FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES
Motteroz, Adm.-Direct. des Imprimeries réunies, B, Puteaux
PRÉFACE
J’ai considéré la nature humaine sous un point de vue nouveau : j’ai fait de l’homme un ferment; et je l’ai montré se détruisant lui même en détruisant ce monde sur lequel il prolonge et fixe ses générations. Je disais de lui :
<t L’homme est un ferment, et le plus énergique des ferments! Il pullule et tout cède : végétaux, animaux, compositions minérales , microbes , macrobes , . . . l’homme enfin. Son activité nutritive, dévorante, altérante, dénature tout, détruit tout ! Et, pour que le vide ne se fasse pas autour de sa personne, il a été forcé d’organiser le droit naturel de chasse, de pêche et de guerre, d’inventer l’agriculture, l’élevage des animaux domesLiques et le commerce des denrées alimentaires; il a créé même des matériaux de fermentation, des aliments artificiels!
» Toutefois, ce ferment omnivore qui envahit de proche en proche, en se multipliant, toutes les parties
PRÉFACE
habitables de la terre, se détraque par sa propre action; et, si je considère l’ensemble de la pathologie humaine par rapport aux organes digestifs, premiers moteurs de l'action anthropozijmique, je constate que, si la maladie ne débute pas toujours dans ces organes, elle y aboutit nécessairement.
y> Voilà pourquoi Broussais a pu proclamer que celui qui ne sait pas diriger les fonctions de l'estomac ne saura jamais soigner un malade. »
Je n’ai rien à changer à cette manière de voir. Le temps, l’observation, l’expérience en ont confirmé la justesse. Je vais donc la développer encore dans ce Traité où, je veux, à propos de la curation des Maladies de l'estomac , faire de nouvelles applications de mes principes.
On sera peut-être étonné de ne pas me voir étaler en un tel sujet, des expédients mécaniques et de longues dissertations sur une physique et une chimie dont les assertions ne sont point aisées à vérifier. Je réponds, sans fausse honte, que je ne suis ni chimiste, ni physicien, ni mécanicien ; et qu’il n’est pas dans mon caractère d’afficher des connaissances que je ne saurais posséder.
Les sciences sont trop vastes, trop encombrées aujourd’hui, je lâche le mot, pour qu’un même esprit excelle àla fois dans plusieurs d’entre elles. Mais n’en
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a-t-il pas été constamment ainsi? L’histoire de la médecine ne nous montre-t-elle pas le néant médical de ces hommes, d’ailleurs illustres, qui ont voulu faire progresser à la fois toutes les parties du système des sciences naturelles? Et l’expérience ne dit-elle pas, que celui qui voudra connaître à fond la théorie et la pratique de l’art, n’aura pas assez de loisir pour se vouer avec fruit à l’étude de la Physique, de la Mécanique, ou de la Chimie?
Je déclare qu’on ne trouvera rien ici qui ne se rapporte à la Médecine. Je suppose donc connue la Pathologie humaine; et aussi la Physiologie et cette partie vulgaire des sciences physiques qui a des relations avec la Biologie.