bobine à une plaque où à un transport qu'on place en un point quelconque du corps, le sternum par exemple. Si l'on utilise le rateau— qui produit une révulsion plus énergique que le balai— les deux bornes de la bobine doivent être reliées aux deux bornes de l'appareil. On enduit ensuite la partie sur laquelle on va intervenir d'une légère couche de vaseline, afin de permettre le glissement rapide de l'instrument sur les téguments.

Tout étant ainsi préparé, on actionne le trembleur, on enfonce d'une certaine quantité la bobine secondaire dans le primaire, et on promène rapidement sur la région l'instrument révulseur, pendant quatre ou cinq minutes environ.

Il est facile, en rapprochant ou en éloignant la bobine secondaire du primaire, de graduer l'intensité du courant, qui doit être telle que, pendant l'opération, le sujet doit ressentir une sensation assez vive. L'intervention doit laisser la peau dans un état de rubéfaction plus où moins marquée, selon la volonté de l'opérateur.

Nous avons pouruinsi dire loujours observé après une bonne séancé — il ne faut pas craindre de faire une révulsion très énergique — une atténuation considérable, et même la disparition complète des phénomènes douloureux.

En voici du reste l'explication. 11 est une loi de physiologie générale qui veut qu'une douleur d'une intensité donnée est toujours calmée, partiellement, ou d'une façon complète, quand on provoque ou quand apparaît une douleur plus violente.

Avec la faradisation énergique, c'est exactement ce que nous faisons. À la douleur perçue par le malade, nous substituons pendant un. temps plus ou moins court une douleur beaucoup plus vive.

Quand nous arrêtons le courant, nous faisons constater au patient que sa douleur première, spontanée et provoquée, est atténuée ou disparue. Nous le lui montrons en exerçant des pressions sur la région naguère douloureuse.

Dès qu'il s'en est rendu compte, dès qu'il voit la possibilité d'être ealmé, l'œuvre de la persuasion par la parole 4 fait un grand pas.

Dans la suite la douleur apparait de nouveau parfois, mais il est rare qu'elle atteigne l'acuité première, et au bout de quelques séances, sauf bien entendu chez les malades qui sont rebelles à toute rééducation, on obtient une guérison complète.

LS

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