‹ Traité des maladies de l'estomac (volume 2)Chapitre 92 sur 176 · LU · texte numérisé non relu

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où même de l'anurie avec toules leurs conséquences, 4° La muqueuse de l'estomac soustrait au sang, pour la fabrication du suc gastrique, une grande quantité de chlorures. A l'état normal, ceux-ci sont réabsorbés au niveau de l'intestin, mais en cas de rétention, ils séjournent dans l'estomae. Si on les extrait avec la sonde, il en filtré de nouveau au niveau de la muqueuse gastrique. Il se produit aïnsi un appauvrissement marqué de l'organisme en chlorures, et l'on connait les inconvénients quien résultent au point de vue de la nutrition générale.

On peut conclure de tout ce que nous venons de dire que les lavages répétés de l'estomac ont, au point de vue de la nutrilion générale, des inconvénients importants. Ils augmentent l'étut d'inanition des malades et entraînent des désordres généraux qui se manifestent par un afaiblissement marqué et par une augmentation de l'amaigrissement. Enfin, il n'est pas douteux que les lavages répètés de l'estomac ont été souvent l'occasion de troubles généraux graves, tels que la tétanie et le coma dyspeptique.

Ainsi donc il faut user du lavage de l'estomac avec grande circonspeclion, el il ne faut pas que ses inconvénients dépassent ses avantages, Certaines recommandations sont encore utiles à faire.

Tout d'abord il faut laver l'estomac loin des repas, à jeun, afin de permettre à l'évacuation et à l'absorption des substances nutrilives de se faire aussi complètement que possible.

Pour la même raison, nous ne conseillons pas de faire des lavages quotidiens, mais au contraire de les espacer le plus possible. Pour en fixer le nombre, nous avons l'habitude de nous baser sur la fréquence des vomissements, sur l'intensité des douleurs; nous ne conseillons de les employer que pour prévenir ceux-ci. A

En tout cas, quand on pratique le lavage de l'estomac, il n'est pas utile de vider complètement le viscère, ce qui provoque une grande fatigue sans grand avantage. On doit se contenter d’une évacuation incomplète. Si on est obligé de renouveler souvent le cathètérisme, il est même préférable d'extraire les liquides gastriques, sans procéder à des lavages consécutifs.

Pour parer à la soustraction de l'eau et des chlorures, nous avons l'habitude de faire une injection de sérum artificiel de 250 centimètres cubes, et de donner un lavement médicamenteux biquotidien de 200 grammes de ce même sérum. On rend ainsi, en partie au moins, à l'organisme l'eau et les chlorurés que le lavage lui a soustraits, *

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des poluges ou des purées, ou au régime laclo-ovo-végétarien, ou au simple régime d'exelusion, Il faut se rappeler d'ailleurs que les sténoses incomplètes du pylore évoluent par crises séparées par des rémissions plus ou moins complètes et que le traitement de la période dyspeptique doit étre plus sévère que celui des périodes intercalaires. D'autre part, mème quand les rémissions sont assez accentuées pour faire admettre une guérison, il faut se souvenir que les écarts de régime sont capables de ramener facilement des crises; de sorte qu'il est nécessaire que le médecin soit loujours intransigeant sur la question d'alimentation.

Médicaments. — Le traitement médicamenteux a pour but de calmer les causes d'irritation locale de l'estomac, et de faciliter aux aliments le passage du pylore.

Parmi les médicaments qui ont fait leur preuve, nous devons insister sur la médication alcaline et tout spécialement sur le bicarbonate de soude.

Alcalins. — 1 y a quelques années le bicarbonate de soude était employé couramment. On en usait largement et mème on en abusuil. Actuellement ce médicament est tombé dans un injuste diserédit, car on prétend que chez les hyperchlorhydriques il excite la sécrélion et que chez les hypochlorhydriques il la déprime.

Pour notre part, nous n'avons cessé d'employer avec les plus grands succès cliniques les alcalins et le bicarbonate de soude en particulier. Aucun médicament ne donne ua pareil soulagement lorsqu'il est diqué, et nous n'avons jamais vu nos malades en éprouver des inconvénients. Aussi avons-nous entrepris de réhabiliter ces substances et nous sommes-nous livré pendant plusieurs années à des recherches cliniques et chimiques minutieuses sur leur action. Nos recherches ont élé confirmées el coordonnées dans notre service par notre élève Binet, qui en a fait l'objet d'une thèse fort brillante. Nous ne pouvons ici entrer duns des controverses à propos des opinions émises sur l’action des alcalins par les divers auteurs, Linossier et Lemoine, Mathieu et Laboulais, Hayem, Gilbert et Modiano, Reichmann, Pawlow, etc. Nous ne croyons pas utile non plus de donner le détail de nos expériences el nous nous eontenterons de lranscrire ici nos conclusions et celles de Binel en ce qui concerne spécialement le traitement des sténoses du pylore.

Les alealins et particulièrement le bicarbonate de soude agissent d'une façon très heureuse dans lous les cas où l'on observe le syndrome les phénomènes de contraeture du pylore, quelle

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Depuis Trousseau, on parle souvent de la fameuse eacherie atealine : c'est un mythe. Nous avons observé plusieurs malades prenant des doses formidables de bicarbonate de soude (l'un d'entre eux en a pris 100 grammes par jour pendant six ans) qui avaient un aspect florissant et dont l'état général n'avait nullement souffert de cette débauche d'alcalins, D'autres auteurs repoussentles alcalins parce que, disent-ils, ils allèrent les fonelions glandulaires de l'estomac. Nous avons étudié avec Binet environ trente malades à ce point de vue: leur chimisme était soigneusement déterminé avant lout traitement, puis on administrait pendant plusieurs mois les alealins à la dose de 8 à 10 grammes par jour. On les laissait reposer huit jours, puis on faisait une nouvelle analyse de leur suc gastrique. Or celui-ci n'était en rien modifié, ou l'était dans des limites si restreinles, soit dans le sens de la dépression, soit dans le sens de l'excitation, que l'on pouvait considérer ces variations comme négligeables.

Notre conclusion sera que, dans les sténoses du pylore, le traitement alcalin a des avantages considérables et des inconvénients nuls.

Pansement au sous-nitrate de bismuth. — Fleiner, élève de Kussmaul, a préconisé l'administration de hautes doses de bismuth {15 à 20 grammes par jour) dans le traitement de l'ulcère du pylore. Ce traitement a été adopté en France par l'école d'Hayem et par Mathieu. Nous sommes loin d'en contester les bons effets qui sont indéniables. Mais nous le conservons pour des cas d'ulcère grave, Nous ne pensons pas qu'il puisse remplacer le traitement alcalin, dont on peut le considérer seulement, à notre avis, comme un adjuvant.

Huile d'olive. — Depuis longtemps, en Allemagne, les médecins traitent certaines affections gastriques par de hautes doses d'huile d'olive. Tout récemment, Strauss et P. Cohnheiïm ont insisté sur Les effets spécialement favorables de l'huile dans les sténoses du pylore. ls croient que d'une part elle agit en facilitant l'évacuation de l'estomae, et que d'autre part elle s'oppose à l'hyperchlorhydrie en inhibant la sécrétion gastrique, comme l'ont montré Pawlow chez le chien et Riegel chez l'homme, Mathieu a proclamé aussi l'elficacité de l'huile. Pour notre part, nous ne saurions recommander bien chaudement ce traitement, Si pendant quelque temps les cllets en sont assez heureux, au bout d'un certain temps l'intolérance survient et l’on constate en somme un retour de l'irrilation gastrique, Ces résultats sont d'ailleurs en accord avec l'observation clinique qui nous enseigne que les graisses provoquent facilement des troubles dyspepliques. D'ailleurs Leven père a montré expérimentalement

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