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ATROPHIE TOTALE DE LA MUQUEUSE GASTRIQUE

PATHOGÉNIE

L’atrophie très avancée de la muqueuse gastrique se rencontre souvent dans le cancer de l’estomac, surtout dans le cancer du corps de l’estomac et dans l’infiltration totale de cet organe ; mais dans ce cas, elle n’a la valeur que d’une lésion secondaire.

Il en est de même dans l’atrophie due à la gastrite cicatricielle consécutive à l’ingestion de liquides caustiques.

L’atrophie peut se rencontrer au cours de maladies générales, la tuberculose surtout, les cardiopathies, les affections du foie, le mal de Bright, le diabète sucré, le cancer d’un autre viscère, la sénilité.

L’atrophie idiopathique primitive est plus rare ; elle peut être associée à des lésions analogues, d’ailleurs plus ou moins étendues, de l’intestin, mais elle peut être aussi unique et indépendante de toute autre altération. Sa raison pathogénique est inconnue. Toutefois, les intéressantes recherches de Jurgens, Sassaki, Blaschko qui ont constaté des lésions dégénératives des nerfs de l’estomac au niveau des plexus d’Auerbach et de Meissner, peuvent faire supposer que la lésion peut tenir à des troubles trophiques d’origine nerveuse. D’ailleurs on aurait aussi trouvé, coïncidant avec des lésions d’atrophie de la muqueuse, des foyers hémorragiques des centres nerveux, et en particulier de la moelle épinière dont les relations avec les lésions gastriques ne sont pas bien établies.

Le sexe et l’âge ne paraissent avoir aucune importance dans l’étiologie de la maladie.

Le seul symptôme caractéristique de l’atrophie de la muqueuse gastrique, c’est la suppression de la sécrétion chlorhydropeptique. Le suc gastrique sécrété après un repas d épreuve est très peu abondant; parfois assez peu abondant pour qu'il ne puisse en être extrait par la sonde. En tout cas il est neutre au tournesol et toutes les réactions indiquent que la chlorhydrie est nulle : la réaction de 1 acide lactique au perchlorure de fer est légère; elle est due à la présence d’acide lactique qui se trouve normalement dans le pain et qui n est pas masqué par les réactions de l’acide chlorhydrique.

Le mucus est parfois en grande quantité et agglutine le pain en petites boules. Dans les cas plus avancés, le mucus même a disparu.

GASTRITES

Les dig’estions artificielles indiquent que pepsine et ferment lab manquent absolument.

Il n’existe pas de liquide à jeun.

L’examen de l’estomac ne montre pas qu’il soit dilaté ou atone. Il est souvent, au contraire, petit et rétracté.

Les manifestations dyspeptiques n’ont rien de bien particulier. Elles sont peu accentuées et consistent plutôt en gêne, en pesanteur, en une sensation de distension de l’estomac. L’appétit est diminué ou aboli. Si la maladie évolue chez un nerveux, il se peut qu’il y ait des réactions douloureuses très marquées.

Le symptôme le plus fréquent est la diarrhée^ qui peut être très marquée et constituer de beaucoup le symptôme le plus sérieux.

L’état général est variable : quelquefois il est tout à fait bon. On observe parfois des phénomènes neurasthéniques ou des troubles dus à l’artériosclérose concomitante qui n’est pas rare. Ce sont là des troubles qui ne sont pas directement en rapport avec l’atrophie de la muqueuse.

Penwick a signalé que, dans un certain nombre de cas, le syndrome de l’anémie pernicieuse progressive coïncidait avec une atrophie de la muqueuse. On pouvait noter chez les malades une décoloration extrême de la peau et des muqueuses, la dépression des forces, les hémorragies fréquentes, les souffles vasculaires, les altérations caractéristiques du sang (abaissement énorme du chiffre des g'iobules rouges, augmentation de la valeur globulaire, diminution considérable de l’hémoglobine). L’affaiblissement et l’anémie progressent sans cesse sans déterminer de grand amaigrissement.

Il ne faudrait pas cependant considérer le syndrome de l’anémie pernicieuse comme un signe direct de l’atrophie de la muqueuse. En effet, il existe beaucoup d’atrophies de la muqueuse sans anémie pernicieuse ; d’autre part, bien souvent, le même syndrome clinique existe sans lésions de l’estomac.

En résumé, l’atrophie de la muqueuse gastrique n’a par elle-même aucune signification pathologique, comme d’ailleurs la plupart des gastrites chroniques. Nous avons vu de nombreux malades ayant un suc gastrique nul, souffrant de troubles dyspeptiques variés, dont la santé générale n’était pas trop altérée^, et qui même étaient capables de recouvrer une santé de tous points excellente, et nous croyons pouvoir dire, en résumé, que si l’atrophie de la muqueuse gastrique peut jouer un rôle dans l’apparition de quelques phénomènes gastrointestinaux, on ne saurait, à l’exemple de Fenvvûck et de Einhorn,

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