ROLE DE L’HYDROTHÉRAPIE DANS LES GASTROPATHIES
On a recours fréquemment à l’hydrothérapie dans le traitement des gastropathies chroniques, soit que l’on veuille agir sur l’état général, soit que l’on désire obtenir des modifications locales.
L’emploi de l’hydrothérapie dans le traitement des affections aiguës de V estomac est au contraire plus restreint.
Dans le traitement des gastropathies chroniques, il est rare que l’effort thérapeutique porte uniquement sur les troubles fonctionnels ou sur les diverses lésions organiques de l’estomac, et il importe presque toujours d’agir profondément snvVétat général des malades. On doit donc considérer que le traitement des gastropathies par la méthode hydrothérapique nécessite le plus souvent l’emploi de procédés g'énéraux et locaux, variables suivant l’état général et suivant l’affection locale. Les applications générales et les applications locales peuvent différer absolument les unes des autres chez un même malade.
En effet il est fréquent que l’état général réclame une médication tonique et l’état local une médication sédative ou inversement. Enfin, il est fréquent de n’avoir recours qu’aux applications générales ou aux applications locales : l’action générale ou encore l’action locale paraissant suffisante à Texclusion de l’autre.
On aura pour but de tonifier V organisme, en augmentant les oxydations, de stimuler ou de calmer l'influx nerveux, de régulariser la circulation sanguine, en abaissant ou en relevant la tension artérielle, de favoriser plus ou moins la diurèse, de stimuler les fonctions cutanées.
L’hydrothérapie interviendra alors, et, par la facilité et par Vinnocuité de ses applications répétées, elle permettra de prolong’er une médication efficace, tout en épargnant les voies digestivés, si souvent offensées par des médications chimiques trop prolongées.
Quel que soit le procédé hydrothérapique utilisé pour agir sur 1 état général, on distingue deux actions que l’on pourrait croire opposées l’une à l’autre : une action excitante et une action calmante, soit encore une action tonique et une action sédative. En réalité, 1 une et 1 autre sont toujours ou presque toujours associées, mais 1 une d entre SoüPAüLT. — Mal. de l’estomac.
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elles peut prédominer dans certains cas, tandis que Fautre peut être plus ou moins atténuée. Il s’ag-it donc en hydrothérapie d’effets complexes ou toni-sédatifs, souvent associés et souvent aussi recherchés les uns ou les autres exclusivement.
Il y a lieu d’insister sur les effets toniques et stimulants chez les g-astropathes affaiblis, anémiés, déprimés et atoniques.
Inversement on doit donner plus d’importance aux effets calmants ou sédatifs, lorsqu’il s’agit de gastropathes excités, hypersthéniques
spasmodiques.
Cette division, utile dans ses grandes lignes, n’est pas absolue En effet, pour ne citer qu’un exemple, on verra fréquemment des névropathes anémiés, chez lesquels il faudra avoir recours tout d’abord aux effets sédatifs pour pouvoir tonifier ensuite.
11 est impossible de formuler des règles absolues en hydrothérapie. Le praticien, connaissant la valeur de l’agent thérapeutique qu’il utilise, doit l’employer différemment suivant chaque cas spécial qui se présente. Il en est de même du reste lorsqu’il s’agit des différentes médications chimiques très connues, comme la quinine, le fer, l’opium, etc. Chaque malade se comporte d’une façon très spéciale lorsqu’il subit les diverses pratiques hydrothérapiques et il fait chaque fois sa réaction à sa façon, de même que chaque malade est influencé différemment par les diverses médications chimiques.
A côté de l’action thérapeutique sur l’état général, presque toujours de la plus haute importance, il convient de placer les différentes actions locales au niveau de la région épigastrique, ou au niveau des organes voisins.
Dans ce but on a recours à diverses pratiques d’hydrothérapie locale qui tantôt sont destinées à renforcer localement les éffets déjà obtenus par les applications générales, et qui tantôt au contraire déterminent des effets tout à fait différents de ces dernières. Ainsi il arrive très souvent qu’un gastropathe nerveux, soumis à la douche froide générale, réclame au contraire une douche épigastrique tiède.
Les principaux effets obtenus par les applications locales sont les suivants : excitants, révulsifs, dérivatifs, calmants, antiphlogistiques, congestifs.
Les effets excitants sont utilisés pour combattre les différentes formes d'atonie gastrique, avec ou sans dilatation.
Les effets calmants sont aptes à combattre V hyperexcitabilité de Vestomac et le spasme du pylore.
TECHNIQUE ET INDICATIONS
On recherche les effets antiphlog-istiques dans les gastrites, dans Yulcus et dans les hémorragies.
Les effets cong-estifs, assez rarement utilisés, peuvent trouver leur indication dans quelques cas Aq dermatoses chroniques, afin de ramener le sang à la surface cutanée insuffisamment irriguée.
Les effets révulsifs et dérivatifs peuvent être employés pour combattre la congestion et l'inflammation locales de l’estomac, dans quelques affections aiguës ou chroniques.
En terminant ce court paragraphe, nous devons insister sur ce qu’on ne saurait se contenter de vagues prescriptions lorsqu’il s’agit d’hydrothérapie.
L’examen du malade permet de s’orienter vers les procédés qui paraissent s’adapter le mieux à sa susceptibilité individuelle et à sa maladie. On formule alors, à côté du procédé choisi, des indications précises sur lo. température, sur la durée, et sur Ibl percussion. La façon dont le malade fait sa réaction après la première épreuve permet d’apporter les modifications nécessaires aux premières prescriptions.
Malgré ces difficultés réelles, on ne doit pas craindre d’avoir recours fréquemment à l’hydrothérapie qui viendra renforcer puissamment les médications principales et qui très souvent aussi jouera à son tour le rôle de médication principale.
Lorsqu’on aura la facilité d’adresser les malades à un médecin spécialiste, hydropathe, tout sera simplifié. Il suffira alors d’ajouter à côté du diagnostic certaines indications sur l’état du malade et de laisser toute liberté au médecin pour le choix et pour l’application des procédés.
TECHNIQUE ET INDICATIONS
Douches. — Par la variété infinie de ses effets, la douché peut être considérée comme résumant à elle seule toute la méthode hydrothérapique, parfois si compliquée. Elle suffit à peu près à tout, et c’est à l’étude de la douche que devrait uniquement s’attacher le praticien qui ne peut avoir le temps d’approfondir les divers procédés usités en hydrothérapie. C’est par elle que nous commençons et c’est à elle que nous consacrons principalement nos efforts.
Nous ne ferons que signaler certaines douches peu usitées et tombées en désuétude.
La douche froide en pluie verticale est la plus excitante de toutes les douches, elle est très rarement employée, car peu de malades peuvent la supporter.
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La douche froide en col de cygne est un peu moins excitante que la précédente. Elle est également rarement utilisée.
La douche froide en cercles est encore très excitante et peuutilisée Elle peut se donner en applications générales et en applications locales.
Toutes ces douches se trouvent reléguées dans l’arsenal de l’hydrothérapie et elles ne doivent pas nous préoccuper.
Il n’en est plus de même des douches mobiles ; ces dernières forment la clef de voûte de la méthode hydrothérapique.
Ces douches peuvent être données de différentes façons : avec le jet plein, avec le jet brisé et avec la pomme d'arrosoir. Par ces modifications, on ne cherche pas à agir sur les propriétés essentielles de chaque douche ; on a seulement pour but de faire varier l’intensité de la percussion hydrique. Cette dernière est facteur de la pression de l’eau, laquelle est invariable et dépend de la hauteur du réservoir qui alimente la douche. Avec le jet plein, on obtient la percussion maxima. En divisant le jet avec la pomme d’arrosoir, avec la palette ou avec le doigt on peut faire varier à l’infini la percussion, car elle sera d’autant moins intense que l’eau, étant plus divisée, rencontrera plus de résistance dans l’air atmosphérique.
Les douches mobiles peuvent être utilisées en appücations générales ou en applications locales, d’où leur division en douches générales ei douches locales.
Douches générales. — Les douches générales sont ; froides, de 8 à 34; tièdes, de 34 à 37® ; chaudes, de 37 à 45“.
Il est facile d’établir des subdivisions parfois nécessaires pour lès douches froides ou pour les douches chaudes. C’est ainsi que l’on distingue : la douche très froide, froide, modérément froide, et la douche modérément chaude, chaude, très chaude.
Douches froides. — D’une façon générale, les douches froides sont essentiellement excitantes et toniques. Ces effets sont d’autant plus accentués que l’eau est plus froide, que la percussion est plus forte et que la durée de la douche est plus courte. On peut diminuer l’importance des effets excitants, en divisant le jet et en prolongeant la durée. On peut même obtenir des effets sédatifs considérables. .
Au-dessous de dix secondes, la douche froide est très courte et très excitante ; de dix à vingt secondes, elle est courte et essentiellement tonique; de vingt à trente secondes, elle esimoyenne et à la fois tonique et sédative ; au delà de ti'ente secondes, elle est longue et devient essentiellement sédative. Les douches froides prolongées sont très
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mal supportées et elles ont l’inconvénient de congestionner les centres nerveux et d’être dangereuses. Leur indication est donc des plus restreintes et elles ne constituent pas le procédé de choix pour obtenir des effets sédatifs. Au contraire l’usage des douches froides courtes, essentiellement toniques, est excessivement répandu. Hâtons-nous d’ajouter qu’il n’y a rien d’absolu et que les effets varieront d’un malade à un autre de telle sorte qu’une douche modérément excitante pour celui-ci ne pourra jamais être supportée par celui-là.
Douches tièdbs. — Les douches tièdes, appelées à tort douches indifférentes, ont des effets essentiellement sédatifs. Ces effets sont d’autant plus accentués que la température de l’eau est plus voisine decelledu corps, que la percussion est plus faible et que la durée est plus prolongée.
Pour diminuer l’importance de l’action sédative, on peut augmenter lapercussion et obtenir, à côté des effets précédents, des effets toniques plus ou moins importants, mais non comparables à ceux des douches très froides et des douches très chaudes. La durée des douches tièdes est de une, deux, trois et cinq minutes.
Douches chaudes. — Les douches chaudes ont tantôt des effets essentiellement sédatifs et tantôt des effets essentiellement toniques, suivant le degré de température de l’eau, la force de percussion et la durée. Plus la température se rapproche de 37°, plus les effets sédatifs sont importants ; plus elle s’en écarte, plus ils s’atténuent, et ils finissent par céder la première place aux effets toniques. La douche très chaude, au-dessus de 40°, est essentiellement tonique. Les douches chaudes sédatives sont données avec faible percussion et leur durée peut être de une, deux, trois et cinq minutes.
On peut donner des douches chaudes progressives (de 36° à 39° ou 40°), prolongées. Ces douches toni-sédatives donnent de bons résultats chez les pyloriques.
Les douches chaudes toniques seront courtes ainsi que les douches froides, et la percussion sera plus considérable que pour les précédentes. Les douches chaudes prolongées sont mal supportées et elles ne peuvent être utilisées qu’exceptionnellement.
Nous avons déjà indiqué que l’action toni-sédative de l’hydrothérapie est toujours obtenue dans les diverses applications que nous venons d’étudier. Cependant le plus souvent l’un des facteurs de cette action complexe l’emporte sur l’autre. Or il se présente très souvent des cas dans lesquels il s’agit à la fois de calmer et de tonifier également; et il est toujours désirable de pouvoir donner dans la même
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séance à l’un et à l’autre effet autant d importance qu’on le désire. On a cherché une combinaison des douches chaudes et des douches froides répondant à ces desiderata et on a obtenu les douches écossaises dont nous avons maintenant à parier.
Douches écossaises. — On appelle douche écossaise un procédé consistant à faire suivre la douche chaude d’une douche froide.
L’application de la douche chaude peut avoir pour but de préparer le malade à l’action de la douche froide en le réchauffant. Elle peut avoir pour but d’obtenir des effets sédatifs plus ou moins importants auxquels on associe les effets toniques de la douche froide.
La douche chaude ou modérément chaude sera donnée suivant les indications habituelles, elle aura une durée de une, deux, trois minutes d’après l’importance que l’on désirera donner aux effets sédatifs. La douche froide tonique suivra immédiatement, et elle sera de cinq à vingt secondes suivant les cas.
La douche écossaise est souvent utilisée comme procédé d’ entrainement pour habituer les malades à la douche froide qu’ils supporteraient parfois difficilement d’emblée.
Toutes les douches mobiles générales sont appliquées le plus souvent de la façon suivante. Le malade, préparé par un exercice modéré ayant pour but d’élever la température de la surface cutanée, se déshabille rapidement et passe dans la salle de douche. Il se place à quelques mètres (3 mètres environ) de la tribune où se trouve le doucheur. Ce dernier enveloppe immédiatement son client d’un nuage d’eau sous faible pression pour atténuer la sensibilité cutanée. Il dirige ensuite le jet sur la partie postérieure du corps, généralement de bas en haut, puis sur la face antérieure et sur les côtés, toujours dans le même sens. Pendant ce temps-là le malade tourne sur luimême, présentant les différentes parties de son corps dans l’ordre indiqué. L’opération se termine par un jet très percutant sur les pieds. Le doucheur doit tenir compte des prescriptions formulées par le médecin, mais à titre d’indications fondamentales seulement. En effet il se réglera sur la réaction de chaque malade sous la douche pour interrompre ou prolonger chaque opération. Dès qu’il constatera une légère teinte rosée des téguments succédant à la pâleur primitive, due à la Amso-con striction, il arrêtera l’opération, car la réaction est commencée et elle va s’accentuer de plus en plus.
Après les différentes douches toniques : froides, écossaises, etc., le malade sera essuyé avec un linge un peu grossier et frictionné assez
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vig-oureusement dans le but d’aug-menter la réaction et de stimuler l’action tonique.
Inversement, après les douches tièdes ou après tout autre procédé ayant pour but d’obtenir des effets sédatifs prépondérants, le malade sera essuyé délicatement avec un linge fin ; on évitera la plus légère friction.
L’exercice, toujours modéré, est utile après les douches toniques, le repos est nécessaire après les douches sédatives.
Nous n’avons pas à décrire l’installation de la douche, mais nous devons signaler l’importance de l’appareil hydro-mélangeur, car les résultats dépendent en grande partie de cet appareil.
Un bon mélangeur doit réunir les conditions suivantes : permettre le passage brusque de l’eau très chaude à l’eau très froide, ou progressivement d’une température à une autre, être constant dans ses résultats.
La façon d’administrer une douche varie non seulement d’unmalade à l’autre, mais encore suivant les saisons, suivant l’état atmosphérique et enfin suivant les dispositions présentes du malade.
On recherchera pour les gastropathes les effets stimulants et toniques de la douche générale (en particulier de la douche froide courte) lorsqu’il s’agira soit de relever la tonicité musculaire dans les à' atonie générale congénitale ou acquise, soit de stimuler l’influx nerveux dans les cas éC asthénie générale, soit enfin d’augmenter la richesse du sang en globules rouges dans les cas àé anémie.
On utilisera les effets sédatifs de la douche générale (en particulier de la douche tiède prolongée) pour combattre la prédisposition et la facilité qu’ont certains malades à faire des spasmes museulaires divers (spasme de l’estomac, spasme de l’intestin, etc.). On aura recours à ces mêmes effets dans le but de Calmer \’ hyperexcitabilité du système nerveux que présentent un grand nombre de névropathes.
Les effets sédatifs de la douche générale trouveront encore leur emploi dans un grand nombre de dyspepsies secondaires, dues à des crises aiguës ou subaiguës, ou encore à un état d’irritation permanent, provoqué par des troubles divers (lithiase biliaire, lithiase rénale, néphroptose, hépatoptose, etc.)
Entre ces deux procédés extrêmes : la douche froide courte et la douche tiède prolongée, que nous prenons pour types, il y a place pour une variété infinie de douches, nous permettant de passer, par des degrés insensibles, des effets les plus toniques aux effets les plus sédatifs. Il y a là des ressources inépuisables permettant d’appliquer
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l'hydrothérapie dans une variété infinie de cas, suivant chaque malade.
Douches locales. — Les différentes douches g-énérales, dont nous venons de parler, représentent les procédés hydrothérapiques les plus fréquemment employés dans le traitement des gastropathies mais leur action est très souvent renforcée par l’application, de certaines douches locales et notamment de la douche épigastrique.
Douche épigastrique. — Le plus souvent la douche locale est de même nature que la douche générale, mais il n’en est pas toujours ainsi.
En effet, s’il est vrai que la plupart des gastropathes présentant de l’atonie musculaire générale ont également de l’atonie gastrique, néanmoins on rencontre parfois de l’atonie générale avec de l’hypersthénie gastrique, et inversement de l’hyperexcitahilité générale avec de l’atonie gastrique.
Dans ces cas spéciaux, on appliquera la douche générale excitante ou calmante suivant qu’il s’agira d’obtenir des effets stimulants ou calmants, et on administrera localement la douche locale qui conviendra à l’état particulier de l’estomac.
Les différentes douches épigastriques peuvent être froides, tièdes, chaudes, écossaises. Elles ont localement des effets toniques, sédatifs, antiphlogistiques, révulsifs, etc., absolument particuliers et que l’on ne peut obtenir avec les douches générales de même nature.
Pour toutes ces douches, or n’utilise que le jet brisé très divisé, avec percussion très faible. On peut employer avec avantage la pomme d’arrosoir qui permet d’administrer la douche sous forme de pluie fine, avec percussion excessivement faible ou presque insensible.
La douche épigastrique froide, courte, avec très faible percussion, a des effets stimulants qui peuvent être utilisés dans les cas 6^ atonie gastrique, de dilatation sans spasme pylorique, de gastroptose, à-'hypochlorhydrie. La douche épigastrique froide est très mal supportée et il sera toujours préférable d’avoir recours à la douche épigastrique soit chaude, soit écossaise.
La douche épigastrique tiède ou modérément chaude, prolongée, sans percussion sensible, convient dans les cas d'hypersthénie gastrique, de spasme pylorique, d'hyperchlorhydrie.
Douche intrastomacale. — Nous signalons la douche intrastomacale, dont nous sommes loin de recommander l’emploi. Cette douche se donne froide, tiède, chaude, écossaise, à l’aide d’un tube ordinaire ou du tube de Einhorn. Cette douche agirait directement sur la muqueuse gastrique, mais elle peut être dangereuse.
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Douche abdominale. — Outre la douche épigastrique, on peut avoir recours à différentes douches locales, notamment lorsqu’il s’agit, dans ]es nombreux cas de dyspepsies secondaires, de stimuler certains organes de l’abdomen. Citons : la douche abdominale^ la douche hépatique, la douche splénique, la douche lombaire, la douche périnéale, douche ascendante, le lavage intestinal, \o. douche vaginale, la douche utérine, etc.
Piscine. — Avec \b. piscine, on obtient des effets toni-sédatifs absolument analogues à ceux de la douche, mais beaucoup plus atténués, puisque l’élément percussion fait défaut. '
Il y a des piscines à eau dormante et des piscines à eau courante. On utilise soit \eau ordinaire, soit une eau minéralisée.
Il y a des piscines froides, tièdes et chaudes.
Avec la piscine froide (de 9 à 34°), on obtient surtout des effets toniques, d’autant plus accentués que l’immersion est plus courte et que l’eau est plus froide.
La durée de l’immersion sera toujours très courte, de deux secondes à une minute. Il conviendra de plonger résolument dans l’eau de la piscine.
Pendant toute la durée du bain, le malade devra agiter les bras et les Jambes, ou mieux encore nager.
La réaction se faisant plus difficilement qu’avec la douche, il conviendra de préparer avec plus de soin le malade. Dans ce but, on a recours aux bains de vapeur, aux étuves sèches ou humides, aux exercices déterminant la sudation. Pour nous, le procédé de choix doit être la douche chaude progressive de 36 à 40°, ou 45°, qui permet de préparer le malade sans danger et sans fatigue à l’immersion dans la piscine froide. Au sortir de la piscine, le sujet sera frictionné vigoureusement avec des linges chauds. Il devra ensuite faire un exercice modéré ou s’envelopper de couvertures chaudes.
La piscine froide convient dans les cas que nous avons indiqués pour la douche froide. Elle trouve son application utile lorsqu’il s’ag'it de malades trop sensibles à l'action de la douche froide.
La piscine froide peut être a eau dormante ou a eau courante. Le refroidissement est plus intense dans l’eau courante, et les effets toniques sont plus considérables aussi.
Les piscines tempérées (34 à 36°), ou modérément chaudes (36 à 38“) sont destinées à obtenir surtout des effets sédatifs et décongestifs. La durée de l’immersion est prolongée : vingt minutes, trente minutes, une heure, une heure et demie et plus. •
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Elles ont cette supériorité surles bains que les malades peuvent facile ment faire de l’exercice dans la piscine et nager : pour cette raison, ils sont plus toniques que les bains pris à la même température, bien qu’ayant également des effets sédatifs. Les piscines minérales et surtout les piscines à eau courante^ tièdes ou chaudes, donnent des effets encore plus toniques, bien qu’associés aux mêmes effets sédatifs que ceux que l’on obtient par l’usage des piscines d’eau ordinaire et d’eau dormante.
La piscine chaude, de même que la douche chaude, produit surtout des effets toniques ; la durée doit être courte.
Les indications de la piscine dans les gastropathies sont, d’une façon générale, les mêmes que celles de la douche.
Bains. — Avec le bain, les effets toniques (déjà moins manifestes avec la piscine) diminuent encore d’importance, tandis que les effets sédatifs sont plus considérables que ceux que l’on obtient avec le bain de piscine analogue. En effet, non seulement l’élément percussion fait défaut, mais encore le malade est condamné à une immobilité absolue, ou ne peut faire que quelques mouvements très limités.
On doit disting’uer le bain général, le demi-bain et le bain local.
Bains généraux. — Ces bains sont excessivement variés : bains de baignoire simples, bains de rivière, bains de mer, bains minéraux, bains médicamenteux.
Les bains froids (18“ à 34°) sont plus tonigues que les autres bains, ils le sont d’autant plus qu’ils sont plus courts et que l’eau est plus froide.
Les bains tempérés ou chauds (34 à 36°) sont surtout sédatifs ; ils le sont d’autant plus que leur durée est plus prolongée (vingt, trente à soixante minutes et parfois plus).
Les bains très chauds (au-dessus de 37°) sont moins sédatifs que les précédents, ils sont plus toniques. De plus, ils sont révulsifs.
Les bains sont à eau dormante ou à eau courante. Les bains à eau courante sont plus toniques que les bains à eau dormante.
\jBè bains de rivière et les bains de mer, que nous plaçons ici, sont de véritables bains de piscine naturels et doivent se rapprocher de la piscine par leurs effets. Cependant leur température ne descend pas aussi bas que celle de la piscine froide. Ces bains, surtout au-dessous de 18°, ont des effets toniques prépondérants. Ils doivent être courts, de quatre à six minutes. Pendant toute leur durée, le malade doit s’agiter ou nager. Pour les bains de mer, il faut en outre tenir compte de leur minéralisation et de la percussion due au mouvement des vag’ues-
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Immédiatement après ces bains, il convient de placer les différents hains minéraux naturels, qui ont encore des effets importants,
à côté de leurs effets sédatifs plus ou moins accentués et parfois prépondérants.
Il est facile de donner plus d’importance, soit aux uns, soit aux autres de ces effets, en faisant varier la température, la durée et la composition du bain. Bien plus, si l’on peut user de hains minéraux à eau courante, les effets toniques deviennent plus importants qu’avec les mêmes bains à eau dormante.
Les bains de baignoire simples conviennent surtout pour l’hydrothérapie à domicile. Si leurs effets toniques sont presque sans importance, il n’en est pas de même de leurs effets sédatifs qui sont parfois trop manifestes. Pour accentuer les effets de ces bains, on ajoute souvent à l’eau quelque substance permettant d’obtenir des bains médicamenteux. Les bains de son, de tilleul, de g-élatine sont excessivement sédatifs. Les bains de sel, les bains sulfureux, les bains iodés, etc., sont essentiellement toniques.
D’une façon générale, le bain a une action plus importante que la douche sur la diurèse. Le bain froid ou frais la facilite plus que le bain chaud.
Les indications des bains g’énéraux dans le traitement des gastropathies sont excessivement variées ; le praticien se guidera dans son choix d’après les effets qu’il conviendra d’obtenir dans les différents cas que nous avons exposés à propos de la douche. Cependant certains dyspeptiques, atteints de dermatoses, seront soumis de préférence à certains bains minéraux ou médicamenteux : bains sulfureux, bains alcalins, bains arsenicaux, etc.
Demi-bains. — Les demi-bains conviennent à certains malades, notamment lorsqu’il s’agit de décongestionner la partie supérieure du corps. Ils permettent d’appliquer l’hydrothérapie à des congestifs, à des cardiaques, à des pulmonaires, pour lesquels toute autre pratique serait contre-indiquée. Les demi-bains peuvent être donnés froids, tièdes ou chauds. Les demi-bains froids ont une action révulsive et stimulante. Leur durée est de une à cinq minutes, leur température de 9 à 34». Le malade doit s’agiter dans le bain. Ils ont pour but de combattre l’atonie des divers organes de l’abdomen et en particulier de l’estomac. Les demi-bains tièdes (34 à 36“) prolongés vingt à trente minutes sont sédatifs et conviennent aux gastropathes hypersécréi^eurs et spasmodiques.
Les demi-bains chauds (36 à 38“) sont décongestifs et dérivatifs, ils
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permettent de combattre la congestion, la douleur et l’inflammation de l’estomac.
Les demi-bains conviennent dans le traitement de quelques affec tiens chroniques ou aiguës de l’estomac pour lesquelles la douche serait contre-indiquée. Pour prendre un demi-bain, le malade est plongé dans l’eau jusqu’à la base du thorax, laissant émerger le haut du corps. Il importe qu’il fasse de l’exercice avant et après le bain pour faciliter la réaction.
Bains locaux. — Bain de siège. — Parmi les bains locaux, seul le bain de siège doit retenir notre attention. Ce bain peut être froid tiède ou chaud. Comme pour les autres bains, on peut employer Veau dormante ou Veau courante.
Afin de ne pas gêner la circulation, le malade doit étendre ses jambes lorsqu’il est assis dans l’appareil spécial destiné à l’administration des bains de siège.
L’action du bain de siège est analogue localement à celle des différents bains généraux de même nature, dont nous avons parlé. C’est ainsi que les bains de siège froids déterminent des effets excitants et révulsifs au niveau des régions immergées. Bien plus, ces effets ne restent pas limités aux seuls organes du petit bassin, mais se transmettent également aux autres organes de l’abdomen : foie, intestin, estomac, etc. Oh peut donc par les bains de siège froids (9 à 12") d’une durée de deux à cinq minutes agir sur l’atonie ou la congestion des divers organes de l’abdomen.
Les bains de siège tièdes (34 à 36"), prolongés pendant une demiheure, une heure et plus, sont sédatifs et antiphlogistiques. Ils agissent localement et sur les divers organes de l’abdomen. On les emploie pour combattre la congestion, le spasme et l’excitation de ces organes abdominaux et en particulier de l’estomac et de l’intestin.
Les bains de siège chauds (39 à 42") sont toniques et congestifs. Ils peuvent être utilisés pour attirer le sang vers les organes du petit bassin et déterminer le retour, souvent nécessaire, du flux cataménial Ou du flux hémorroïdal.
Les malades doivent faire un exercice modéré avant et après chaque application de bain de siège.
Tub. — Le seul avantage du tub est de pouvoir faire des appli" cations hydrothérapiques fréquentes à domicile.' L’est le procédé hydrothérapique dont les effets sont les plus atténués. Ces effets ne peuvent avoir de valeur que par leur répétition ; aussi l’usage du tub doit être journalier ou presque journalier.
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Avec le tub, on peut pratiquer soit des affusions, soit des lotions.
Pour l’affusion, le malade étant placé dans le tub, vaste cuvette en zinc, reçoit sur tout le corps l’eau froide, tiède ou chaude, que lui lance avec un broc un aide. C’est une réduction de la douche. Les effets sont de même nature que ceux des douches de même température.
La lotion se pratique avec une épong-e imbibée d’eau froide, tiède ou chaude que l’on exprime sur toute la surface du corps. On débute par la nuque, puis on mouille la poitrine et les membres. Pour les membres, on commence aux extrémités.
Les indications du tub sont les mêmes que celles de la douche générale, que nous avons déjà données.
Drap mouillé. — Les divers procédés qui nous restent à étudier sont un peu spéciaux et diffèrent de ceux dont nous nous sommes occupés jusqu’ici.
Le drap mouillé s’applique tordu ou non tordu.
Drap mouillé tordu. — Le drap mouillé tordu a des effets tifs. Pour appliquer ce procédé, le malade déshabillé se place sur un lit spécial recouvert de toiles imperméables. Un drap ordinaire est plongé dans de l’eau à la température de la chambre, puis tordu et exprimé avec soin. On glisse rapidement ce drap sous le malade et on ramène les extrémités au-devant de son corps, de façon à l’envelopper complètement, sauf la tête. On pratique avec le drap de légères frictions sur tout le corps. Le malade est enveloppé de couvertures de laine. La pénible sensation de froid du début ne tarde pas à être remplacée par une sensation de chaud et de calme. On laisse ensuite ce drap quelques minutes (deux à trois), puis on le retire pour essuyer le malade légèrement et le vêtir chaudement.
Le drap mouillé tordu peut convenir aux gastropathes nerveux excités, spasmodiques qui ne peuvent supporter les autres procédés.
Drap mouillé non tordu. — Pour le drap non tordu ou ruisselant, le procédé est le même, sauf que le drap n’est pas exprimé au sortir de l’eau et qu’on le glisse ruisselant sous le malade. On obtient par ce procédé des effets antithermiques et toni-sédatifs. On l’emploie dans certaines pyrexies pour abaisser la température centrale. On 1 utilise aussi pour remplacer Faction tonique de la douche ou de la piscine, lorsque ces dernières ne peuvent pas être administrées.
Maillots. — On utilise le maillot sec et le maillot humide.
Maillot sec. — he maillot sec est un procédé de sudation pour préparer les malades à l’action de la douche ou de la piscine froides. Il
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est assez difficilement supporté et ses indications sont des plus re? treintes .
On applique le maillot sec de la façon suivante ; le malade est étendu sur un lit et recouvert de couvertures de laiije qui l’enveloppent jusqu’au cou. La sudation ne tarde pas à apparaître, et le malade est soumis tout en sueur à la douche froide ou à la piscine froide.
Maillot humide. — Le maillot humide détermine la sudation accompag-née d’effets sédatifs importants.
Il diffère du précédent en ce que le malade est enveloppé d’un drap mouillé avant d’être recouvert des couvertures de laine.
Le demi-maillot humide détermine les mêmes effets, mais localisés aux régions sur lesquelles il est appliqué.
Ceinture humide. — La ceinture humide est souvent employée dans les affections de l’abdomen, et notamment dans les maladies d’estomac aiguës ou chroniques. Elle détermine des effets antiphlogistiques, sédatifs et révulsifs.
Pour l’appliquer, on prend une large bande de toile recouvrant les organes sur lesquels on veut agir et pouvant faire trois à quatre fois le tour du corps. Cette bande est trempée dans l’eau à la température de la chambre, puis exprimée avec soin. On l’applique exactement autour de l’abdomen, puis on place au-dessus une toile imperméable la débordant en haut et en bas ; on place sur cette toile imperméable une ceinture de flanelle de même largeur et on serre le tout avec un bandage de toile assez fort. La compression doit être assez considérable. Cette ceinture peut être gardée quelques heures, toute une nuit ou toute la journée.
Compresses humides. — Les compresses humides, appliquées de la même façon que la ceinture humide, ont des effets semblables. On les appelle alors compresses chauffantes. Ces compresses sont très souvent employées pour combattre le spasme du pylore et la congestion de l’estomac. Elles peuvent être gardées quelques heures ou toute la nuit. Ces compresses sont faites avec un linge de toile plié en quatre, de la grandeur de la région épigastrique. Elles sont, recouvertes d’un tafletas gommé et d’une couche d’ouate par-dessus lesquels on place un bandage de toile assez forte, faisant le tour du corps et exactement appliqué, un peu serré même.
On utilise encore les compresses humides, différentes des précédentes en ce qu’elles ne sont pas exprimées au sortir de l’eau. Ces compresses, appliquées avec un bandage de corps et renouvelées dès qu elles s échauffent, déterminent des effets antiphlogistiques et anti-
TECHNIQUE ET INDICATIONS. ^99
thermiques locaux, utilisables dans certaines affections inflammatoires de l’estomac.
Irrîg-ation continue. — L’irrig-ation continue peut se faire avec de l’eau froide ou avec de l’eau chaude.
L’irrigation froide continue est applicable dans quelques cas d’inflammation aiguë de l’estomac comme antiphlogistique et antithermique local. Un vase rempli d’eau froide est placé au-dessus du lit du malade, une compresse est placée sur la région épigastrique, les autres régions étant préservées. L’eau s’écoule goutte à goutte par un siphon ou par une simple mèche de gaze plongeant dans l’eau.
Appareils à cîrcnlation d’eau. — On peut employer dans quelques cas le thermophore^ appareil à circulation d’eau continue.
L’eau très chaude (au-dessus de 40“) stimule les fonctions de l’estomac et convient aux hypochlorhydriques.
L’eau tiède convient aux hyperchlorhydriques et aux pyloriques.
Sac à glace. — Le sac à glace est employé pour combattre les hémorragies, les vomissements, les gastrites aiguës.
La glace, placée dans une vessie caoutchoutée, est appliquée sur la région épigastrique et laissée à demeure.
Il faut placer entre les téguments et le sac à glace un morceau de flanelle pour éviter la mortification des tissus par le froid. Malgré cette précaution, une grande surveillance est nécessaire si l’on veut éviter les escarres. Le sac à glace de Chapmann appliqué dans la région dorsale influence les fonctions.de l’estomac en les stimulant lorsqu’il reste longtemps en place.
Douche sous-marine. — La douche sous-marine est un procédé spécial, obtenu par l’administration de la douche à travers l’eau du bain. Le malade plongé dans l’eau reçoit, par un conduit placé au fond de la baignoire, une douche dont la percussion est très atténuée par l’eau du bain. L’eau de la baignoire s’échappant au fur et à mesure, on réalise de plus le bain à eau courante. La douche sous-marine peut être froide, tempérée ou chaude.
La douche sous-marine froide a des effets surtout stimulants et toniques.
La douche sous-marine tempérée ou modérément chaude, très employée, a pour but de combattre la douleur ouïe spasme. Elle a des effets surtout sédatifs et antiphlogistiques. La percussion de l’eau étant très atténuée, on obtient des effets comparables à ceux d’un massage abdominal léger par effleurages, frictions et vibrations.