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II. — Forme douloureuse

Les malades qui présentent cette forme de dyspepsie sont le plus souvent des névropathes, qui accusent des manifestations douloureuses ou bien de nature purement psychique, ou encore traduisant l’état d’irritation du plexus solaire.

Certains de ces sujets arrivent à ne plus tolérer aucun aliment à cause des douleurs violentes qu’ils éprouvent; ils restreignent leur alimentation au minimum, , s’affaiblissent, et voient leurs accidents s’aggraver, et toujours augmenter du fait de l’inanition.

La première indication qui se pose est de ramener ces malades à une alimentation suffisante. Pour y parvenir, il faut supprimer, ou tout au moins atténuer, les phénomènes douloureux.

1° Lorsque ces manifestations sont purement psychiques. — C’est-à-dire lorsqu’elles se produisent en dehors des périodes de dig'estion aussi bien qu’à ce moment (où du reste les sensations de lourdeur et de pesanteur viennent se surajouter aux phénomènes douloureux), lorsqu’elles occupent toute la zone g’astrique, quand elles sont superficielles, nous avons coutume de faire prendre au malade un repas en notre présence, nous tenant prêt à intervenir dès que les douleurs se produisent.

Nous utilisons le courant faradique sous forme de révulsion au pinceau de Duchenne ou au balai de Tripier, qui atténue ou dissipe souvent, après les applications, les sensations pénibles éprouvées par le patient.

L’électrisation ainsi faite, en montrant au malade qu’il est facile de calmer sa douleur dès qu’elle se produit, permet de lui persuader qu’il peut s’alimenter sans crainte. Il est bon de garder le sujet auprès de soi quelques instants après le repas, et de répéter au besoin à plusieurs reprises la faradisation, s’il y a de nouveau menace de douleur. Les jours suivants, on convoque le patienta l’heure présumée de sa douleur, et on faradise de nouveau pendant cinq à dix minutes avec une intensité assez forte. Il nous est arrivé très souvent, en quelques jours, de faire complètement disparaître tous les troubles. Sous l’action d’une alimentation que nous faisons prendre aussi abondante que possible, l’état général du malade se relève, il augmente de poids et les caprices morbides du système nerveux ne tardent pas à disparaître.

Pour aider à cette restauration de l’état général et combattre la neurasthénie, il faut toujours compléter le traitement par des applications de bain statique.

2° Lorsque la douleur paraît traduire l’irritabilité du plexus solaire. — Elle se produit surtout après les repas, elle siège en un point localisé au creux épigastrique, grand comme une pièce de cinq francs environ ; elle est profonde, ce qui a fait dénommer le point douloureux : point épigastrique profond.

Ce point, comme l’a montré J. -Ch. Roux, traduit l’expression sensitive de l’irritabilité de ce centre, qui, insensible à l’état normal, le devient sous des causes d’ailleurs très diverses, à l’état pathologique.

Nous avons eu l’idée (1) de traiter cette algie solaire parle courant continu à haute intensité, comme nous avons coutume de le faire pour toutes les névralgies rebelles.

Nous avons utilisé de larges électrodes (300 centimètres carrés) de préférence en terre glaise d’Apostoli ; après les avoir appliquées, nous avons fait passer pendant une demi-heure et même davantage des intensités qui n’ont jamais été inférieures à 100 milliampères, que nous avons parfois portées à 200 et 250 milliampères, et que nos malades ont toujours parfaitement tolérées.

Après les séances, les malades souffrent en général beaucoup moins,

(1) officiel de la Société française d’électrothérapie, oct. 1901-

DYSPEPSIE NERVEUSE

et progressivement les phénomènes douloureux régressent.

Il est difficile de préciser le nombre des séances nécessaires pour arriver à un résultat positif : car il est variable dans chaque cas particulier.

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