‹ Traité des maladies de l'estomacChapitre 87 sur 175 · ATROPHIE TOTALE DE LA MUQUEUSE GASTRIQUE · texte numérisé non relu

ATROPHIE TOTALE DE LA MUQUEUSE GASTRIQUE

DÉFINITION

Il faut entendre par ce terme la disparition complète des glandes de l’estomac dans toute l’étendue de la muqueuse gastrique. Quoique cette lésion soit l’aboutissant de toutes les variétés de la gastrite interstitielle où la prolifération du tissu conjonctif tend à étouffer l’élément noble, cependant ce processus est le plus souvent localisé à quelques régions seulement de la muqueuse gastrique. L’atrophie généralisée est au contraire une rareté, et il n’en existe que peu d’observations authentiques. C’est Penwick qui, le premier, a cherché à isoler cette lésion au point de vue nosologique.

Après lui, nous citerons surtout les travaux de Quincke, de Martius et Lubarsh en Allemagne, de Einhorn en Amérique.

En France, cette affection n’a pas conquis droit de cité. Il faut reconnaître d’ailleurs, qu’à part le trouble du chimisme g-astrique qui aboutit à l’apepsie^ la maladie ne présente aucun symptôme caractéristique.

GASTRITES

anatomie pathologique Lésions macroscopiques.

L’atrophie généralisée de la muqueuse de l’estomac peut être le résultat de plusieurs lésions qui donnent à l’estomac des apparences diverses.

Limite plastique généralisée. — Elle s’accompagne d’atrophie complète de la muqueuse, qui est envahie par des trousseaux fibreux la détruisant de bas en haut.

2“ Atrophie sans modification macroscopique de la muqueuse. — La destruction des glandes est très, avancée, mais la muqueuse conserve son épaisseur par suite de la prolifération du tissu interstitiel qui a comblé les vides laissés par la disparition des glandes. A l’œil nu, les parois gastriques ont l’aspect à peu près normal; seul l’examen microscopique permet de reconnaître la lésion.

3“ Atrophie véritable de la muqueuse gastrique. — Elle présente l’aspect suivant : les parois et surtout la muqueuse sont souvent très amincies, surtout en certains points; dans certains cas, on lui attribue l’épaisseur d’une feuille de papier ou d’une séreuse. La surface est d’une teinte grisâtre ou jaunâtre. Elle n’est plus recouverte de mucus; elle est lisse, sèche, sans plis, sans rides, sans mamelons, sans sillons ; elle est souvent plus adhérente que normalement au plan sous-jacent.

Lésions microscopiques.

L’examen microscopique montre que la presque totalité de cette muqueuse est représentée par une mince couche de tissu fibreux parsemé de cellules conjonctives qui peuvent former çà et là des nappes ou des amas plus ou moins étendus. On y trouve assez souvent des granulations graisseuses. Presque jamais les glandes n’ont tout à fait disparu. On trouve çà et là, en quantités variables et toujours près de la surface de la muqueuse, de petits tubes glandulaires droits ou en tire-bouchons, très peu profonds, tapissés de cellules muqueuses. Dans la profondeur, on voit quelques cavités étroites, également tapissées de cellules cylindriques. On peut apercevoir aussi quelques éléments cellulaires rétractés, déformés, vestiges des anciennes glandes. Hayem signale aussi la présence de corps hyalins, abondants surtout dans les parties superficielles de la muqueuse.

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