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EXAMEN DE LA BASE DU THORAX

La base du thorax est intéressante à étudier et à mesurer, surtout chez la femme. En effet, l’ouverture inférieure de la cage thoracique est comblée par les organes situés à la partie supérieure de la cavité abdominale (le foie, l’estomac, la rate). On comprend [donc l’importance qu’ont sur la position, la forme, le fonctionnement des viscères, la longueur de la circonférence du thorax à sa partie inférieure. On sait que celle-ci, désignée vulgairement sous le nom de tour de taille^ est très variable selon les individus : toujours elle est plus étroite chez les femmes que. chez les hommes ; et, chez certaines d’entre elles, elle acquiert une minceur extraordinaire qu’elles s’appliquent encore, par une coquetterie mal comprise, à réduire le plus possible à l’aide de corsets étroitement serrés.

Cette étroitesse du tour de taille dépend surtout de l’ouverture de l’angle formé au sommet par l’appendice xiphoïde et latéralement par la lig-ne costale. La meilleure manière de la mesurer consiste à prendre les dimensions d’une ligne horizontale réunissant les extrémités des côtes flottantes (les deux onzièmes côtes) et la ligne verticale tirée de l’appendice xiphoïde sur cette ligne horizontale.

Il est évident que chez les individus dont le tour de taille est étroit, les organes sont mal à l’aise, tassés les uns contre les autres et gênés dans leur expansion. Tl en résulte des altérations de forme, des changements de position des viscères, et en particulier du foie et de l’estomac qui émigrent plus ou moins bas dans l’abdomen. Nous étudierons plus loin ces ptoses viscérales, dont les conséquences sont d’engendrer des troubles fonctionnels d’intensité différente selon les cas. En ce qui concerne l’estomac, on peut admettre que l’étroitesse de la taille favorise la chute en masse de l’estomac, mais surtout la dislocation verticale du viscère et aussi sa biloculation. Répétons que c’est surtout chez la femme, bien plus rarement chez l’homme, que s’observent l’étroitesse de là taille et ses conséquences.

Nous ne pouvons, à propos de la taille, nous dispenser d’aborder la question du corset. La plupart des médecins se déclarent l’ennemi acharné dé ;cet instrument, d’autres lui sont plus indul-

g’.ents, et quelques-uns le défendent dans une certaine mesure.

Nous croyons personnellement qu’on en a un peu exag-éré les inconvénients et que, moyennant quelques réformes, il est moins nuisible à la santé qu’on ne le professe en général. Ce qu’on reproche le plus au corset, c’est de presser sur les côtes, de diminuer l’angle costal et par conséquent de comprimer les organes sous-jacents, notamment le foie et l’estomac.

Or J.-L. Faure dans sa thèse et Glénard à sâ suite font remarquer que la constriction du corset porte en général bien plus bas que les côtes, immédiatement au-dessus du rebord iliaque, et par conséquent exerce son action principale au-dessous du foie et de l’estomac qu’il contribue plutôt à maintenir dans leur position normale. Les inconvénients de la compression du corset ne sont donc guère à redouter que chez les femmes dont les organes sont déjà ptosés et ont débordé plus ou moins largement le. plan passant par la ligne horizontale réunissant les deux, onzièmes côtes.

Pour nous, l’inconvénient principal du corset réside dans la convexité du buse, c’est-à-dire de sa charpente antérieure, dont l’arc à convexité postérieure vient presser sur la partie épigastrique de l’estomac ; il gêne notablement dans son fonctionnement, en même temps qu’il comprime indirectement le plexus cœliaque dont la sensibilité joue un rôle si important dans les dyspepsies.

D’ailleurs, de nos jours, la plupart des fabricants ont compris cet inconvénient et emploient des buses droits, bien moins gênants et bien mieux supportés.

Un médecin autrichien, Stiller, a noté chez certaines malades la mobilité de la dixième côte. A l’état normal, celle-ci est fixée solidement à la base du thorax par des ligaments étroits et serrés. Chez certains sujets ces ligaments se relâcheraient et permettraient à la dixième côte un certain ballottement. D’après Stiller, cette mobilité ne se rencontrerait guère que chez les névropathes et serait un stigmate de dyspepsie nerveuse. Il est plus exact de dire que la mobilité de la dixième côte accompagne souvent l’entéroptose et la déséquilibration du ventre.

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