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RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS

Il résulte de ce que nous venons de dire que l’insuffisance delà sécrétion chlorhydrique, quelle soit d’origine fonctionnelle ou

' INSUFFISANCE DE LA SÉCRÉTION. HYPOCHLORHYDRIE. 2î3

d’origine organique, n’a que la valeur restreinte d’un symptôme dont le retentissement sur les fonctions gastro-intestinales est, somme toute, assez limité. Contrairementà ce que professent certains auteurs, suivis par un grand nombre de niédecins, on ne saurait la considérer comme ayant sur l’évolution des troubles qui lui sont associés une influence directrice. Elle est l’expression du fonctionnement insuffisant des glandes gastriques, mais celui-ci ne semble avoir ni au point de vue local, ni au point de vue général, des résultats très importants. En d’autres termes, la discussion des expériences physiologiques et des faits cliniques montre qu’il est illusoire de parler de; dyspepsie hypoehlorhydrique.

TRAITEMENT DE l’iNSUFPISANCE DE LA SÉCRÉTION

En raison des conséquences diverses de l’hypochlorhydrie sûr les fonctions gastro-intestinales, il est cependant intéressant, tout au moins dans certains cas, de chercher à y porter remède.

Ag-ents physiques. — Excitants thermiques. — Le froid excite légèrement la sécrétion gastrique, tandis que la chaleur la ralentit plutôt. L’eau froide est donc plus favorable à la sécrétion que les infusions chaudes pourtant très recommandées à cause de leurs propriétés sédatives de la douleur.

D’après Micheli, le froid et le chaud sur l’épigastre augmenteraient notablement les sécrétions gastriques au moment des repas.

Excitants mécaniques. — Quoique les recherches des physiolor: gistes modernes aient abouti toutes à nier l’etîet des excitants mécaniques sur la sécrétion stomacale, quelques cliniciens (Gautrii) admettent que le massage de l’estomâc augmente la sécrétion chlorhydrique. En tout cas, il est d’un effet favorable contre la paressé stomacale, compagne habituelle de l’hypochlorhydrie.

Excitants électriques. — Les auteurs ne sont pas tous d’accord sur ce point, mais il semble que la majorité d’entre eux considèrent es courants galvanique et faradique employés par la voie.joercM?«née comme excitant la sécrétion du suc gastrique.

Médicaraents. — Ils doivent être répartis en deux clauses, selon qu’on les emploie pour provoquer la sécrétion gastrique, ou qu’ils ont pour but de suppléera l’insuffisance de cette sécrétion.

1° Médications excito-sécrétoires. — Amers. — On a proposé beaucoup de médications, mais elles sont peu efficaces. Nous citerons parmi les médicaments les plus employés, les amers, le quinquina, SocpAüLT. — Mal. de l’estomac. 18

la g’entiane, le colombe, la coca, le quassia amara, la cascarille, le condurango, la rhubarbe, la noix vomique et la strychnine. Mais c’est un peu théoriquement qu’on les considère comme excitants de la sécrétion, car Jaworski et Reichmann n’ont pas vu le taux d’acidité du suc gastrique se relever sous leur influence. Pav^dow^ a émis l’idée originale que les amers pouvaient agir sur la sécrétion en excitant les nerfs du goût : il serait alors préférable de les prendre sous forme de pastilles qu’on sucerait longuement. Dans cet ordre d’idée on pourrait aussi conseiller les bonbons à la menthe et à différents parfums pouvant exciter la salivation.

Récemment on a présenté la püocarpine comme un excitant très net de la sécrétion. Ce médicament pourrait être donné soit par ingestion buccale, soit par injection sous-cutanée.

Alcalins. — Blondlotet Cl. Bernard ont démontré qu’une petite dose d’alcalins excite la sécrétion acide de l’estomac. Les recherches de Linossier, Alb. Mathieu, Gilbert et tout récemment de notre élève Binet ont confirmé cette opinion.

Il faut, dans l’hypochlorhydrie, prescrire avant le repas une dose de 3 grammes au moins^ de bicarbonate de soude dans un peu d’eau légèrement tiédie. Cette médication est aussi favorable à la motricifé qu’à la. sécrétion.

Chlorure de sodium. — Parmi les médicaments capables de rendre service aux hypochlorhydriques, on a dernièrement insisté (Vincent) sur le ehlorure de sodium. D'après M. Hayem, prises à l’intérieur, les doses faibles seules agissent comme excitants de la sécrétion. Mais la meilleure façon de provoquer un relèvement du chimisme stomacal, c’est de procéder à des injections de sérum artifirial. Ce résultat ressort très nettement des expériences physiologiques de Pawlow et de Dastre et des études cliniques de Surmont (de Lille).

2“ Médications substitutives. — Dans les cas où la sécrétion est très déprimée, quelle qu’en soit la cause, on cherche à remplacer dans une certaine mesure le suc gastrique par des substances capables de le suppléer.

L hypochlorhydrie n’a pas seulement pour inconvénient l’insuffiT sance de la chloro-peptonisation, mais elle a sur les fonctions motrices de l’organe et sur les fonctions pancréatico-intestinales un retentissement fâcheux.

Les médications proposées dans ce sens dérivent de différentes conceptions. .

La fonction primordiale du chimisme gastrique étant la peptonisa-

tion, on a déjà depuis long-temps proposé de suppléer à lïnsüffisance du suc gastrique par l’administration de substances toutes digérées.

Peptones. — Les peptones ont joui et jouissent encore auprès de beaucoup de médecins d’une grande faveur. Physiologiquement on a prouvé qu’on pouvait maintenir un chien en état d’équilibre nutritif, en lui donnant comme unique aliment azoté de la peptone. Chez les malades, nous ne trouvons pas que les résultats soient aussi nets.- Les peptones nous ont paru avoir peu de valeur nutritive et provoquer facilement des troubles gastro-intestinaux: comme de plus elles sont amères et nauséeuses, elles provoquent facilement le dégoût.

Actuellement on tend à substituer à la peptone des produits moins avancés de la transformation de l’albumine en peptone, c’est-à-dire des albumoses (somatose). Elles seraient moins toxiques, plus assimilables.

On a proposé aussi de substituer aux peptones animales des peptones végétales (Bovet).

On a fabriqué avec la caséine du lait des produits du même genre.

Digestion artie-igielle dans l’estomac. - Les deux éléments indispensables au travail chimique de l’estomac sont l’acide chlorhydrique et la pepsine.

Pepsine. — On a commencé par considérer. Ja pepsine comme l’élément le plus important. Aussi, dès l’époque de Gorvisart, crut-on pouvoir parer à toutes les dyspepsies ou du moins à un grand nombre d’entre elles par l’usage de la pepsine. Mais il a fallu en rabattre et actuellement une désaffection peut-être excessive a remplacé l’enthousiasme de jadis. Cependant la pepsine peut rendre des services : seulement il faut la donner à doses fortes et à titre plus élevé qu’on ne le fait habituellement. C’est un point sur lequel nous reviendrons au chapitre consacré à la thérapeutique.

Papaïne. — Wurtz a proposé de substituer à la pepsine, lo. papaïne, douée in vitro d’un pouvoir très actif.

Acide chlorhydrique. — A côté des ferments peptonisants, nous devons parler de ïacide chlorhydrique dont l’absence est plus fréquente que la pepsine qui, elle, ne manque pas, sauf en cas d’atrophie gastrique très marquée.

Quelques auteurs avaient pensé que l’administration d’acide chlorhydrique pourrait réveiller la paresse des glandes digestives et mettre en train la sécrétion, mais il semble que ce soit le contraire qui se produise et que l’administration d’un acide diminue la sécrétion gastrique.

En administrant des acides et particulièrement HCl, on cherche à créer dans l’estomac un milieu acide artificiel capable de remplacer dans une certaine mesure le milieu acide naturel. Il est vrai que l’ingestion de doses suffisantes pour représenter le taux d’acidité normal de la sécrétion est impossible. Elle provoquerait immédiatement des brûlures et des phénomènes insupportables d’intolérance. Mais l’expérience montre que, quelle qu’en soit l’insuffisance, des doses moyennes d’un acide quelconque, et d’HCl en particulier, introduites successivement et après le repas, produisent un effet eupeptique très net, et surtout produisent sur les troubles intestinaux des effets extrêmement précieux et d’une netteté très grande.

Donc, en règle générale, la clinique montre qu’il y a bénéfice dans beaucoup de cas a prescrire les acides lorsqu’il y a insuffisance du suc gastrique.

Médication képhirique. Nous devons dire ici un mot de la médication képhirique qui, sous l’influence de l’école d’Hayem, a pris une grande importance. Nous croyons que les succès incontestables du képhir tiennent à sa teneur élevée en acide lactique, en même temps qu’à la présence de substances rendues plus assimilables par la fermentation. D’ailleurs un certain nombre de laits acides, non képhiriques, nous ont paru donner des résultats très sensiblement analogues.

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