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EFFETS DE L'HYPOCHLORHYDRIE SUR LES FONCTIONS GASTRO+ INTESTINALES

On attribue à la diminution de la sécrélion des conséquences de divers ordres.

Insuffisance de la chymifieation. — Tout d'abord l'insuffisance du suc gastrique a pour conséquence une chymification incomplète des aliments; par suite de la faible quantité du sue gastrique sécrété, les aliments sont mal imbibés, insuffisamment ramollis, la pâte chymeuse manque d'homogénéité et est mal préparée à subir l'action des sues intestinaux. Cela est vrai surtout quand l'hypochlorhydrie s'accompagne de catarrhe muqueux qui agglutine et isole les aliments. G. Sée attribuait une très grande importance à ce fait, et avait fait du catarrhe muqueux un type de dyspepsie spéciale. D'autre part, ln qualité inférieure du sue gastriquea pour conséquence une peplonisation insuffisante ; sa pauvreté en HCI est défavorable à l'action de la pepsine qui, même en quantité suffisante, est d'autant moins énergique qu'elle se trouve en milieu moins acide, Enfin les ferments eux-mêmes, dans les cas de gastrite très prononcée, diminuent ou même disparaissent, de sorte que Ja digestion gastrique devient à peu près nulle.

Influence sur la sécrétion paneréatique. — Un point important à noter et qui ressort des expériences de Pawlow est que l'acidité du suc gastrique est le facteur le plus important de l'activité pancréatique. Le grand physiologiste a en effet montré que, sous l'influence de l'excitation des muqueuses gastrique et duodénale par un acide, lesue pancréalique était sécrété avec une énergie beaucoup plus grande, Au contraire, en alealinisant le sue gastrique, il vit la sécrétion pancréatique se ralentir, puis s'arrêter, D'après ces faits, il est facile de comprendre que l'hypochlorhydrie peut avoir sur la digestion intestinale une importante répereussion.

Ainsi, la dépression de la sécrétion gastrique, en amenant l'insuffisance de lachymifieation et l'insuffisance dela digestion pancréatique, +

sions précises. On trouve des deshyperchlorhydriques et dans e part l'analyse chimique permet de des produits gazeux el acides qui, pour n sont en égale abondance, Quant à la toxines, nos connaissances sont à peu | Malgré l'absence de renseig clinique nous incline cependant à p favorise sinon la fermentation gastrique, du intestinales, car il est incontestable que les | naux dus à l’action de produits put gastro-intestinaux fébriles où non sont plus fi chlorhydriques. Peut-être le suc gastrique action empéchante sur les microbes, dont il atu le développement ultérieur dans l'intestin.

Influence sur la motricité. — Enfin une à moins connues et pourtant des plus remarq hydrie est sa répercussion sur l'énergie des pl semble bien établi que d'une part HCI et d'autre part les pe) la production est favorisée par une forte pro d excitants très énergiques de la musculature gas - de Ducceschi, Roux et Balthazard, Cannon ont m

le péristaltisme et la tonicité de toutes les parois stomacales étaient plus forts après l'administration d'acide chlorhydrique aux animaux, et que, d'autre part, l'évacuation pylorique se faisait avec moins de rapidité par suite de la contracture exagérée du sphincter pylorique. Gilbert, Hirsh, von Mebring ont aussi obtenu des résultatssemblables, par des expériences sur les chiens munis de fistules duodénales. D'autre part, Hayem a montré que chez les hypopeptiques etles apeptiques, le chyme quittait prématurément l'estomae, probablement par suite du relâchement du pylore n'opposant aucune résistance à leur passage dans l'intestin. Personnellement nous avons cru, d'après nos observations et nos analyses, pouvoir invoquer ce mème mécanisme (hypochlorh ydrie et insuffisance du pylore) pour expliquer certains cas de diarrhée qui serait due au passage trop rapide dans l'intestin d'un bol alimentaire grossièrement divisé et irritant pour lui.

Malgré l'inlérèt de ces notions, il ne faudrait pas cependant forcer les fails en admettant que les troubles de la motricité sont sous la dépendance des troubles sécrétoires, La théorie professée par Hayem et ses élèves, à savoir que c'est l'état de la sécrétion gastrique qui règle le jeu du pylore et l'évacuation de l'estomac ne nous parait pas admissible. Elle est seulement applicable à quelques cas particuliers, mais ne peut ètre généralisée. Il nous semble au contraire plus vraisemblable de considérer les troubles moteurs comme l'origine fréquente de troubles sécrétoires.

CONSÉQUENCES CLINIQUES DE L'HYPOCHLORHYDRIE SA VALEUR SÉMIOLOGIQUE DANS LES GASTROPATIIES

L'hypochlorhydrie s'observe dans des cas bien différents :

A. Elle est souvent absolument latente, ne s'accompagnant d'aucune manifestation locale, d'aucun trouble général.

B. On la rencontre dans beaucoup d'affections locales ou générales capables de se compliquer de troubles gastro-intestinaux.

C. Elle peut faire partie de syndromes dyspepliques simples ou compliqués, de phénomènes généraux à types nettement caractérisés et dans lesquels elle joue un rôle plus ou moins important.

D. Enfin elle est fonction d'une série d'altérations morbides de l'estomac.

Hypochlorhydrie latente. — Eu premierlieu nous devons insister avec tous les auteurs sur la fréquence de l'hypochlorhydrie latente qui ne détermine, quelle que soit son intensité, aucun symptôme

sacrifié au bout de cinq mois, De OURS V l'autopsie, on put constater que l'intestin démarcation appréciable avec l'sophage; il ex petite collerette étroite de tissu stomacal au cardia. Le poids de ce chien agastre élait, au 500 grarames plus élevé qu'avant l'opération. S lumment faite d'une façon satisfaisante, et lé resté très bon. La mème opération fut de laisser le moindre lambeau d'estomac, chez ue cl pendant six mois, digérant bien et se nr nutrition ; le seul symptôme qu'il présentât L d'appétit auquel on portait remède en gavant l'animal ; dë abandonné celte alimentation artificielle, le chat faim; on ne découvrit chez lui aucune lésion cap mort, qu'on dut atiribuer à l'inanition.

M. Frémont, én 1895, puis Froin ont ré ce à isoler complètement l'estomac du reste du A coupant l'æsophage au-dessus du cardia et au-d el en réunissant les deux bouts ensemble : les

digèrent facilement et se portent bien; dans leur estomac isolé on trouve un suc gastrique très actif, mais inutile pour la digestion, Tout récemment Coudere (de Caen) et Hepp (de Versailles] ont réussi à obtenir les mêmes résultats chez le porc.

Ainsi done il est amplement prouvé aujourd’hui que les animaux peuvent vivre et prospérer alors que la digestion stomacale est totalement supprimée, S

Chez l'homme, il existe un certain nombre de cas de résections plus ou moins étendues de l'estomac pratiquées dans le but d'extirper de volumineux cancers, Beaucoup de ces opérés sont morts de récidives locales où à distance, mais ils ont joui pendant de longs mois d'une bonne digestion et d'une santé générale florissante. Le cas le plus connu et le plus étudié est celui de Schlatter (1897). Sa malade, qui mourut quatorze mois après l'opération, fut autopsiée avec soin. On put voir que l'estomac avait été complètement enlevé et que ni l'æsophage, ni l'intestin ne présentaient aucune dilatation sacciforme faisant l'office d'estomac ; pourtant, toute une année cette femme avait vécu sans estomac, n'éprouvant ni douleurs, ni troubles digestifs appréciables et ayant très bon appétit. La nutrition se faisait d'une façon très satisfaisante (d'après les recherches faites chez elle par Hoffmann et Wroblewski) et le poids du corps, qui avait augmenté de 4 kilogrammes après l'opération, s'élait maintenu sans décroitre pendant un an.

On peut donc conclure de tous ces faits que la peptonisation des aliments n'est pas indispensable, On croit pouvoir supposer, avec assez de vraisemblance, que les sécrétions de l'intestin et des glandes annexes sont les véritables facteurs de la transformation des aliments en corps absorbables et assimilables et que le rôle du suc gastrique, plus modeste, consiste à préparer les aliments, à les délayer, à les hydrater, à les rendre plus aptes à subir l'action des sucs intestinaux. L'affaiblissement de ce travail préparatoire, quelque peu négligeable chez les individus en bonne santé, ne prendrait de l'importance qu'au cas où ln digestion intestinale deviendrait elle-même défectueuse.

Cette solidarité des fonctions intestinale et gastrique nous semble d'ailleurs fort ulile à prendre en considération, Nous avons déjà vu que le rôle antiseptique du sue gastrique n'avait guère d'importance que pour enrayer la pullulation mierobienne et les fermentations dans l'intestin, Nous allons voir en clinique qu'un certain nombre de types morbides associés à l'hypochlorhydrie se révèlent par des troubles gastro-inteslinaux où par des troubles intestinaux seuls.

d'autres il se trouve en quantité

gérée. Il nous semblerait fastidieux des travaux faits à ce sujet. La con et cette conclusion est qu'on ne p

gastrique.

La même incertitude dans les résultats re dans les maladies chroniques. Qu'il s'ag du foie, du cœur, du système système nerveux, elc., le chimisme g ù n sition variable, sans qu'on puisse élablir aucune ri les dissemblances observées. Gette réflexion s'ap cas où les fonctions digestives s'accomplissent | qu'à ceux dans lesquels on observe des troubles de: intestinale.

Méme les maladies cachectisantes, quelle q n'entrainent aucune modification constante du Nous avons fait personnellement de nombreuses | malades atteints de cancer avancé de différents l'estomae, ayant entrainé un profond élat de d s'accompagnant d'anorexie et de digestion défec blait que ces malades profondément déprimés, physiologique, devaient présenter une insu

sécrétion gastrique. Les résultats de nos recherches ont été tout autres el nous avons trouvé chez ces malades, nous pourrions presque dire chez ces mourants, des sucs gastriques de qualité différente selon les cas, tantôt hypochlorhydriques et tantôt très nettement hyperchlorhydriques.

11 ressort de tout ceci que les affections générales ou locales, aiguës ou chroniques, n’ont par elles-mêmes aucune influence déterminante créatrice sur l'hypochlorhydrie, Contrairement à ce qu'il semblait légitime d'admettre, celle-ci coexiste souvent avec elles, il est vrai, mais en paraît dans une certaine mesure indépendante. Elle est seulement l'expression locale d'un mauvais état des glandes de l'estomac, Sans doute, les maladies générales, par leurs localisations au niveau de la muqueuse stomacale (localisations déterminées par des troubles cireulatoires ou des lésions microbiennes), peuvent être la cause d'altérations de la sécrétion gastrique, mais leur influence est médiate, et la dépression de la sécrétion reste intimement liée à l'état de la muqueuse gastrique.

D'autre part, on peut se demander si l'existence de l'hypochlorhydrie peut aggraver les cas dans lesquels elle existe soit en provoquant des symptômes dyspeptiques, soit en entravant l'assimilation des aliments, Cette opinion n'est démontrée par aucun fait précis el, si elle est vraisemblable, elle peut fort bien n'être pas vraie.

Hypochlorhydrie d'origine fonctionnelle et dyspepsie. — Nous avons vu plus haut que l'hypochlorhydrie pouvait être due à des troubles sécrétoires purement fonctionnels, sans relation avec des altérations glandulaires et uniquement dus à la dépression de l'innervalion stomucale. Deux de ses caractères principaux sont utiles à mettre en lumière : 4° la variabilité du taux de la chlorhydrie ; 2° la faible intensité de-cette dépression qui ne se traduit jamais par des chiffres très bas. 11 est rare en effet de voir l'acidité totale tomber au-dessous de 4 p. 1000.

Quoï qu'il ensoit, les symptômes qui accompagnent cette hypochlor hydrie fonctionnelle n'ont rien de caractéristique, et on peut bardiment affirmer que celle-ci n'a aucun symptôme qui lui apppartienne en propre.

Quoiqu'on puisse trouver l'hypochlorhydrie au cours d'un grand nombre de types dyspeptiques, il en est cependant un, où on la rencontre beaucoup plus fréquemment. C'est le type dyspeptique connu sous le nom de dyspepsie nerveuse, ou sensitivo-motrice, ou hyposthénique, ou asthénique. Dans cette variété, la dyspepsie est caractérisée

En un mot, il n'y a pas, à

chlorhydrique. … et gastrites, L des glandes de l'estomac dues soit à un | primitive des cellules, soit aux progrès de interstitiel qui atrophie progressivement muqueuse, ces alléralions, dis-je, engendr

Lrite est d'être fixe, Set dire 18 RE q gifiantes. Une série d'analyses faites à in éloignés donne sensiblementle même taux d'ac d'Hayem admet que la congestion de la mu amener des hypochlorhydries d'intensité plus ou capables de s'atténuer ou de disparaître avec la d nuation des troubles cireulatoires.

Pour nous, qui ne voulons appeler gastrites que. luées et définitives de la muqueuse, nous considéro hydrie d'origine anatomique comme définitive et da quable. A la dépression de la sécrétion du suc g souvent, par contre, une hyperséerétion de mucus qui, cep pus constante.

ll existe un grand nombre de variétés de gastrites engendrant l'hypochlorhydrie. Nous en donnerons la description anatomique et symptomatique dans un autre chapitre. Nous devons nous demander seulement ici si le fait même de l'insuffisance de la sécrétion gastrique, considérée en elle-même, peut avoir des conséquences funestes et engendrer des symptômes graves.

Pour beaucoup de cas de moyenne intensité, on peut hardiment affirmer le contraire, Bien des gastrites avec hypochlorhydrie restent absolument latentes; d'autres se révèlent par des troubles légers hors de proportion avec l'intensité des lésions. Hayem lui-mème a signalé que l'on rencontrait souvent l'apepsie chez des sujets dans un état de santé relativement satisfaisant, Enfin quand il coexiste des symptômes graves (douleurs, vomissements, etc.), ce n'est pas à l'hypochlorhydrie mais à des troubles vaso-moteurs ou à des lésions de gastrite aiguës ou subaiguës (congestions, érosions ou ulcérations) qu'il faut les imputer. Aux autopsies, il n'est pas rare de constater des altérations très accentuées de la muqueuse de l'estomac qui pendant la vie avaient déterminé une hypochlorhydrie marquée et même de l'anachlorhydrie, et qui cependant ne s'étaient révélées par aucun symplôme d'origine dyspeptique.

Ainsi done l'hypochlorhydrie accentuée due à la gastrite ne semble pas traduire son influence par des manifestations d'ordre local ou d'ordre général.

I nous faut cependant signaler l'opinion divergente de quelques auteurs, au moins en ce qui concerne l'anachlorhydrie accentuée. Martius et Lubarsh (en Allemagne), Einhorn en Amérique ont décrit sous le nom d'AcAylia gastrica un ensemble morbide ayant pour base l'anachlorhydrie, Les symptômes décrits par les auteurs n'ont rien de bien caractéristique ; au point de vue local, on nole la disparition de l'appétit ct, après le repas, des pesanteurs et du ballonnement de l'estomac. Les vomissements sont rares. La diarrhée est un symptôme assez constant ; elle affecte des allures chroniques. Les malades ont pendant des semaines el des mois des selles abondantes, se renouvelant plusieurs fois par jour, se montrant surtout après le repas et s'accompagnant de coliques, La lientérie est fréquente.

Les phénomènes généraux s'accusent par de l’amaigrissement, de la dépression générale des phénomènes nerveux plus où moins accentués, enfin de l'anémie. Dans un certain nombre de cas, celle-ci à été assez accentuée pour mériter le nom d'anémie pernicieuse, de sorte que quelques auteurs rangent parmi les causes possibles, mais

de l'estomae, et qui pour les uns | vraient la maladie. Ces lésions de ; l'anachlorhydrie. Dansles cas rares, nels, où elles manquent, le suc g hydrique en proportion plus ou moins ë Quelques auteurs avaient pensé que la d pouvait étre due à l'influence même de la suc cancéreux déversé directement dans pur l'effet de ses toxines résorbées dans le af toxémie et la eachexie qu'elles engendrent, © théorie, on peut invoquer le fait bien dans lès cancers extra-gastriques même avane très défectueux, le suc gastrique se montre de x normal, où hyperchlorhydrique ou hypoch À Il résulte de ce que nous venons de dire que cours du cancer de l'estomac n'est qu'un cas put hydrie des gastrites, Aucun caractère ne lui il est tout à fait irrationnel de la prendre pour base ur tic de cette terrible affection. Nous la considérons. unsigne important du cancer de l'estomac lorsque d! locaux où généraux peavent en faire craindre la

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