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La médecine n’isole pas l’estomac. Elle le considère à sa place, dans le jeu de l’organisme auquel le rattachent des liens de différents ordres, dont le premier, et certes! le plus subtil, est tiré de cette origine commune de tous les organes que représente un ovule fécondé. Ce lien de premier ordre, formé par l’unité organique même, fait participer l’estomac aux affections permanentes, constitutives de Y idiosyncrasie.
Mais l’ovule fécondé se développe, les organes apparaissent chacun en son lieu et se joignent en systèmes qui, à leur tour, s’unissent entre eux : c’est la Machine Animale constituée, avec ses relations extérieures et ses correspondances corporelles, mécaniques, sy nerg iques et de sympathie.
Voilà pour l’estomac des attaches de second ordre,
du moins par rapport à l’évolution ; car, dans l’être vivant
achevé, la perfection consiste à maintenir au môme degré les communications établies, de quelque âge qu’elles soient, toutes étant également importantes, indispensables et de 'premier ordre , si l’on veut s’exprimer ainsi. Or, les causes morbifiques relâchent, brisent, emmêlent ces liens; et l’art consistera d’abord à déterminer exactement les effets d’un tel désordre, ensuite à rétablir, si c’est possible, les relations et correspondances naturelles en les ramenant à ce degré qui représente, pour chaque forme de tempérament, la perfection constitutionnelle.
Cette définition de l’art de guérir, que je pose ici comme un principe applicable aux affections des organes digestifs, guidera ceux qui, délaissant toute hypothèse, passionnés pour les faits, voudront se donner la peine d’en saisir l’esprit. Elle les guidera sûrement, lorsqu’il s’agira d’adapter les méthodes de traitement décrites dans mon ouvrage aux cas particuliers des maladies de l’estomac : soit que la cause des troubles digestifs ait affecté primitivement ce viscère, soit qu’elle ait porté d’abord son action nuisible sur toute autre partie de l’organisme.